Mon dernier billet, intitulé « La nuit dernière » avait été publié une première fois mais j’avais décidé de le supprimer, influencée par le mécontement et la méchanceté d’un être humain qui m’a profondément décu. Après avoir pris le temps d’y réfléchir longuement et de tempérer les émotions vives que cette histoire a fait naître en moi, j’ai choisis de publier à nouveau ce billet. Maintenant, je ressens le besoin de m’expliquer...Et bien que je sois terriblement décue, je refuse de faire l’étalage de ma colère et de ma frustration et de chercher la vengeance en citant, par exemple, quelques unes de ses phrases pour appuyer mes propos. Parce que, de pouvoir m’exprimer proprement fait aussi partie de ma quête et parce que fondamentalement, je ne suis pas une personne méchante. Je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais.
Dernièrement j’ai eu quelques échanges avec un homme que je trouvais fort intéressant. En plus de m’expliquer dans de beaux mots cette soumission qui m’attire tant, il avait la qualité d’être plutôt sympathique et d’être doté d’un succulent sens de l’humour. Cet homme est en relation de couple avec une femme dont il semble très épris, ce qui m’a découragé d’envisager quoi que ce soit avec lui et ce, dès le départ. Comme plusieurs d’entre vous en ont eu la preuve, j’ai toujours refusé de rencontrer les hommes engagés, même si les offres étaient parfois très tentantes. Je ne vais pas vous énumérer mes raisons, elles sont sans intérêt. Je suis comme ça, c’est tout. Je n’ai donc jamais eu l’intention de rencontrer cet homme et lui, ne m’a jamais fait la moindre avance ni démontré d’aucune façon qu’il souhaitait me voir un jour. Au contraire, nos échanges n’étaient pas de cet ordre et il a toujours été clair sur ce point.
Malgré tout ça, je ne pouvais m’empêcher de ressentir pour lui un immense désir que je considérais aussi naïf qu’inoffensif. Je lui ai souvent exprimé tout mon trouble et mon attirance, pour l’exorciser, le dédramatiser. Cela n’a jamais semblé être un problème pour lui et je ne crois pas que ça lui déplaisait. Après tout, qui ne se sentirait pas flatté de produire un tel effet ? Sa façon protocolaire de me parler, de s’adresser à moi, de maintenir la distance, était de l’inconnu pour moi et ne faisait qu’emplifier mes envies. C’est d’ailleurs nos quelques contacts qui m’ont permis de découvrir d’une manière un peu plus précise, ce qui me plaît tant des échanges de pouvoirs érotiques. Grâce à lui, j’ai appris beaucoup sur moi et ce, en peu de temps.
Plaire et séduire est ma plus grande addiction mais je ne cherche pas forcément à m’offrir à tout ceux que je tente de séduire, ce n’est pas toujours mon but. Alors oui j’ai désiré cet homme et ressenti l’envie irrationnelle de lui plaire et de me dévoiler à lui, sans pour autant que cela m’empêche d’avoir un grand respect pour son couple et pour sa compagne que j’aimais d’ailleurs lire tout autant que lui. Je le respectais et avais confiance à lui, sans même le connaître et sachant que je ne le verrais jamais. J’avais l’impression qu’il me respectait aussi et qu’il ne trahirait pas ma confiance. Il est clair que nous y trouvions tout les deux notre compte même si nos motivations étaient visiblement différentes. Je souhaitais apprendre de lui mais je glissais souvent dans ce besoin de séduire qui ne me quitte jamais, sûrement parce que je le savais inateignable. Lui, il ne souhaitait probablement que me transmettre quelques unes de ses connaissances. C’est ce que j’en ai perçu et les règles du jeu me plaisaient. Ça ne lui déplaisait certainement pas non plus puisqu’il ne l’aurait pas fait.
Quand j’ai publié « La nuit dernière » inspirée par un rêve que j’avais fait la nuit précédente, cet homme m’a laissé savoir que selon lui j’avais singulièrement manqué de jugement et qu’il ne voulait plus jamais m’adresser la parole. Ses mots méchants, à cent lieux de ceux que j’avais eu la chance de lire jusqu’à ce jour, m’ont complètement sidéré. Je me suis même demandé si ces mots m'étaient réellement destinés ou s'ils n'avaient pas plutôt l'utilité de sécuriser quelqu'un...Bref, je n’ai pas vraiment compris sa réaction mais me suis tout de même excusé, puisque je ne suis pas une femme mesquine comme il semblait vouloir absolument le croire. Je dirais même que la méchanceté me révolte et me désole. Je ne vous parle pas de la méchanceté des gens qui s’emportent dans l’émotion et dont les mots dépassent la pensée. Je ne l’accepte pas d’avantage mais elle me semble plus compréhensible. Ce dont je vous parle ici, c’est de cette méchanceté pure et dure...et gratuite.
Celle qu’on justifie souvent par un événement X mais qui n’est précédé d’aucun signe avant-coureur et qui semble n’avoir aucun autre but que celui de faire mal. Je vous parle de la méchanceté des gens qui vous donnent de leur temps, qui vous font l’éloge de la noblesse et du respect, qui encouragent votre patience, votre transparence, votre confiance, qui acceuillent vos confidences, en discutent avec vous, vous considèrent... et vous écrivent du jour au lendemain « qu’ils ne vous doivent rien, qu'ils ne vous ont jamais rien demandé et qu’ils ne veulent personne comme vous dans leur entourage ». Tout ça parce que vous avez rêvé d’eux et que vous avez eu le « manque de jugement » de l’écrire sur VOTRE espace d’écriture. Moi, cette méchanceté, je la trouve bien plus dégoûtante que n’importe quel jeu de séduction. Selon moi, peu importe le titre qu’une personne se donne, Dominant, esclave, Marquis, soumis, Vicomte, femelle, ROI, ça ne lui donne en aucun cas le droit d’agir avec mépris et méchanceté envers les êtres humains qui l’entourent.
Ce qui me décoit n’est pas tant que cet homme décide soudainement de mettre fin à nos rares échanges mais plutôt sa façon cavalière de le faire et de me considérer comme une femme ne méritant aucune considération. Il aurait pu simplement me demander de supprimer mon billet en m’exposant son mécontentement et son point de vue, ce qui aurait concorder d’avantage avec la tenneur respectueuse de nos échanges. Je ne me serais pas opposé et j’aurais tenté de comprendre.
Je ne verrai jamais aucun signe de faiblesse dans une personne qui exprime son désaccord, ses craintes, sa colère, son opinion sans user de basse méchanceté, et qui laisse les autres s’expliquer. Au contraire, je le vois plutôt comme le signe d’une grande force et d’une grande intelligence. D’autant plus quand cette personne fait preuve de ce genre d’ouverture avec les gens à qui « elle ne doit rien ». De toutes façons, les gens capables d’une telle ouverture ont trop d’égard envers les autres pour considérer d’une façon simpliste « qu’ils ne leur doivent rien ». Et ces gens sont ceux qui ont le plus de crédibilité à mes yeux. Ils me donnent envi de me surpasser, de devenir meilleure, plus humble et plus authentique et augmente ma confiance en l’être humain.
Cette charmante voix à mon orreille tout au long de mon rêve, celui que je raconte dans le fameux billet, semblait provenir de ce type d’être humain, alors je suis forcée d’admettre maintenant qu’il ne peut pas s’agir de sa voix, à LUI.
samedi 25 octobre 2008
"La nuit dernière"
Le 20 octobre dernier j'ai écrit ce billet, mélangeant le rêve avec la réalité et le fantasme, comme il est permis de le faire normalement dans l'écriture. Je l'ai publié ici, puis le lendemain, je l'ai supprimé. Après mûres réflexions je choisis maintenant de vous l'offrir sans aucun regret...
Il ne me suit pas, il me poursuit. Non pas de ses pas, mais de ses mots. Partout et tout le temps. C'est l'ustencil quand je me nourris, le savon quand je me lave, le regard quand je m'habille, la main quand je jouis et le dompteur quand je me fais lionne. Il y a sa voix dans mes silences, trop souvent. Homme ou fantasme ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les deux n'en finnissent plus de s'entremêler pour me tourmenter.
Depuis quelques semaines, la louve perd ses repères et ne chasse plus. La lune perd le nord, attendant le dénouement : Une proposition ? Un rejet ? Une déception ? Une illumination ? Un sourire ? Des larmes ? L'approbation ? L'extase ? Si j'avais le loisir de choisir, je choisirais. C'est précisément pour cette raison que je ne veux pas de ce pouvoir. Pour moi, décider de ne pas choisir équivaut à cesser de respirer. Lui, il m'impose ce "non-choix" et nos échanges me déstabilisent.
Je ne connais ni ses mains, ni sa voix, ni son odeur, ni son visage, et encore moins ses intentions. J'ignore même si je souhaite le rencontrer un jour, ou une nuit. Pourtant, j'ai éteint le moteur de mon bateau, hissé la grande voile et laissé ses mots devenir mon vent.
La nuit dernière, j'ai rêvé que je le rencontrais. Il commençait par m'écrire son invitation, ses directives, ses souhaits. Une fois de plus, je savourais chacun de ses mots pendant qu'une invasion de papillons sévissait dans mon ventre. Avec dans ma main tremblante l'adresse à laquelle il m'avait demandé de me rendre, je me retrouvais marchant dans les rues de montréal. Sur le chemin, j'arrêtais dans une chocolaterie, pour lui acheter une jolie boîte de délicieux chocolats. Parce que je sais que, comme moi, il adore le chocolat. C'est dailleurs une des rares choses que je connaisse de lui.
Devant sa porte, je fouillais sa boîte aux lettres pour y trouver le bandeau destiné à cacher mes yeux curieux. Je l'installais, puis sonnais, déchirée entre l'envie d'entrer et celle de m'enfuir en courant. On venait m'ouvrir et une voix douce et autoritaire que je savais être la sienne, me guidait. Sa main prennait la mienne, mes genoux tremblaient. Il m'ordonnait de me déshabiller et de m'allonger. Il cessait de me parler pendant quelques secondes mais je pouvais l'entendre respirer et je sentais son regard me brûler cruellement la peau. L'état de vulnérabilité dans lequel je me trouvais me donnait presqu'envi de pleurer. non pas de peine, mais de désarroi. Il faisait naître sur mon corps des frissons en approchant habilement son souffle chaud de mon orreille et en y chuchotant ses désirs.
"Monsieur souhaite que mademoiselle se donne en spectacle pour lui. Après s'être caressé tant de fois dans le secret en songeant à Monsieur, il est maintenant venu le temps de le faire devant lui, pour lui, et comme il l'entend, est-ce bien clair ?"
Alors timide et désamparée, je glissais un doigt entre les lèvres de mon sexe en frissonnant. J'exécutais ses ordres avec ma volonté irrationnelle et démesurée de lui plaire.
"Je veux vous voir entrer deux doigts en vous, profondément."
"Tournez votre index lentement autour de votre clitoris et dites-moi comment est-il ? Humide ? durci ? comment vous sentez-vous ?"
"Augmentez progressivement le rythme mais ne jouissez pas avant que Monsieur ne vous donne la permission..."
Quand l'intensité dépassait la limite que Monsieur estimait raisonnable, et qu'il me trouvait trop empressée, il me demandait de tout arrêter pour lui raconter les images qui avaient peuplé mon esprit, chaque fois que j'avais jouis seule en songeant à lui. Tourmentée, le coeur au bord de la crise cardiaque et le souffle court, je lui racontais tout, dans les détails les plus pervers. Pendant qu'il me traitait de petite vicieuse, je pouvais l'entendre sourire, je pouvais l'entendre bander. Je tentais de constater moi-même, du bout de mes doigts aveugles, de la rigidité de son membre mais il me le refusait.
"Monsieur vous déconseille d'agir ainsi..."
C'était suffisant pour que je me fasse docile. La tâche de mademoiselle consistait à se laisser guider par Monsieur pour lui offrir le spectacle de son plaisir solitaire. Je craignais de jouir, mais je craignais d'avantage de ne pas le faire. Je me préocupais de l'opinion qu'il avait de mon corps nu ainsi offert à son regard exigeant, mais me concentrais sur ses paroles aussi sécurisantes qu'envoûtantes.
La nuit dernière, j'ai rêvé que je m'abandonnais totalement, en me soumettant pour la première fois de ma vie.
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