J’ignore si c’est la vue de Brad Pitt sur grand écran, toute la violence sanguinaire de Quentin Tarentino, ou simplement l’adorable sourire du jeune homme assis à ma gauche, mais quand je suis sortie de la salle de cinéma, je me sentais un peu comme si j’avais été branchée un petit moment sur le deux-cent-vingt. J’avais un urgent besoin de me rebrancher sur quelqu’un en chair et en os, un homme de préférence, pour déverser un peu de ce trop plein d’électricité.
Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas retrouvé dans cet état et je me suis sentie tiraillée comme toujours. Ce désir brûlant de prédatrice me grisait totalement et en bonne junkie que je suis, j’aurais souhaité que ça ne s’arrête jamais. En même temps, j’étais craintive. Parce que, bien que cette euphorie démesurée m’ait permis de vivre plusieurs expériences extraordinaires, je sais aussi qu’elle m’a trop souvent fait faire de bien mauvais choix.
« Pourquoi n’irions-nous pas au bar « machin-chouette » comme dans le bon vieux temps? » me demande alors ma fidèle amie R***, ce qui a automatiquement fait naître en moi tout un mélange d’émotions.
Plusieurs d’entre vous savez que j’ai un passé d’alcoolique/toxicomane et que j’ai fréquenté le merveilleux monde des AA pendant environ 10 ans. Pour certaines raisons, j’ai arrêté d’assiter aux réunions il y a environ 4 ans. Ce mode de vie, ainsi que tout ce qu’il m’a apporté, n’a jamais vraiment quitté mon coeur et j’ai toujours su que tôt ou tard j’y retournerais. Bref, avant de délaisser ce milieu, j’ai été une fidèle du bar « machin-chouette » où plusieurs membres AA se réunissaient. Je m’y sentais comme chez moi. R*** m’y avait accompagné à quelques reprises, et appréciait beaucoup l’énergie qui s’y dégageait. Peut-être a-t-elle sentie plus que moi-même, que j’avais actuellement besoin de me retrouver entourée de tout ces gens? Ou peut-être en avait-elle envi tout simplement? Je n’en sais rien. J'ai accepté sans réfléchir plus qu’il ne faut, chose très rare en ce qui me concerne.
Après à peine 30 secondes sur les lieux, j’avais déjà repéré plusieurs visages familiers. D’enciens amis, d’enciens amants, d’enciens amours. Je me suis rapidement retrouvée dans les bras de ceux avec qui j’avais cheminé pendant longtemps, aceuillant calins et affection avec une joie immense et sincère. J’avais du temps à reprendre, des histoires à raconter, des histoires à écouter. Ça ne m’a pas laissé beaucoup de temps avec R*** mais dans toute la sagesse de sa vieille âme, elle a su faire preuve de compréhension, comme toujours.
Lorsque j’ai aperçu E*** entrer dans le bar et traverser la place comme un éclair, des beaux souvenirs ont refait surface et j’ai été heureuse de le voir s’assoir à mes côtés. Je me suis souvenu entre autre de plusieurs de ses appels quand je le contactais sur son téléavertisseur à toute heure du jour et de la nuit. Avec impuissance, il m’écoutait souvent répété les mêmes discours. Je me suis souvenu de son grand talent pour tout dédramatiser et me faire rire, dans des moments où personne n’aurait pu me faire rire.
Je me suis aussi souvenue cette nuit imprévue, et imprévisible, que nous avions passé ensemble dans l’intimité de mon lit...Sans aucune sexualité, aussi invraisemblable que ça puisse être. Les bêtes de sexe que nous étions avaient réussi à éviter la partie de jambes en l’air pour profiter d’un moment humain, agréable et vrai. Nos coeurs et nos âmes avaient discuté longuement, et nous avions même partagé une certaine dose de caresses afectueuses, sans arrière-pensées. Secrètement, je me suis toujours sentie très fière de cette nuit-là, qui demeure pour moi un bel accomplissement et un souvenir précieux.
Et je me suis souvenue à quel point il parlait! Mais aussi combien j’étais intéressée et fascinée par ses propos parfois maladroits, mais tellement profonds et lourds de sens. Je me suis souvenue combien je m’étais souvent vu en lui, en sa gourmandise pour les plaisirs charnels. Je retrouvais, dans sa quête de combler un quelconque vide à travers toutes ses relations, ma propre quête si semblable. Je me suis souvenu que j’avais déjà fait partie des personnes qui l’avaient jugé, mais que j’avais appris à l’accepter et l’aimer tel qu’il était. En fait, j’ai toujours eu l’étrange impression que je n’avais pas vraiment eu le choix de ressentir pour lui un amour inconditionnel. Comme si ça avait été impossible de l’aimer autrement.
E*** c’est tout un numéro, mais un maudit beau numéro. Un homme « pas ordinaire » et un sacré charmeur! Un être humain capable de mesquinerie et d’intransigeance, mais aussi capable de compréhension, d’ouverture, et d’une intelligence hors du commun. Un être humain dont la sensualité et la sensiblité dépassent celles de la plupart des gens que j’ai connu. Et bien que nous ne nous soyions jamais cotoyé sur une base régulière et que nous n’ayions jamais qualifié nos rapports d’ « amitié officielle », il a été, bien plus qu’il ne pense, une des personnes les plus significatives dans mon cheminement. Nos conversations m’ont souvent fait réfléchir. Chaque fois que nos chemins se sont croisés pendant quelques minutes, je suis repartie plus riche et avec le coeur un peu plus rempli.
Connaissant une partie de son vécu, j’aurais tendance à décrire son cheminement comme un bel exemple. À cause de son courage. À cause de tout ses efforts incroyables au fil des années. À cause de sa foi. À cause de son désir insatiable d’être simplement heureux. À cause de sa belle capacité à pardonner avec son coeur. Mais surtout, à cause de sa grande volonté à devenir une meilleure personne pour les autres...et pour lui-même. Même si je sais qu’il apprend à s’aimer un peu plus chaque jour, je suis convaincu qu’il ne voit pas en lui, toute la beauté que moi j’y vois. C’est souvent le sort des gens de notre « race ».
J’étais heureuse de le revoir dans ce bar « machin-chouette » qu’il n’aime pas, et qu’on discute. Ça m’amusait aussi de voir son regard voyager rapidement entre mes yeux, ma bouche et mon décolleté. En me regardant droit dans les yeux, il m’a exprimé qu’il me trouvait désirable et m’a complimenté. J’ai cru chacun des mots qu’il m’a dit tout le temps que nous avons passé ensemble et il m’est même arrivée d’être gênée parce que je le sentais sincère. Je dois aussi avouer que ça me stimulait, et ça me donnait envi que ça ne s’arrête pas. Je lui ai donc demandé spontanément s’il voulait venir passer la nuit chez moi afin de reprendre le temps perdu et poursuivre cette discussion si agréable. Il a accepté sans la moindre hésitation.
« Comme la dernière fois hein E*** ? On va jaser, on va rire et se donner de l’affection...Si tu savais comme j’en ai besoin! ». Voilà ce que je lui ai dit, avec une réelle et totale honnêteté. Je mourais d’envi qu’il continue de me trouver désirable et qu’il me le fasse sentir. Chaque fois qu’il parlait de m’embrasser, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le goût qu’auraient ses lèvres, et sa langue...Je savais qu’il ne fallait pas! Mais, que voulez-vous, je suis comme ça. Pourtant, mon but en l’invitant chez moi n’était que de jaser, rire, et me coller un peu. Rien de plus, rien de moins. Je n’avais pas particulièrement le désir de coucher avec lui mais j’admets qu’à ce moment, mes envies étaient plutôt floues.
Pendant que moi et R*** attendions dans la voiture que E*** aille se chercher un café au Tim Horton, j’ai lancé : « Je ne coucherai pas avec lui. » sur un ton que je trouvais convaincant et surtout, convaincu. C’est en entendant son éclat de rire rafraîchissant comme une douche froide, que j’ai compris que pour elle, mes envies n’étaient visiblement pas si « floues ». Je me suis sentie un peu vexée, probablement d’orgueuil. Toutefois, je ne lui en ai pas tenu rigueur, puisque, après tout, elle ne connaissait pas vraiment l’historique de mes rapports avec lui...
Finalement ma fidèle amie R*** avait vu juste. Et même si j’ai passé une merveilleuse soirée et une nuit en agréable compagnie, la pesanteur du regret ne m’a pas quitté cette journée-là. Au lieu de retenir tout ce que j’ai reçu, j’accroche à ce que je n’ai pas réussi. Pourtant, nous avons jasé pendant des heures, nous avons ris au larmes, nous nous sommes collés, et nous avons même jouis! Mais moi comme toujours, j’en aurais voulu davantage et je n’ai pas réussi. Peu importe les raisons, je vis maintenant avec le sentiment d’être un peu restée sur ma faim et ça ne devrait pas être ainsi. Je me sens comme l’ingrate-éternellement-insatiable. C’est ça mon premier regret: Avoir tenté d’en avoir davantage et (parce que je dois être honnête) ne pas avoir réussi.
Le deuxième regret est le pire. C’est celui de ne pas avoir réussi à resister à ce désir. Parce que oui, je l’ai désiré. Bien plus que je ne l’aurais imaginé et bien plus que je ne l’aurais voulu. Moi ce que j’aurais souhaité, c’est qu’on ne succombe pas à cette envie. Puis ensuite le revoir dans deux jours, deux semaines, deux mois ou deux ans, et sentir à nouveau que je suis désirable à ses yeux et qu’il a envi de ma bouche, mais continuer de ne pas succomber pour qu’on s’amuse encore de ce petit jeu...Et qu’on jase, et qu’on rit, et qu’on se colle un peu. Rien de plus, rien de moins. Que l'on soit enchantés de nous revoir, sans malaise et en toute simplicité, comme nous en avions l’habitude.
Il se peut que ce soit possible, mais pour l’instant j’ai un doute que je trouve ligitime. Un doute qui prend beaucoup de place au moment où j’écris ces lignes, mais qui finira par se faire tout petit et se cacher dans un recoin de ma mémoire... Jusqu’à ce que je le revois, peut-être. Je ne regrette aucun de nos regards, aucun de nos baisers, aucun de nos frissons et aucun de nos fou-rires. Je ne regrette aucun de mes sourires, aucun de mes élans de tendresse et aucun de mes gémissements. Et même ce qui ne s’écrit pas, je ne le regrette pas. Je regrette seulement de m’être abandonnée à ces petits bonheurs, en prennant délibérément le risque de gâcher quelque chose qui avait de l’importance pour moi...Et de ne pas avoir su trouver les bons mots pour lui exprimer.
Mais je m’inquiète sûrement pour rien, et je pense tout le temps trop, je le sais. Alors maintenant que j’ai fait le tour de la question de long en large, je vais essayer de « garder ça simple ». Je vais mettre mon cerveau à « off », me foutre la paix avec ça, et classer cette histoire dans mon grand tiroir à beaux souvenirs.
dimanche 23 août 2009
samedi 4 juillet 2009
Loin de Vous
Après votre départ, j’avais le coeur qui flottait sur les eaux calmes de ma douce solitude. Elle m’avait manqué cette solitude avec laquelle j’entretiens une relation symbiotique depuis si longtemps...
Loin de vous, ma vie suit son cour et mon quotidien ne manque pas de distractions mais parfois, votre absence me rend nostalgique. La nuit est souvent bien cruelle pour la lune que je suis. Quand l’insomnie me visite, c’est pour enchaîner mes pensées dans un rêve qui n’en finit plus de me rappeler que vous n’êtes pas là.
Je m’imagine agenouillée devant vous, levant mes yeux vers votre regard bienveillant pour vous dire sans mot tout ce que j’ai à vous offrir, pendant que vous fixez collier et laisse à mon cou de chienne. Je suce vos doigts, je lèche vos pieds, et j’en pleure de joie. Ces images me mènent inévitablement vers le désir de vous.
Je me dirige lentement vers le plaisir, espérant vous y retrouver, espérant que mon esprit vous rendra plus réel. Je frissonne en imaginant vos dents s’enfoncer dans ma peau. Je ferme mes yeux et je m’amuse à craindre vos giffles qui n’arrivent jamais. Je peux presque sentir mes cheveux s’enrouler autour de vos doigts.
J’entends votre voix qui me permet de jouir, et je jouis. Et je recommence, avec de nouveaux scénarios remplis de vous, de nous. Je gémis en silence en évitant d’ouvrir les yeux sur le triste désert de mon lit. Après quelques tremblements de terre sans vos baisers, mon corps demeure insatisfait alors je me résigne.
Épuisée, vidée et vide, j’appuie mon visage sur l’oreiller et relève les fesses, pour vous. Dans une dernière tentative d’appaisement, mes prières appellent la cadence de vos mains, leur chaleur brûlante et ce goût sublime d’abandon. Le froid prend rapidement votre place à mes côtés et je m’enveloppe dans ces couvertures où nous avons tant partagé.
Je finis par m’endormir décue de ne pas pouvoir me blottir contre la douce chaleur de votre peau...et inquiète comme une enfant de cinq ans qui ne se rappelle jamais que la lumière du jour va revenir, chaque fois qu’elle se retrouve dans le noir.
Loin de vous, ma vie suit son cour et mon quotidien ne manque pas de distractions mais parfois, votre absence me rend nostalgique. La nuit est souvent bien cruelle pour la lune que je suis. Quand l’insomnie me visite, c’est pour enchaîner mes pensées dans un rêve qui n’en finit plus de me rappeler que vous n’êtes pas là.
Je m’imagine agenouillée devant vous, levant mes yeux vers votre regard bienveillant pour vous dire sans mot tout ce que j’ai à vous offrir, pendant que vous fixez collier et laisse à mon cou de chienne. Je suce vos doigts, je lèche vos pieds, et j’en pleure de joie. Ces images me mènent inévitablement vers le désir de vous.
Je me dirige lentement vers le plaisir, espérant vous y retrouver, espérant que mon esprit vous rendra plus réel. Je frissonne en imaginant vos dents s’enfoncer dans ma peau. Je ferme mes yeux et je m’amuse à craindre vos giffles qui n’arrivent jamais. Je peux presque sentir mes cheveux s’enrouler autour de vos doigts.
J’entends votre voix qui me permet de jouir, et je jouis. Et je recommence, avec de nouveaux scénarios remplis de vous, de nous. Je gémis en silence en évitant d’ouvrir les yeux sur le triste désert de mon lit. Après quelques tremblements de terre sans vos baisers, mon corps demeure insatisfait alors je me résigne.
Épuisée, vidée et vide, j’appuie mon visage sur l’oreiller et relève les fesses, pour vous. Dans une dernière tentative d’appaisement, mes prières appellent la cadence de vos mains, leur chaleur brûlante et ce goût sublime d’abandon. Le froid prend rapidement votre place à mes côtés et je m’enveloppe dans ces couvertures où nous avons tant partagé.
Je finis par m’endormir décue de ne pas pouvoir me blottir contre la douce chaleur de votre peau...et inquiète comme une enfant de cinq ans qui ne se rappelle jamais que la lumière du jour va revenir, chaque fois qu’elle se retrouve dans le noir.
Cadeau de remerciement
Totalement envahie par une nervosité impressionnante, j’attendais en faisant les cent pas dans mon appartement. Lorsque Monsieur a frappé à ma porte, j’ai ouvert en retenant mon souffle. Il est entré, accompagné d’une soumise magnifique au regard magique. Je savais ce qu’on attendait de moi et j’aurais voulu être parfaite même si j’étais consciente que c’était impossible.
Après leur avoir offert à boire, j’ai invité Monsieur à s’allonger. La charmante demoiselle s’est installée à sa droite, moi à sa gauche, puis nous avons commencé le massage de Monsieur. Au moment de déposer mes mains sur sa peau, je tremblais et me sentais un peu maladroite.
Le désir s’est rapidement fait un nid en mon ventre malgré ma timidité. J’étais aussi très émue par la complicité qui s’est vite installée entre nous trois. Mes yeux se régalaient du spectacle dans lequel je prennais part, et ce, avec un confort qui me surprenait. Il s’agissait tout de même d’un homme et d’une femme que je connaissais à peine.
Je me suis laissée ensorceler par la beauté qui se dégageait de cette femme dévouée et par la manière dont Monsieur acceuillait le plaisir que nous lui offrions. J’avais prévue me faire divertissante tel un jouet mais parcourir le corps de Monsieur avec cette femme, de mes mains, de ma bouche et de ma langue, était pour moi un tel délice que j’avais l’impression que je recevais bien plus que je ne donnais.
Mon désir de lui me plongeait dans une sensualité sans fin et ma charmante complice m’inspirait un abandon total. J’ai dégusté ses doigts avec gourmandise et me suis ennivrée en respirant sa peau. J’ai léché son cou et laissé sa langue pénétrer ma bouche avec bonheur. Chaque fois que son bras rapprochait mon corps du sien, une vague de chaleur me donnait faim...
C’était la première fois que mon Maître m’offrait à un autre homme en guise de remerciement, et ce moment fût d’une intensité qui dépassait tout ce que j’avais imaginé. Je lui suis très reconnaissante de m’avoir permis de vivre cet instant si sensuel, et si précieux.
Merci à Monsieur pour sa générosité, sa considération, sa délicatesse, et surtout, son immense respect. Et merci à cette femme magnifique qui a fait grandir mon désir de soumission, par sa douceur, sa gentillesse, sa conduite exemplaire et son regard magique.
Après leur avoir offert à boire, j’ai invité Monsieur à s’allonger. La charmante demoiselle s’est installée à sa droite, moi à sa gauche, puis nous avons commencé le massage de Monsieur. Au moment de déposer mes mains sur sa peau, je tremblais et me sentais un peu maladroite.
Le désir s’est rapidement fait un nid en mon ventre malgré ma timidité. J’étais aussi très émue par la complicité qui s’est vite installée entre nous trois. Mes yeux se régalaient du spectacle dans lequel je prennais part, et ce, avec un confort qui me surprenait. Il s’agissait tout de même d’un homme et d’une femme que je connaissais à peine.
Je me suis laissée ensorceler par la beauté qui se dégageait de cette femme dévouée et par la manière dont Monsieur acceuillait le plaisir que nous lui offrions. J’avais prévue me faire divertissante tel un jouet mais parcourir le corps de Monsieur avec cette femme, de mes mains, de ma bouche et de ma langue, était pour moi un tel délice que j’avais l’impression que je recevais bien plus que je ne donnais.
Mon désir de lui me plongeait dans une sensualité sans fin et ma charmante complice m’inspirait un abandon total. J’ai dégusté ses doigts avec gourmandise et me suis ennivrée en respirant sa peau. J’ai léché son cou et laissé sa langue pénétrer ma bouche avec bonheur. Chaque fois que son bras rapprochait mon corps du sien, une vague de chaleur me donnait faim...
C’était la première fois que mon Maître m’offrait à un autre homme en guise de remerciement, et ce moment fût d’une intensité qui dépassait tout ce que j’avais imaginé. Je lui suis très reconnaissante de m’avoir permis de vivre cet instant si sensuel, et si précieux.
Merci à Monsieur pour sa générosité, sa considération, sa délicatesse, et surtout, son immense respect. Et merci à cette femme magnifique qui a fait grandir mon désir de soumission, par sa douceur, sa gentillesse, sa conduite exemplaire et son regard magique.
mercredi 6 mai 2009
Joyeux Anniversaire!
Merveilleuses sensations
Amour, amitié, affection
Investissement généreux
Trésor précieux
Respect et patience
Espoir et confiance!
Me soumettre à vous est un honneur, Maître, et je vous remercie pour tout.
Je vous souhaite une journée d'anniversaire à la hauteur du grand homme que vous êtes et que je peux apercevoir chaque fois que je regarde au fond de vos magnifiques yeux bleus.
Amour, amitié, affection
Investissement généreux
Trésor précieux
Respect et patience
Espoir et confiance!
Me soumettre à vous est un honneur, Maître, et je vous remercie pour tout.
Je vous souhaite une journée d'anniversaire à la hauteur du grand homme que vous êtes et que je peux apercevoir chaque fois que je regarde au fond de vos magnifiques yeux bleus.
vendredi 1 mai 2009
La peur du monstre
Une étudiante en sexologie que j’appelerai Isabelle pour préserver son anonymat, m’a demandé de participer à un de ses travaux dans le cadre d’un cours de relation d’aide, et j’ai accepté. J’ai joué le rôle de l’ « aidée » le temps de trois rencontres de 45 minutes chacune. Nous devions partir d’un élément particulier de ma vie, qui me préocupait. Je devais m’ouvrir et développer sur ce point pendant q’elle pratiquait avec moi ses techniques d’intervention. Je l’ai fait pour l’aider...Et me suis finalement retrouvée « aidée » plus que je ne l’aurais cru. Je dois même admettre que je n'aurais pas refusé quelques rencontres supplémentaires.
Plusieurs points sont resortis de ces trois entretients et j’ai été surprise de me voir aussi fragile, aussi sensible, face à la femme que je suis devenue. Je me savais très bavarde, capable de parler assez facilement de moi. Cependant, je ne m’attendais pas à ressentir un malaise en m’ouvrant les tripes et en dévoilant la face plus cachée de la lune, ainsi que ses cratères immenses. J’ai même ressenti de la honte en discutant de certaines de mes faiblesses. Je l’ai fait avec elle en me disant que, ce qu’on n’a pas envi de dire est bien souvent ce que nous avons le plus besoin de dire. C’est dans cette même optique que j’ai décidé d’en partager une partie avec vous. Elle m'a aussi suggéré que l'écriture pourrait m'être bénifique mais ça, je le savais déjà.
D’abord, je suis une personne insatiable et excessive. En ce qui concerne la séduction, je dirais que si je le pouvais, j’aimerais pouvoir garder un (ou plusieurs?) homme(s) dans une érection permanente. Cela va bien au delà du sexe ou de la perversion. J’aime séduire et être séduite. J’aime me sentir désirée comme la plupart des femmes mais la différence est que moi il m’est très difficile de perdre ce sentiment et je voudrais que ça ne s’arrête jamais. À l’occasion, il peut même m’arriver de me sentir insécure et terriblement décue quand l’érection disparaît. Je vis souvent un deuil lorsqu’une relation sexuelle se termine, qu’elle dure 15 minutes, une heure ou deux jours. J’ai plusieurs fois exprimé le désir d’apprendre une autre façon de consommer la séduction et la sexualité. Depuis quelques temps, la vie me permet de faire de petit pas sur ce chemin et j’en retire beaucoup de joie, de gratitude et de fierté.
J’apprends la lenteur. J’apprends à contrôler l’agressivité ressentie quand je ne suis pas pénétrée au moment où je voudrais l’être. J’apprends à faire durer le désir jusqu’à ne plus en pouvoir. J’apprends à apprécier les caresses tendres et sensuelles sans être dans l’empressement d’être prise. J’apprends enfin à consommer la séduction et la sexualité comme de la fine cuisine, au lieu de m’en empiffrer comme dans un buffet à volonté telle une gloutonne.
J’ai toujours eu tendance à apprécier chaque sensation qui m’est offerte mais je dois admettre que maintenant je les apprécie davantage et elles me paraissent plus intenses. Quand je me sens obsédée par le sexe et que je n’ai que ça en tête je me demande « lune, est-ce vraiment de sexe que tu as envi? » Comme je suis plus à l’écoute de mon corps, je réalise bien souvent que ce n’est pas exactement ce dont j’ai besoin. Je sens que j’évolue mais je considère malgré tout que j’en ai encore beaucoup à apprendre.
Ce côté de moi se reflète dans plusieurs sphères de ma vie. J’en veux toujours plus, et j’arrive difficilement à être raisonnable. Mes émotions sont aussi assez démesurées ainsi que ma manière souvent maladroite de les exprimer. J’ai déjà fait des pas de géante en éliminant de mon existence l’alcool, la drogue, et les relations malsaines. Même la nourriture arrive de plus en plus à me rassasier mais en général, le sentiment de satiété ne m’a pas habité souvent dans ma vie. Je suis en train de l’apprendre doucement. Lentement mais sûrement.
Malheureusement, je demeure insatiable à plusieurs niveaux. Plus précisément ce qui touche les relations affectives et le plaisir sous toutes ses formes. Je suis souvent comme une petite gamine qui ne veut pas arrêter de s’amuser, qui refuse qu’on lui enlève ses jouets, qui réagit très mal quand on lui dit non, qui est mi-naïve, mi-méfiante et qui a souvent et démesurément besoin d’être rassurée. Que de vilains travers à corriger pour une soumise!
J’ai tendance à voir l’ensemble de mes défauts comme un horrible « monstre » qui vit au fond de moi, et je vis souvent dans la peur qu’on le découvre et qu’on me trouve moins belle, moins bonne, moins aimable. Je l’ai toujours su mais en discuter avec Isabelle m’a fait réaliser combien la peur de ce « monstre » ne me quitte jamais. Dans le passé, j’entretennais souvent des relations platoniques sans engagement profond, et je finnissais par prendre la fuite pour éviter qu’on ne découvre ce « monstre ». Aujourd’hui, j’ai envi de me laisser connaître entièrement malgré tout ce que cela implique. À part les membres de ma famille, j’ai dans ma vie un nombre plutôt limité de personnes qui ont vu plusieurs de ces facettes. Ce sont des gens auxquels je suis très attachée et desquels je me sens aimée. Pourtant, chaque fois que ce « monstre » refait surface j’ai honte et j’ai peur de leur jugement.
Quand on me demande à quoi ressemble ce fameux « monstre », j’ai toujours de la difficulté à le décrire. Pour moi, c’est quand je boude parce que je n’obtiens pas ce que je désire. C’est quand on me rassure et que je ne me sens pas plus rassurée. C’est quand je suis jalouse. C’est quand je veux arrêter de pleurer sans y arriver. C’est quand je ne peux m’empêcher d’exiger plus que ce que l’on m’offre. C’est quand on est témoin de ma colère, que je gère dailleurs très très mal. C’est quand la petite fille en moi m’empêche d’être la femme-adulte-raisonnable que je voudrais être. Bien que je reconnaisse mon droit d’être humaine, que je sache que la perfection n’existe pas et que je sois consciente que je ne pourrai jamais éliminer ce « monstre », je persiste avec acharnement à vouloir le contrôler, pour pouvoir être une femme parfaite, une amie parfaite, une amante parfaite, une soumise parfaite...Rien de moins. C’est dommage mais j’accorde plus d’indulgence et de tolérance aux autres qu’à moi-même.
Je me considère une belle femme, avec une grande richesse intérieure et de magnifiques qualités. Pourtant, quand Isabelle m’a demandé si je me voyais comme une personne « aimable » je suis restée silencieuse trop longtemps. Cette hésitation a fait naître un noeud dans ma gorge est des larmes dans mes yeux. « Je suis une personne aimable » ais-je finis par répondre après avoir ravalé ma salive plusieurs fois. J’y croyais vraiment mais j’étais terriblement décue de ne pas avoir répondu plus instantanément puisque je ne doute pas de ma beauté et de mes forces. J’ai seulement cette triste impression, bien encrée en moi depuis longtemps, qu’il est plus difficile de m’aimer quand on découvre tout ce que j’ai de moins reluisant...
La plupart du temps, et particulièrement ces jours-ci, je suis heureuse! Nous avons tous nos « bibittes » et je pense que même avec un grand désir de s’améliorer, nous ne devons pas oublier de vivre! Je peux toujours viser la perfection mais je dois garder en tête que je ne l’atteindrai jamais et que le cheminement est tout aussi important que le résultat final, sinon davantage. Je continuerai donc d’avancer sur ce chemin palpitant, un pas à fois, vers ce jour où la petite lune aura perdu sa peur du « monstre » pour devenir une plussss meilleure femme-enfant-adulte-raisonnable-et-PRESQUE-parfaitement-soumise!
« Il n’y a de terrible en nous que ce qui n’a pas encore été dit » Louis-Ferdinand Céline
Plusieurs points sont resortis de ces trois entretients et j’ai été surprise de me voir aussi fragile, aussi sensible, face à la femme que je suis devenue. Je me savais très bavarde, capable de parler assez facilement de moi. Cependant, je ne m’attendais pas à ressentir un malaise en m’ouvrant les tripes et en dévoilant la face plus cachée de la lune, ainsi que ses cratères immenses. J’ai même ressenti de la honte en discutant de certaines de mes faiblesses. Je l’ai fait avec elle en me disant que, ce qu’on n’a pas envi de dire est bien souvent ce que nous avons le plus besoin de dire. C’est dans cette même optique que j’ai décidé d’en partager une partie avec vous. Elle m'a aussi suggéré que l'écriture pourrait m'être bénifique mais ça, je le savais déjà.
D’abord, je suis une personne insatiable et excessive. En ce qui concerne la séduction, je dirais que si je le pouvais, j’aimerais pouvoir garder un (ou plusieurs?) homme(s) dans une érection permanente. Cela va bien au delà du sexe ou de la perversion. J’aime séduire et être séduite. J’aime me sentir désirée comme la plupart des femmes mais la différence est que moi il m’est très difficile de perdre ce sentiment et je voudrais que ça ne s’arrête jamais. À l’occasion, il peut même m’arriver de me sentir insécure et terriblement décue quand l’érection disparaît. Je vis souvent un deuil lorsqu’une relation sexuelle se termine, qu’elle dure 15 minutes, une heure ou deux jours. J’ai plusieurs fois exprimé le désir d’apprendre une autre façon de consommer la séduction et la sexualité. Depuis quelques temps, la vie me permet de faire de petit pas sur ce chemin et j’en retire beaucoup de joie, de gratitude et de fierté.
J’apprends la lenteur. J’apprends à contrôler l’agressivité ressentie quand je ne suis pas pénétrée au moment où je voudrais l’être. J’apprends à faire durer le désir jusqu’à ne plus en pouvoir. J’apprends à apprécier les caresses tendres et sensuelles sans être dans l’empressement d’être prise. J’apprends enfin à consommer la séduction et la sexualité comme de la fine cuisine, au lieu de m’en empiffrer comme dans un buffet à volonté telle une gloutonne.
J’ai toujours eu tendance à apprécier chaque sensation qui m’est offerte mais je dois admettre que maintenant je les apprécie davantage et elles me paraissent plus intenses. Quand je me sens obsédée par le sexe et que je n’ai que ça en tête je me demande « lune, est-ce vraiment de sexe que tu as envi? » Comme je suis plus à l’écoute de mon corps, je réalise bien souvent que ce n’est pas exactement ce dont j’ai besoin. Je sens que j’évolue mais je considère malgré tout que j’en ai encore beaucoup à apprendre.
Ce côté de moi se reflète dans plusieurs sphères de ma vie. J’en veux toujours plus, et j’arrive difficilement à être raisonnable. Mes émotions sont aussi assez démesurées ainsi que ma manière souvent maladroite de les exprimer. J’ai déjà fait des pas de géante en éliminant de mon existence l’alcool, la drogue, et les relations malsaines. Même la nourriture arrive de plus en plus à me rassasier mais en général, le sentiment de satiété ne m’a pas habité souvent dans ma vie. Je suis en train de l’apprendre doucement. Lentement mais sûrement.
Malheureusement, je demeure insatiable à plusieurs niveaux. Plus précisément ce qui touche les relations affectives et le plaisir sous toutes ses formes. Je suis souvent comme une petite gamine qui ne veut pas arrêter de s’amuser, qui refuse qu’on lui enlève ses jouets, qui réagit très mal quand on lui dit non, qui est mi-naïve, mi-méfiante et qui a souvent et démesurément besoin d’être rassurée. Que de vilains travers à corriger pour une soumise!
J’ai tendance à voir l’ensemble de mes défauts comme un horrible « monstre » qui vit au fond de moi, et je vis souvent dans la peur qu’on le découvre et qu’on me trouve moins belle, moins bonne, moins aimable. Je l’ai toujours su mais en discuter avec Isabelle m’a fait réaliser combien la peur de ce « monstre » ne me quitte jamais. Dans le passé, j’entretennais souvent des relations platoniques sans engagement profond, et je finnissais par prendre la fuite pour éviter qu’on ne découvre ce « monstre ». Aujourd’hui, j’ai envi de me laisser connaître entièrement malgré tout ce que cela implique. À part les membres de ma famille, j’ai dans ma vie un nombre plutôt limité de personnes qui ont vu plusieurs de ces facettes. Ce sont des gens auxquels je suis très attachée et desquels je me sens aimée. Pourtant, chaque fois que ce « monstre » refait surface j’ai honte et j’ai peur de leur jugement.
Quand on me demande à quoi ressemble ce fameux « monstre », j’ai toujours de la difficulté à le décrire. Pour moi, c’est quand je boude parce que je n’obtiens pas ce que je désire. C’est quand on me rassure et que je ne me sens pas plus rassurée. C’est quand je suis jalouse. C’est quand je veux arrêter de pleurer sans y arriver. C’est quand je ne peux m’empêcher d’exiger plus que ce que l’on m’offre. C’est quand on est témoin de ma colère, que je gère dailleurs très très mal. C’est quand la petite fille en moi m’empêche d’être la femme-adulte-raisonnable que je voudrais être. Bien que je reconnaisse mon droit d’être humaine, que je sache que la perfection n’existe pas et que je sois consciente que je ne pourrai jamais éliminer ce « monstre », je persiste avec acharnement à vouloir le contrôler, pour pouvoir être une femme parfaite, une amie parfaite, une amante parfaite, une soumise parfaite...Rien de moins. C’est dommage mais j’accorde plus d’indulgence et de tolérance aux autres qu’à moi-même.
Je me considère une belle femme, avec une grande richesse intérieure et de magnifiques qualités. Pourtant, quand Isabelle m’a demandé si je me voyais comme une personne « aimable » je suis restée silencieuse trop longtemps. Cette hésitation a fait naître un noeud dans ma gorge est des larmes dans mes yeux. « Je suis une personne aimable » ais-je finis par répondre après avoir ravalé ma salive plusieurs fois. J’y croyais vraiment mais j’étais terriblement décue de ne pas avoir répondu plus instantanément puisque je ne doute pas de ma beauté et de mes forces. J’ai seulement cette triste impression, bien encrée en moi depuis longtemps, qu’il est plus difficile de m’aimer quand on découvre tout ce que j’ai de moins reluisant...
La plupart du temps, et particulièrement ces jours-ci, je suis heureuse! Nous avons tous nos « bibittes » et je pense que même avec un grand désir de s’améliorer, nous ne devons pas oublier de vivre! Je peux toujours viser la perfection mais je dois garder en tête que je ne l’atteindrai jamais et que le cheminement est tout aussi important que le résultat final, sinon davantage. Je continuerai donc d’avancer sur ce chemin palpitant, un pas à fois, vers ce jour où la petite lune aura perdu sa peur du « monstre » pour devenir une plussss meilleure femme-enfant-adulte-raisonnable-et-PRESQUE-parfaitement-soumise!
« Il n’y a de terrible en nous que ce qui n’a pas encore été dit » Louis-Ferdinand Céline
lundi 20 avril 2009
Le Tigre et sa proie
C’est la nuit. Je marche dans une ruelle mal éclairée, d’un pas hésitant. J’ai la nette impression que quelqu’un marche derrière moi et je sais que c’est lui.
J’ignore totalement ce qui m’attend. Je continue d’avancer sans me retourner, en savourant la peur qui prend vie dans mon ventre. Je m’attends à ce qu’il bondisse sur moi comme un tigre et j’incarne parfaitement le rôle de la proie. J’entends les pas s’accélérer derrière moi. Je sors de la ruelle qui débouche sur ma rue et m’engage sur le trottoir. Le bruit de pas a cessé mais avant même que je n’aie le temps de me questionner, une main ferme se pose sur mon épaule. Je sursaute et mon coeur semble vouloir me défoncer la poitrine.
Je me dis que c’est un jeu mais j’ai peur. Très peur. Au moment où je m’apprête à le regarder pour me sécuriser un peu, j’entends sa voix qui m’interdit de me retourner. Bien que je connaisse cette voix, elle ne m’apporte aucun réconfort. Le jeu est plus sérieux que je ne l’avais imaginé et je commence à trembler. Il m’ordonne d’avancer plus rapidement et de le conduire jusqu’à chez moi. J’ai la gorge complètement sèche et je marche en regardant droit devant, pendant que sa main serre mon bras. Nous arrivons devant chez moi et je sors mes clés. Il les arrache de ma main, ouvre lui-même la porte et me pousse à l’intérieur. Nous nous retrouvons dans le couloir de mon appartement. J’ai déjà envi de pleurer et je n’ose toujours pas me retourner.
Lui : Déshabille-toi salope.
Je m’exécute. J’enlève tout sauf ma petite culotte et mon soutien-gorge. Je suis dos à lui, debout, droite, immobile, tremblante et prête à m’écrouler. Le silence est lourd, l’attente interminable. Il avance lentement derrière moi jusqu’à ce que je sente son haleine sur mon épaule. Il est contrarié par les sous-vêtements que je n’ai pas enlevé. Il m’ordonne de ne pas bouger et je sens sur ma peau la lame froide d’un couteau. Il découpe les sous-vêtements et laisse tomber les lambeaux sur le sol. Mes mains se posent sur mes seins, ridiculement. D’un geste brusque, il enroule mes cheveux autour de ses doigts et me force à m’agenouiller. Il enfonce dans ma bouche les restes de ma petite culotte et me couvre les yeux d’un tissu dont j’ignore la provenance. Je suis dans le noir et le silence me fait paniquer. Il m’agrippe encore une fois les cheveux et me conduit sur le plancher du salon, avant d’ouvrir la lumière.
Lui : Je veux te voir marcher à quattre pattes comme une chienne.
Imaginer son regard sur mon corps nu et peu avantagé par cette position, me fait sentir terriblement honteuse mais je comprends que j’ai intérêt à obéir. Je fais donc ce qu’il me demande pendant qu’il tourne autour de moi, persistant dans son inquiétant silence. Soudain, il pose son pied dans le bas de mon dos. Je sens son soulier m’écraser jusqu’à ce que je me retrouve à plat ventre. Il m’ordonne alors de ramper et ricane comme un sadique devant mes mouvements disgracieux. Il recommence à tourner autour de moi. Je sursaute à chacun de ses pas et cela semble l’amuser.
Sans que je ne m’y attende, sa main reprend possession de ma crinière pour tirer ma tête vers l’arrière. Ma gorge laisse échapper un cri à travers le tissu que j’ai dans la bouche. Il me giffle alors, précisant qu’il ne veut pas m’entendre. Après plusieurs claques au visage je me mets à sangloter et il cesse aussitôt. Je crois naïvement que sa pitié me laissera un répis puis, il me crache en pleine figure. L’humiliation emplifie mes sanglots.
Lui : Retourne-toi sur le dos.
Je tente de me calmer et prends la position qu’il me demande. Il écarte mes jambes si grand que la douleur me fait gémir. Il pince mes seins et les giffle avec force pendant que je me tords de douleur. Je sens son visage s’approcher du mien et sa respiration devenir plus rapide. Tout à coup, j’oublie qui il est et je m’inquiète qu’il perde le contrôle. Il crache une fois de plus et je reçois sa salive jusque dans mes narines. Je tente d’essuyer mon visage mais il m’en empêche. Sa main serre mon cou si fort que je me mets à voir des étoiles. C’est moi qui perds alors le contrôle, totalement.
Je me débats comme une diablesse, de toutes mes forces. Je sais qu’il ne s’attendait pas à cette réaction, moi non plus. J’imagine que ça ne doit pas lui plaire mais mon corps se rebelle sans que je réfléchisse. La confrontation prend des allures de combat. Je sais qu’il a rangé son couteau mais cette image me hante. J’ai peur. J’ai peur de lui. Peur de moi. Sans dire un mot, il plaque son corps contre le mien et m’entoure de ses bras pour m’immobiliser...et me calmer.
Lui : Qu’est-ce que tu cherches là? Tu veux diriger? Tu sais que tu ne gagneras pas avec moi, c’est moi qui décide, compris?
Je lui réponds docilement par un hochement de tête mais mon corps résiste pendant qu’il tente d’enfoncer sa queue en moi. Toujours derrière moi, il me tient par les cheveux et me pénètre sauvagement sans faire attention à moi. Son bassin cogne longuement sur le mien avec force et rapidité et la tension ne cesse de monter. Il me fait mal, vraiment mal, mais ça m’excite de me sentir ainsi utilisé par lui. Le tigre me possède et la proie que je suis baigne dans un plaisir troublant. Après avoir éjaculé, il fouille ma chatte complètement trempée.
Lui : Tu aimes que je t’utilise? Ça t’excite de me servir de réservoir à sperme?
J’arrive mal à différencier la réalité du jeu et je me sens très embarrassée. J’ai envi qu’il active ses doigts sur mon clitoris. Évidement, il ne le fait pas. Il se retire, se recule et me repousse, comme un objet maintenant inutile. Je me sens regardé pendant de longues minutes qui me parraissent des heures. Il brise le silence pour exiger que je nettoie sa queue avec ma bouche. Je ne bouge pas. Il retire la petite culotte de ma bouche et y enfonce son sexe.
Lui : Nettoie-moi ça comme une vraie chienne.
Cette fois-ci, c’est avec colère et dédain que je cède à son ordre. Il s’en rend compte et me giffle encore en se moquant de moi. Ma bouche finit par provoquer une nouvelle érection...à moins que ça ne soit simplement l’état lamentable dans lequel il m’a mise qui le fasse bander. Il me fait allonger sur le dos et se met à maltraiter mes seins et donner des claques sur ma chatte. En tenant fermement ma tête, il pénètre profondément ma bouche, bien décidé à me remplir la gorge. Il décharge à nouveau. Je suis très excitée et ne fais aucun effort pour le dissimuler.
Lui : Une salope comme toi doit bien avoir des jouets, où sont-ils?
Je ne réponds pas. Il se dirige vers ma chambre, cherche un peu et revient. Il met en marche le moteur de mon vibrateur et le laisse tomber sur mon ventre. Il s’approche de moi et laisse couler de sa bouche un filet de salive directement entre mes lèvres. Sans le voir, je pourrais jurer qu’il sourit cruellement.
Lui : Vas-y salope, fais-toi jouir puisque tu en as tellement envi...Tu peux même découvrir tes yeux si tu veux.
Confuse et incertaine de la suite, je défais le noeud qui retient le tissu autour de ma tête et découvre qu’il est déjà parti...
Ce Tigre m'a traqué comme une proie, a bondit sadiquement sur moi pour assouvir ses instincts puis, il m’a abandonné sans même m’achever.
J’ignore totalement ce qui m’attend. Je continue d’avancer sans me retourner, en savourant la peur qui prend vie dans mon ventre. Je m’attends à ce qu’il bondisse sur moi comme un tigre et j’incarne parfaitement le rôle de la proie. J’entends les pas s’accélérer derrière moi. Je sors de la ruelle qui débouche sur ma rue et m’engage sur le trottoir. Le bruit de pas a cessé mais avant même que je n’aie le temps de me questionner, une main ferme se pose sur mon épaule. Je sursaute et mon coeur semble vouloir me défoncer la poitrine.
Je me dis que c’est un jeu mais j’ai peur. Très peur. Au moment où je m’apprête à le regarder pour me sécuriser un peu, j’entends sa voix qui m’interdit de me retourner. Bien que je connaisse cette voix, elle ne m’apporte aucun réconfort. Le jeu est plus sérieux que je ne l’avais imaginé et je commence à trembler. Il m’ordonne d’avancer plus rapidement et de le conduire jusqu’à chez moi. J’ai la gorge complètement sèche et je marche en regardant droit devant, pendant que sa main serre mon bras. Nous arrivons devant chez moi et je sors mes clés. Il les arrache de ma main, ouvre lui-même la porte et me pousse à l’intérieur. Nous nous retrouvons dans le couloir de mon appartement. J’ai déjà envi de pleurer et je n’ose toujours pas me retourner.
Lui : Déshabille-toi salope.
Je m’exécute. J’enlève tout sauf ma petite culotte et mon soutien-gorge. Je suis dos à lui, debout, droite, immobile, tremblante et prête à m’écrouler. Le silence est lourd, l’attente interminable. Il avance lentement derrière moi jusqu’à ce que je sente son haleine sur mon épaule. Il est contrarié par les sous-vêtements que je n’ai pas enlevé. Il m’ordonne de ne pas bouger et je sens sur ma peau la lame froide d’un couteau. Il découpe les sous-vêtements et laisse tomber les lambeaux sur le sol. Mes mains se posent sur mes seins, ridiculement. D’un geste brusque, il enroule mes cheveux autour de ses doigts et me force à m’agenouiller. Il enfonce dans ma bouche les restes de ma petite culotte et me couvre les yeux d’un tissu dont j’ignore la provenance. Je suis dans le noir et le silence me fait paniquer. Il m’agrippe encore une fois les cheveux et me conduit sur le plancher du salon, avant d’ouvrir la lumière.
Lui : Je veux te voir marcher à quattre pattes comme une chienne.
Imaginer son regard sur mon corps nu et peu avantagé par cette position, me fait sentir terriblement honteuse mais je comprends que j’ai intérêt à obéir. Je fais donc ce qu’il me demande pendant qu’il tourne autour de moi, persistant dans son inquiétant silence. Soudain, il pose son pied dans le bas de mon dos. Je sens son soulier m’écraser jusqu’à ce que je me retrouve à plat ventre. Il m’ordonne alors de ramper et ricane comme un sadique devant mes mouvements disgracieux. Il recommence à tourner autour de moi. Je sursaute à chacun de ses pas et cela semble l’amuser.
Sans que je ne m’y attende, sa main reprend possession de ma crinière pour tirer ma tête vers l’arrière. Ma gorge laisse échapper un cri à travers le tissu que j’ai dans la bouche. Il me giffle alors, précisant qu’il ne veut pas m’entendre. Après plusieurs claques au visage je me mets à sangloter et il cesse aussitôt. Je crois naïvement que sa pitié me laissera un répis puis, il me crache en pleine figure. L’humiliation emplifie mes sanglots.
Lui : Retourne-toi sur le dos.
Je tente de me calmer et prends la position qu’il me demande. Il écarte mes jambes si grand que la douleur me fait gémir. Il pince mes seins et les giffle avec force pendant que je me tords de douleur. Je sens son visage s’approcher du mien et sa respiration devenir plus rapide. Tout à coup, j’oublie qui il est et je m’inquiète qu’il perde le contrôle. Il crache une fois de plus et je reçois sa salive jusque dans mes narines. Je tente d’essuyer mon visage mais il m’en empêche. Sa main serre mon cou si fort que je me mets à voir des étoiles. C’est moi qui perds alors le contrôle, totalement.
Je me débats comme une diablesse, de toutes mes forces. Je sais qu’il ne s’attendait pas à cette réaction, moi non plus. J’imagine que ça ne doit pas lui plaire mais mon corps se rebelle sans que je réfléchisse. La confrontation prend des allures de combat. Je sais qu’il a rangé son couteau mais cette image me hante. J’ai peur. J’ai peur de lui. Peur de moi. Sans dire un mot, il plaque son corps contre le mien et m’entoure de ses bras pour m’immobiliser...et me calmer.
Lui : Qu’est-ce que tu cherches là? Tu veux diriger? Tu sais que tu ne gagneras pas avec moi, c’est moi qui décide, compris?
Je lui réponds docilement par un hochement de tête mais mon corps résiste pendant qu’il tente d’enfoncer sa queue en moi. Toujours derrière moi, il me tient par les cheveux et me pénètre sauvagement sans faire attention à moi. Son bassin cogne longuement sur le mien avec force et rapidité et la tension ne cesse de monter. Il me fait mal, vraiment mal, mais ça m’excite de me sentir ainsi utilisé par lui. Le tigre me possède et la proie que je suis baigne dans un plaisir troublant. Après avoir éjaculé, il fouille ma chatte complètement trempée.
Lui : Tu aimes que je t’utilise? Ça t’excite de me servir de réservoir à sperme?
J’arrive mal à différencier la réalité du jeu et je me sens très embarrassée. J’ai envi qu’il active ses doigts sur mon clitoris. Évidement, il ne le fait pas. Il se retire, se recule et me repousse, comme un objet maintenant inutile. Je me sens regardé pendant de longues minutes qui me parraissent des heures. Il brise le silence pour exiger que je nettoie sa queue avec ma bouche. Je ne bouge pas. Il retire la petite culotte de ma bouche et y enfonce son sexe.
Lui : Nettoie-moi ça comme une vraie chienne.
Cette fois-ci, c’est avec colère et dédain que je cède à son ordre. Il s’en rend compte et me giffle encore en se moquant de moi. Ma bouche finit par provoquer une nouvelle érection...à moins que ça ne soit simplement l’état lamentable dans lequel il m’a mise qui le fasse bander. Il me fait allonger sur le dos et se met à maltraiter mes seins et donner des claques sur ma chatte. En tenant fermement ma tête, il pénètre profondément ma bouche, bien décidé à me remplir la gorge. Il décharge à nouveau. Je suis très excitée et ne fais aucun effort pour le dissimuler.
Lui : Une salope comme toi doit bien avoir des jouets, où sont-ils?
Je ne réponds pas. Il se dirige vers ma chambre, cherche un peu et revient. Il met en marche le moteur de mon vibrateur et le laisse tomber sur mon ventre. Il s’approche de moi et laisse couler de sa bouche un filet de salive directement entre mes lèvres. Sans le voir, je pourrais jurer qu’il sourit cruellement.
Lui : Vas-y salope, fais-toi jouir puisque tu en as tellement envi...Tu peux même découvrir tes yeux si tu veux.
Confuse et incertaine de la suite, je défais le noeud qui retient le tissu autour de ma tête et découvre qu’il est déjà parti...
Ce Tigre m'a traqué comme une proie, a bondit sadiquement sur moi pour assouvir ses instincts puis, il m’a abandonné sans même m’achever.
mardi 14 avril 2009
Du "pays de Candy" au "pays-des-merveilles"
"Au pays de Candy, comme dans tout les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils..."
Je pense que certains de mes désirs de femmes ont dabord été des désirs de petite fille.
(pour arriver directement à l'essentiel, vaut mieux avancer le vidéo jusqu'à environ 1:20)
Avec un peu d'imagination il m'arrive parfois de faire des liens entre ce "pays de Candy" de mon enfance et le "pays des merveilles" que je découvre aujourd'hui...Mais je n'ai jamais réussi à comprendre ce qui a pu se produire entre les deux, ce qui a réellement guidé mes pas jusqu'ici. J'en comprends quelques poussières, mais la plus grande partie demeure encore un mystère pour moi.
Celui-ci est délicieux, je vous suggère donc de le visionner au complet.
Je pense que certains de mes désirs de femmes ont dabord été des désirs de petite fille.
(pour arriver directement à l'essentiel, vaut mieux avancer le vidéo jusqu'à environ 1:20)
Avec un peu d'imagination il m'arrive parfois de faire des liens entre ce "pays de Candy" de mon enfance et le "pays des merveilles" que je découvre aujourd'hui...Mais je n'ai jamais réussi à comprendre ce qui a pu se produire entre les deux, ce qui a réellement guidé mes pas jusqu'ici. J'en comprends quelques poussières, mais la plus grande partie demeure encore un mystère pour moi.
Celui-ci est délicieux, je vous suggère donc de le visionner au complet.
mercredi 8 avril 2009
La plus chaude des pipes...
Il y a des jours comme ça, et des soirs aussi. Des moments magiques, et tragiques aussi...qui arrivent à nous faire rire quand on y repense avec du recul.
Il y a quelques jours j'ai reçu un ami chez moi pour, entre autre, inaugurer ma nouvelle pipe à shisha. Après un léger repas, nous sous sommes rapidement retrouvés nus (mis à part le beau collier de chienne à mon cou) préparant la fameuse pipe. Tout deux allongés sur mon futon, nous avons partagé le plaisir convivial de cette sorte de "calumet de paix" aux parfums sucrés de leechee, en agrémentant cet instant de délicieuses caresses.
À un certain moment, continuant de promener ma bouche sur la peau chaude de Monsieur, j'ai décidé de saisir la pipe pour en aspirer quelques bouffées. À peine ais-je eu le temps de réaliser que le tuyau était plus court que je ne l'avais cru que la pipe (je parle de l'objet...) avait dramatiquement basculé. La petite briquette de charbon allumée et rouge s'est retrouvée en morceaux, entre mes cuisses.
Le "plaisir convivial" a tourné au cauchemar en l'espace d'une seconde et toute la sensualité de cet instant s'est vite transformé en panique. Pendant que l'eau de cette pipe-de-malheur se déversait sur mon plancher, je pouvais voir et surtout sentir le feu qui collait à ma peau et la faisait fondre. Je tentais désespérément de m'en débarasser du revers de la main, sans succès. Avec l'aide de Monsieur, j'ai finis par envoyer quelques tisons sur le sol en criant et en sautillant sur mes fesses mais j'ai été sérieusement brûlée.
Bon je sais, les plus cyniques sont certainement en train de se dire en eux-mêmes "Lune aime les émotions fortes! Non seulement elle aime quand ça fait mal, mais elle a l'habitude d'avoir le feu entre les cuisses..." Croyez-moi (ais-je vraiment besoin de vous convaincre?)cette fois je n'en ai retiré aucun plaisir.
Après que nous ayions éteint le dernier tison et que nous ayions repris notre souffle, la tragédie a pris des tournures de "role play" du genre "docteur/patiente" et j'ai écarté mes jambes bien grand afin que Monsieur évalue l'empleur des dégâts. Diagnostic? Plusieurs rougeurs mais trois brûlures plus graves. Deux sur l'intérieur de la cuisse droite et une sur la lèvre gauche (et vous avez sans doute deviné que je ne parle pas de ma bouche).
Une infirmière d'info-santé m'a fortement conseillé de me rendre à l'hopital afin de m'assurer qu'il ne s'agisse pas de brûlures au troisième degré...Je pense qu'il est inutile que je vous précise que je n'avais aucune envie d'avoir à expliquer les bleus sur mon corps, en plus d'avoir à exposer les brûlures que j'ai entre les cuisses, causées par une pipe à shisha renversée, après avoir attendu 10 heures minimum dans une salle d'attente, les jambes écartées...J'ai choisis de rester chez moi.
Moi qui avais prévu, ce soir là, honorer ce collier dans la plus dévouée des servitudes...J'ai passé le reste de la soirée immobilisée, jambes écartées, à me faire servir et dorloter par Monsieur.
Comme les brûlures ne sont pas encore guéries, je suis forcée de marcher en évitant le plus possible le frottement entre mes cuisses. Je vous laisse donc imaginer toute la beauté de ma démarche cavalière. Mis à part ce détail, je me suis plutôt remise de cet accident fâcheux.
Merci encore à Monsieur pour son précieux support dans cette BRÛLANTE épreuve ;-)
Il y a quelques jours j'ai reçu un ami chez moi pour, entre autre, inaugurer ma nouvelle pipe à shisha. Après un léger repas, nous sous sommes rapidement retrouvés nus (mis à part le beau collier de chienne à mon cou) préparant la fameuse pipe. Tout deux allongés sur mon futon, nous avons partagé le plaisir convivial de cette sorte de "calumet de paix" aux parfums sucrés de leechee, en agrémentant cet instant de délicieuses caresses.
À un certain moment, continuant de promener ma bouche sur la peau chaude de Monsieur, j'ai décidé de saisir la pipe pour en aspirer quelques bouffées. À peine ais-je eu le temps de réaliser que le tuyau était plus court que je ne l'avais cru que la pipe (je parle de l'objet...) avait dramatiquement basculé. La petite briquette de charbon allumée et rouge s'est retrouvée en morceaux, entre mes cuisses.
Le "plaisir convivial" a tourné au cauchemar en l'espace d'une seconde et toute la sensualité de cet instant s'est vite transformé en panique. Pendant que l'eau de cette pipe-de-malheur se déversait sur mon plancher, je pouvais voir et surtout sentir le feu qui collait à ma peau et la faisait fondre. Je tentais désespérément de m'en débarasser du revers de la main, sans succès. Avec l'aide de Monsieur, j'ai finis par envoyer quelques tisons sur le sol en criant et en sautillant sur mes fesses mais j'ai été sérieusement brûlée.
Bon je sais, les plus cyniques sont certainement en train de se dire en eux-mêmes "Lune aime les émotions fortes! Non seulement elle aime quand ça fait mal, mais elle a l'habitude d'avoir le feu entre les cuisses..." Croyez-moi (ais-je vraiment besoin de vous convaincre?)cette fois je n'en ai retiré aucun plaisir.
Après que nous ayions éteint le dernier tison et que nous ayions repris notre souffle, la tragédie a pris des tournures de "role play" du genre "docteur/patiente" et j'ai écarté mes jambes bien grand afin que Monsieur évalue l'empleur des dégâts. Diagnostic? Plusieurs rougeurs mais trois brûlures plus graves. Deux sur l'intérieur de la cuisse droite et une sur la lèvre gauche (et vous avez sans doute deviné que je ne parle pas de ma bouche).
Une infirmière d'info-santé m'a fortement conseillé de me rendre à l'hopital afin de m'assurer qu'il ne s'agisse pas de brûlures au troisième degré...Je pense qu'il est inutile que je vous précise que je n'avais aucune envie d'avoir à expliquer les bleus sur mon corps, en plus d'avoir à exposer les brûlures que j'ai entre les cuisses, causées par une pipe à shisha renversée, après avoir attendu 10 heures minimum dans une salle d'attente, les jambes écartées...J'ai choisis de rester chez moi.
Moi qui avais prévu, ce soir là, honorer ce collier dans la plus dévouée des servitudes...J'ai passé le reste de la soirée immobilisée, jambes écartées, à me faire servir et dorloter par Monsieur.
Comme les brûlures ne sont pas encore guéries, je suis forcée de marcher en évitant le plus possible le frottement entre mes cuisses. Je vous laisse donc imaginer toute la beauté de ma démarche cavalière. Mis à part ce détail, je me suis plutôt remise de cet accident fâcheux.
Merci encore à Monsieur pour son précieux support dans cette BRÛLANTE épreuve ;-)
jeudi 2 avril 2009
Éclair de fait divers
Le 1er septembre 1997 22h
Je suis toute seule maintenant et c'est sûrement mieux ainsi. Philippe vient de partir en claquant la porte, encore une fois. Je sais trop bien que dans quelques heures, quelques jours tout au plus, il reviendra escalader mon balcon comme il en a l'habitude. Il entrera sans frapper, et se dirigera vers le frigo, souhaitant stupidement qu'il se soit auto-rempli pendant sa courte absence. Et il se réinstallera dans le désert de ma vie en attendant la prochaine tempête. Pourtant, chaque fois qu'il me quitte la peur de manquer d'air m'envahit. Ce soir, la culpabilité me dévaste. Un peu comme la larve d'un gigantesque volcan qui n'en finit plus de déborder en brûlant tout sur son passage. Je dois avoir surestimé le pouvoir de mon poison puisque je pleure bien plus que je ne plâne. Je suis décue que la drogue ne réussisse plus à, ni sécher les larmes dans mes yeux, ni anesthésier ma douleur. Il n'a pas le droit de m'abandonner ainsi, seule au milieu de ce superbe enfer que nous avons pourtant construit ensemble. Un horrible monstre, voilà ce qu'il est...et ce qu'il a fait de moi.
La journée avait pourtant bien débuté. Deux seringues attendaient sagement que nos bras se réveillent et Philippe était tout joyeux: Il n'en fallait pas plus pour que je sois comblée. Comme c'est toujours plus facile de trouver de l'argent quand je ne souffre pas du manque, je suis allée porter mon vidéo au "pawn shop" pour la centième fois et j'ai eu en échange plus d'argent que je ne le prévoyais. Cela a suffit pour que j'évite les affreux remords habituels. En rentrant, je suis passée devant un fleuriste et me suis surprise à m'imaginer, telle un femme respectable à qui l'on offre ce genre de bouquet. Quand je suis arrivée, Philippe m'a acceuilli avec des bêtises, ce qui m'a vite remis les pieds sur terre. Monsieur me reprochait d'avoir pris trop de temps. Ce fût ensuite son tour de sortir pour acheter nos précieuses doses. J'ai trouvé qu'il avait lui aussi pris trop de temps mais j'ai choisis de me taire à son retour. J'avais mieux à faire.
C'est moi qui ai séparé les portions, en prennant bien soin de ne pas oublier, que c'était mon vidéo à moi qu'on s'apprêtait à se shooter. Il a grogné que la quantité était trop grande pour ma carcasse et que c'était dangeureux. J'ai souris parce qu'en fait, c'est toujours dangeureux quand on s'injecte de la drogue dans les veines, C'est juste qu'on y pense pas. Alors je l'ai traité de jaloux pendant que l'aiguille perçait ma peau suppliante. Effectivement, c'était trop. J'ai complètement perdu la carte mais c'était loin d'être la première fois. J'avoue que c'est un peu mon but quand je me gèle.
Quand je suis revenue à moi, grâce à l’air soufflé de la bouche de Philippe à la mienne, il avait dijoncté et me hurlait de respirer. J'essayais d'ouvrir mes paupières afin qu'il soit juste assez rassuré pour me laisser plâner en paix, mais je n'y arrivais pas. Il était complètement hystérique et ses poings m'ont presque défoncé la cage thoracique. "Merde" que j'ai pensé, et je l'ai peut-être dit. Je vennais de goûter au paradis et lui avait tout gâché. Il avait écourté mon voyage au pays des merveilles. En retrouvant ma conscience, je l'ai vu pleuré et ça m'a un peu consolé. J'ai cru, pendant un instant, qu'il m'aimait pour vrai. Ensuite, j'ai une fois de plus été forcée de réaliser que moi, c'est quand ma tête repose sur l'épaule de la mort que je me sens bien.
Pendant ce temps, Philippe essayait de me convaincre que j'avais besoin de soins médicaux. À peine avais-je repris mon souffle que j'étais obligé de l'écouter m'expliquer sa fameuse théorie selon laquelle, un overdose d'héroïne est toujours suivie d'une période critique de cinq heures où le coeur risque de lâcher une deuxième fois mais sans ne jamais redémarrer. Il était convaincu et sûrement convaincant mais tout ses mots ne réussissaient qu'à m'étourdir. Il était hors de question que j'aille m'allonger sur une civière froide, dans un corridor quelconque, à me faire massacrer les bras par des infirmières qui ne sont même pas foutues de trouver une veine. Rien n'aurait pu me forcer à sortir parmi tout ces gens qui ne sont pas de ma race.
Derrière mon épais masque d'indifférence je souhaitais tellement que Philippe ne finisse pas par partir, et qu'on évite le drame pour une fois. Rien qu'une seule putain de fois. Mais c'est raté. Il est parti en me crachant au visage que j'étais égoiste et que je méritais de crever toute seule...Dire que j'ai cru qu'il m'aimait. C'est lui l'égoiste, il mérite de revenir et me trouver morte! Mais malheureusement il ne reviendra pas, et puis je ne crèverai pas.
À l'instant même où j'écris ces mots, je sens mon âme meurtrie se diriger comme un somnambule, là où je me sens si confortable. Ayant pour seule compagne mon amie la seringue, je m'envolerai le temps d'un songe chaleureux. Pour vite oublier que cette seringue est en fait la pire enemie que ma vie ait connu. Malheureusement, il existe de ces fréquentations dont on ne se défait pas facilement. Moi je suis allergique aux états de conscience permanents. Toutes mes blessures, ainsi exposées et toujours à vif, finiraient par me tuer.
Un jour j'ai fait déboulé quelques poussières blanches au fond d'une cuillère. Avec un peu d'eau j'ai concocté ma potion magique. La chaleur ressentie au moment où cette potion a pénétré mon sang, n'a plus jamais quitté ma mémoire. J'avais été frappée par le genre de coup de foudre où on se dit naïvement "Enfin! Voilà ce que je cherche depuis toujours". Malgré les mises en garde, je suis devenue, sans m'en apercevoir, comme ces tristes fantômes errant sur les trottoirs, à qui je donnais des cigarettes en jalousant leur si totale indifférence. Je sais maintenant que dans chaque junkie il y a un peu de moi. Et j'ai à l'intérieur de moi, une partie de chacun d'eux.
Quand on regarde au delà du déguisement, du sourire angélique et au delà du toît sur ma tête que je ne tarderai pas à perdre, on voit bien que je ne suis pas différente d'eux. Mais personne ne regarde au delà de ce qu'il voit. Tout le monde s'en fout. Cette femme étrange, cette enfant au coeur infirme, que je détruis et rejette, elle me colle au derrière et je ne sais plus quoi en faire. Le dégoût et la haine qu'elle suscite en moi ne cesse de grandir et ce, malgré tout les détours que je fais pour éviter les mirroirs. Cette ombre de moi-même, pourtant pâle et faible, me poursuit et me hante avec une intensité suprenante.
Bien sûre j'aurais voulu que mes parents soient fiers de moi, mais j'ai échoué depuis fort longtemps. Je veux bien croire et accepter qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, mais c'est assez évident que le résultat est un désastre. Je ne pourrais pas dire quand exactement, mais j'ai finis par me résigner. Certains voient leur progéniture devenir des prêtres qui consacrent toute leur vie à l'adoration d'un Dieu qu'ils n'ont jamais vu, des criminels endurcis qui passent leur existence enfermés à l'abris de la vrai vie, ou des automates sages et fiers de traverser leur vie en la travaillant. Mes parents, eux, c'est une droguée qu'ils ont pour fille. Une junkie qui a appris l'alcool, la drogue et l'oubli, pour survivre aux tornades qui chavirent le coeur. Moi aussi je travaille fort. Je suis une automate finie, contrainte à me dévouer, et à adorer une substance qui m'assassine lentement et me retient prisonnière à des années lumière de la vrai vie. Moi, tout ce que je souhaite, c'est endormir cette existence et utiliser le peu d'énergie dont je dispose, pour éviter qu'elle ne s'éveille.
La semaine dernière, ma mère soudainement préocuppée par le sort de mes pieds, m'a acheté une belle paire de bottes pour ainsi prévenir de vilaines engelures à son restant de fille. Elle a même eu la rapidité d'esprit de les égratigner volontairement pour s'assurer que je n'essaierais pas de me les faire rembourser. Bravo maman...Mais quand je sors de chez moi c'est pour de la drogue, de l'argent, ou tout ce qui s'y rattache, alors franchement je ne vois pas comment je pourrais enfiler ces bottes. Les remords me remuent tellement les entrailles que j'ai envi de vômir rien qu'en les regardant.
La honte ne me laisse aucun répis. Bien des gens l'ignorent mais l'amour des autres est douloureux pour ceux qui détestent ce qu'ils sont, autant que la haine peut l'être pour les chanceux qui ont trouvé le secret de l'amour de soi. Mes parents m'ont donné "le cadeau de la vie" et seraient démollis de voir ce que j'en fais de leur cadeau...mais jamais aussi démollis que moi.
Je suis dans mon lit, mon petit univers. Je suis entourée d'une eau noire et assez profonde pour m'engloutir alors je ne veux être nul part ailleurs que sur cette île lointaine. J'écris à perdre haleine, comme si c'était la dernière fois. Depuis toujours, l'écriture est mon seul refuge, la seule amie qui ne m'ait jamais abandonné. Je réalise, sans surprise, que la théorie tordue de Philippe c'est de la merde puisque les heures passent et je suis toujours en vie...Enfin, autant que cela est possible de l'être et avec suffisament de force pour mettre mes tripes sur ce papier. Je n'en demande pas plus.
J'ai l'impression que mon coeur oublie de battre neuf fois sur dix. C'est une moyenne inquiétante mais j'en connais bien la cause. Mon coeur a besoin de Philippe. Besoin de sentir sa présence et entendre sa voix pour y trouver son rythme. Mon pauvre coeur handicapé, qu'il a apprivoisé, déshabillé, observé, compris, protégé, cassé, soigné...Et aimé à sa façon à lui. Il a fait pour mon coeur bien plus que je n'ai moi-même jamais été en mesure de faire. Et avec ce coeur malade moi je l'aime tant.
Si l'absence de drogue peut rendre mon amour encore plus grand et encore plus bouillant, alors je préfère ne jamais dégeler sinon je n'y survivrai pas. J'ignore comment aimer. J'ignore comment gérer cette brûlure dans mon ventre quand je le regarde dormir. Sur mon navire, il est le seul capitaine et c'est de mon plein gré que je lui confie les commandes. Ma confiance en lui n'a aucune barrière. Même ses mensonges sont pour moi des vérités. Quand il est là je me sens plus protégée que toutes les richesses de ce monde. Je n'ai pas peur de fermer mes yeux et le laisser me mener en bateau vers des pays inconnus.
Ce soir il a sauvé ma "presque vie" de ses mains, de son souffle, de son coeur. Puis, il est parti avec elle. Je voudrais qu'il soit ici et qu'il m'accompagne dans ce dernier voyage. Qu'il m'écoute lui promettre que demain je serai sage, et qu'il me croit. Pour lui répéter cent fois combien je l'aime et lui confesser tout ce qu'il sait déjà, tout ce qu'il a su avant moi. Faire comme si cette saleté de drogue n'avait jamais construit de mur entre lui et moi. Je sens qu'il ne me reste que très peu de temps sur cette triste planète et je me demande pourquoi il est si difficle de quitter un ciel si gris. Ce n'est pas que je tienne vraiment à la vie mais je n'aurais jamais cru m'éteindre ainsi. Je souhaite seulement que ma douleur disparaisse en même temps que ma vie. Je suis si fatiguée, et si seule, et si minuscule, et si loin...
Hier soir, un appel anonyme a conduit les policiers du SPVM dans un appartement du plateau mont-royal à l'intersection des rues messier et rachel, où ils ont fait la maccabre découverte du corps inanimé d'une jeune femme dans la vingtaine. Bien que la cause exacte de son décès soit encore inconnue, tout porte à croire qu'elle aurait succombé à une surdose d'héroïne. En arrivant sur les lieux, les secours ont trouvé la femme au lit, recroquevillée sous les couvertures. Un crayon et quelques feuilles éparpillées autours du cadavre, indiquent qu'elle aurait consacré ses derniers moments de lucidité à l'écriture d'une lettre. Ces documents seront évidement étudiés par les enquêteurs afin de déterminer si elle aurait pu choisir volontairement de mettre fin à ses jours. Fait plutôt étrange, on aurait aussi trouvé une paire de bottes retenues fermement par la victime contre son coeur qui avait malheureusement cessé de battre.
J'ai écrit cette nouvelle dans une autre vie...Dans une vie qui ne m'appartenait pas. L'amour malade, le poison dans les veines, le mal de vivre, les bottes égratignées par ma mère, l'"overdose", tout les faits de cette nuit évoquée sont malheureusement véridiques. Sauf la fin, évidement. Si je n'avais pas été fidèle à moi-même ce soir là en acceptant que Philippe prenne les commandes et appelle une ambulance, je ne serais pas là aujourd'hui pour partager avec vous un petit bout de cet enfer. Je l'ai accompagné jusqu'à l'hopital où nous sommes restés cinq longues heures. Ils ont fait en sorte que mon coeur ne lâche pas une deuxième fois et vous n'avez pas idée à quel point je remercie le ciel chaque jour que ça ce soit passé ainsi. Toutes les pires journées vécues dans ma nouvelle vie, n'arriveront jamais à me détruire autant qu'une seule journée de cette encienne vie. Aujourd'hui, ma vie m'appartient et me rappeler d'où je viens est le meilleur moyen pour ne jamais y retourner.
Je suis toute seule maintenant et c'est sûrement mieux ainsi. Philippe vient de partir en claquant la porte, encore une fois. Je sais trop bien que dans quelques heures, quelques jours tout au plus, il reviendra escalader mon balcon comme il en a l'habitude. Il entrera sans frapper, et se dirigera vers le frigo, souhaitant stupidement qu'il se soit auto-rempli pendant sa courte absence. Et il se réinstallera dans le désert de ma vie en attendant la prochaine tempête. Pourtant, chaque fois qu'il me quitte la peur de manquer d'air m'envahit. Ce soir, la culpabilité me dévaste. Un peu comme la larve d'un gigantesque volcan qui n'en finit plus de déborder en brûlant tout sur son passage. Je dois avoir surestimé le pouvoir de mon poison puisque je pleure bien plus que je ne plâne. Je suis décue que la drogue ne réussisse plus à, ni sécher les larmes dans mes yeux, ni anesthésier ma douleur. Il n'a pas le droit de m'abandonner ainsi, seule au milieu de ce superbe enfer que nous avons pourtant construit ensemble. Un horrible monstre, voilà ce qu'il est...et ce qu'il a fait de moi.
La journée avait pourtant bien débuté. Deux seringues attendaient sagement que nos bras se réveillent et Philippe était tout joyeux: Il n'en fallait pas plus pour que je sois comblée. Comme c'est toujours plus facile de trouver de l'argent quand je ne souffre pas du manque, je suis allée porter mon vidéo au "pawn shop" pour la centième fois et j'ai eu en échange plus d'argent que je ne le prévoyais. Cela a suffit pour que j'évite les affreux remords habituels. En rentrant, je suis passée devant un fleuriste et me suis surprise à m'imaginer, telle un femme respectable à qui l'on offre ce genre de bouquet. Quand je suis arrivée, Philippe m'a acceuilli avec des bêtises, ce qui m'a vite remis les pieds sur terre. Monsieur me reprochait d'avoir pris trop de temps. Ce fût ensuite son tour de sortir pour acheter nos précieuses doses. J'ai trouvé qu'il avait lui aussi pris trop de temps mais j'ai choisis de me taire à son retour. J'avais mieux à faire.
C'est moi qui ai séparé les portions, en prennant bien soin de ne pas oublier, que c'était mon vidéo à moi qu'on s'apprêtait à se shooter. Il a grogné que la quantité était trop grande pour ma carcasse et que c'était dangeureux. J'ai souris parce qu'en fait, c'est toujours dangeureux quand on s'injecte de la drogue dans les veines, C'est juste qu'on y pense pas. Alors je l'ai traité de jaloux pendant que l'aiguille perçait ma peau suppliante. Effectivement, c'était trop. J'ai complètement perdu la carte mais c'était loin d'être la première fois. J'avoue que c'est un peu mon but quand je me gèle.
Quand je suis revenue à moi, grâce à l’air soufflé de la bouche de Philippe à la mienne, il avait dijoncté et me hurlait de respirer. J'essayais d'ouvrir mes paupières afin qu'il soit juste assez rassuré pour me laisser plâner en paix, mais je n'y arrivais pas. Il était complètement hystérique et ses poings m'ont presque défoncé la cage thoracique. "Merde" que j'ai pensé, et je l'ai peut-être dit. Je vennais de goûter au paradis et lui avait tout gâché. Il avait écourté mon voyage au pays des merveilles. En retrouvant ma conscience, je l'ai vu pleuré et ça m'a un peu consolé. J'ai cru, pendant un instant, qu'il m'aimait pour vrai. Ensuite, j'ai une fois de plus été forcée de réaliser que moi, c'est quand ma tête repose sur l'épaule de la mort que je me sens bien.
Pendant ce temps, Philippe essayait de me convaincre que j'avais besoin de soins médicaux. À peine avais-je repris mon souffle que j'étais obligé de l'écouter m'expliquer sa fameuse théorie selon laquelle, un overdose d'héroïne est toujours suivie d'une période critique de cinq heures où le coeur risque de lâcher une deuxième fois mais sans ne jamais redémarrer. Il était convaincu et sûrement convaincant mais tout ses mots ne réussissaient qu'à m'étourdir. Il était hors de question que j'aille m'allonger sur une civière froide, dans un corridor quelconque, à me faire massacrer les bras par des infirmières qui ne sont même pas foutues de trouver une veine. Rien n'aurait pu me forcer à sortir parmi tout ces gens qui ne sont pas de ma race.
Derrière mon épais masque d'indifférence je souhaitais tellement que Philippe ne finisse pas par partir, et qu'on évite le drame pour une fois. Rien qu'une seule putain de fois. Mais c'est raté. Il est parti en me crachant au visage que j'étais égoiste et que je méritais de crever toute seule...Dire que j'ai cru qu'il m'aimait. C'est lui l'égoiste, il mérite de revenir et me trouver morte! Mais malheureusement il ne reviendra pas, et puis je ne crèverai pas.
À l'instant même où j'écris ces mots, je sens mon âme meurtrie se diriger comme un somnambule, là où je me sens si confortable. Ayant pour seule compagne mon amie la seringue, je m'envolerai le temps d'un songe chaleureux. Pour vite oublier que cette seringue est en fait la pire enemie que ma vie ait connu. Malheureusement, il existe de ces fréquentations dont on ne se défait pas facilement. Moi je suis allergique aux états de conscience permanents. Toutes mes blessures, ainsi exposées et toujours à vif, finiraient par me tuer.
Un jour j'ai fait déboulé quelques poussières blanches au fond d'une cuillère. Avec un peu d'eau j'ai concocté ma potion magique. La chaleur ressentie au moment où cette potion a pénétré mon sang, n'a plus jamais quitté ma mémoire. J'avais été frappée par le genre de coup de foudre où on se dit naïvement "Enfin! Voilà ce que je cherche depuis toujours". Malgré les mises en garde, je suis devenue, sans m'en apercevoir, comme ces tristes fantômes errant sur les trottoirs, à qui je donnais des cigarettes en jalousant leur si totale indifférence. Je sais maintenant que dans chaque junkie il y a un peu de moi. Et j'ai à l'intérieur de moi, une partie de chacun d'eux.
Quand on regarde au delà du déguisement, du sourire angélique et au delà du toît sur ma tête que je ne tarderai pas à perdre, on voit bien que je ne suis pas différente d'eux. Mais personne ne regarde au delà de ce qu'il voit. Tout le monde s'en fout. Cette femme étrange, cette enfant au coeur infirme, que je détruis et rejette, elle me colle au derrière et je ne sais plus quoi en faire. Le dégoût et la haine qu'elle suscite en moi ne cesse de grandir et ce, malgré tout les détours que je fais pour éviter les mirroirs. Cette ombre de moi-même, pourtant pâle et faible, me poursuit et me hante avec une intensité suprenante.
Bien sûre j'aurais voulu que mes parents soient fiers de moi, mais j'ai échoué depuis fort longtemps. Je veux bien croire et accepter qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, mais c'est assez évident que le résultat est un désastre. Je ne pourrais pas dire quand exactement, mais j'ai finis par me résigner. Certains voient leur progéniture devenir des prêtres qui consacrent toute leur vie à l'adoration d'un Dieu qu'ils n'ont jamais vu, des criminels endurcis qui passent leur existence enfermés à l'abris de la vrai vie, ou des automates sages et fiers de traverser leur vie en la travaillant. Mes parents, eux, c'est une droguée qu'ils ont pour fille. Une junkie qui a appris l'alcool, la drogue et l'oubli, pour survivre aux tornades qui chavirent le coeur. Moi aussi je travaille fort. Je suis une automate finie, contrainte à me dévouer, et à adorer une substance qui m'assassine lentement et me retient prisonnière à des années lumière de la vrai vie. Moi, tout ce que je souhaite, c'est endormir cette existence et utiliser le peu d'énergie dont je dispose, pour éviter qu'elle ne s'éveille.
La semaine dernière, ma mère soudainement préocuppée par le sort de mes pieds, m'a acheté une belle paire de bottes pour ainsi prévenir de vilaines engelures à son restant de fille. Elle a même eu la rapidité d'esprit de les égratigner volontairement pour s'assurer que je n'essaierais pas de me les faire rembourser. Bravo maman...Mais quand je sors de chez moi c'est pour de la drogue, de l'argent, ou tout ce qui s'y rattache, alors franchement je ne vois pas comment je pourrais enfiler ces bottes. Les remords me remuent tellement les entrailles que j'ai envi de vômir rien qu'en les regardant.
La honte ne me laisse aucun répis. Bien des gens l'ignorent mais l'amour des autres est douloureux pour ceux qui détestent ce qu'ils sont, autant que la haine peut l'être pour les chanceux qui ont trouvé le secret de l'amour de soi. Mes parents m'ont donné "le cadeau de la vie" et seraient démollis de voir ce que j'en fais de leur cadeau...mais jamais aussi démollis que moi.
Je suis dans mon lit, mon petit univers. Je suis entourée d'une eau noire et assez profonde pour m'engloutir alors je ne veux être nul part ailleurs que sur cette île lointaine. J'écris à perdre haleine, comme si c'était la dernière fois. Depuis toujours, l'écriture est mon seul refuge, la seule amie qui ne m'ait jamais abandonné. Je réalise, sans surprise, que la théorie tordue de Philippe c'est de la merde puisque les heures passent et je suis toujours en vie...Enfin, autant que cela est possible de l'être et avec suffisament de force pour mettre mes tripes sur ce papier. Je n'en demande pas plus.
J'ai l'impression que mon coeur oublie de battre neuf fois sur dix. C'est une moyenne inquiétante mais j'en connais bien la cause. Mon coeur a besoin de Philippe. Besoin de sentir sa présence et entendre sa voix pour y trouver son rythme. Mon pauvre coeur handicapé, qu'il a apprivoisé, déshabillé, observé, compris, protégé, cassé, soigné...Et aimé à sa façon à lui. Il a fait pour mon coeur bien plus que je n'ai moi-même jamais été en mesure de faire. Et avec ce coeur malade moi je l'aime tant.
Si l'absence de drogue peut rendre mon amour encore plus grand et encore plus bouillant, alors je préfère ne jamais dégeler sinon je n'y survivrai pas. J'ignore comment aimer. J'ignore comment gérer cette brûlure dans mon ventre quand je le regarde dormir. Sur mon navire, il est le seul capitaine et c'est de mon plein gré que je lui confie les commandes. Ma confiance en lui n'a aucune barrière. Même ses mensonges sont pour moi des vérités. Quand il est là je me sens plus protégée que toutes les richesses de ce monde. Je n'ai pas peur de fermer mes yeux et le laisser me mener en bateau vers des pays inconnus.
Ce soir il a sauvé ma "presque vie" de ses mains, de son souffle, de son coeur. Puis, il est parti avec elle. Je voudrais qu'il soit ici et qu'il m'accompagne dans ce dernier voyage. Qu'il m'écoute lui promettre que demain je serai sage, et qu'il me croit. Pour lui répéter cent fois combien je l'aime et lui confesser tout ce qu'il sait déjà, tout ce qu'il a su avant moi. Faire comme si cette saleté de drogue n'avait jamais construit de mur entre lui et moi. Je sens qu'il ne me reste que très peu de temps sur cette triste planète et je me demande pourquoi il est si difficle de quitter un ciel si gris. Ce n'est pas que je tienne vraiment à la vie mais je n'aurais jamais cru m'éteindre ainsi. Je souhaite seulement que ma douleur disparaisse en même temps que ma vie. Je suis si fatiguée, et si seule, et si minuscule, et si loin...
Hier soir, un appel anonyme a conduit les policiers du SPVM dans un appartement du plateau mont-royal à l'intersection des rues messier et rachel, où ils ont fait la maccabre découverte du corps inanimé d'une jeune femme dans la vingtaine. Bien que la cause exacte de son décès soit encore inconnue, tout porte à croire qu'elle aurait succombé à une surdose d'héroïne. En arrivant sur les lieux, les secours ont trouvé la femme au lit, recroquevillée sous les couvertures. Un crayon et quelques feuilles éparpillées autours du cadavre, indiquent qu'elle aurait consacré ses derniers moments de lucidité à l'écriture d'une lettre. Ces documents seront évidement étudiés par les enquêteurs afin de déterminer si elle aurait pu choisir volontairement de mettre fin à ses jours. Fait plutôt étrange, on aurait aussi trouvé une paire de bottes retenues fermement par la victime contre son coeur qui avait malheureusement cessé de battre.
J'ai écrit cette nouvelle dans une autre vie...Dans une vie qui ne m'appartenait pas. L'amour malade, le poison dans les veines, le mal de vivre, les bottes égratignées par ma mère, l'"overdose", tout les faits de cette nuit évoquée sont malheureusement véridiques. Sauf la fin, évidement. Si je n'avais pas été fidèle à moi-même ce soir là en acceptant que Philippe prenne les commandes et appelle une ambulance, je ne serais pas là aujourd'hui pour partager avec vous un petit bout de cet enfer. Je l'ai accompagné jusqu'à l'hopital où nous sommes restés cinq longues heures. Ils ont fait en sorte que mon coeur ne lâche pas une deuxième fois et vous n'avez pas idée à quel point je remercie le ciel chaque jour que ça ce soit passé ainsi. Toutes les pires journées vécues dans ma nouvelle vie, n'arriveront jamais à me détruire autant qu'une seule journée de cette encienne vie. Aujourd'hui, ma vie m'appartient et me rappeler d'où je viens est le meilleur moyen pour ne jamais y retourner.
lundi 23 mars 2009
Comme si le chômage n'était pas suffisant.
Je viens de passer la pire nuit de toute ma vie, mise à part celles où j’étais rongée par le manque d’héroïne il y a de ça plus d’une décennie. Je vais vous écorcher les yeux avec mes mots sales, avec mon auto-flagellation. Je vais installer le malaise en vous, un malaise qui sera un million de fois moins pire que celui qui m’habite actuellement. Je vais gâcher l’image que l’on se fait de la lune.
Je vais vous gâcher votre lune.
Et le pire c’est que vous ne pourrez jamais soupçonner toute la laideur dans la laquelle je baigne et me noie, et qui colle à moi comme de la boue vaseuse.
Le jour où j’ai arrêté de me détruire à coup d’aiguille dans les bras, je me suis fait le serment de ne plus jamais me rabaisser pour QUOI que ce soit, ni pour QUI que ce soit. J’ai réitéré ce serment plus d’une fois, toujours aussi ferme dans cet engagement envers moi-même. Je n’y ai jamais dérogé, jamais. Jusqu’à cette nuit. Toute la monstruosité qui peut exister et dormir dans le coeur d’une personne, moi je l’ai réveillée, je l’ai laissé respirer, hurler, cracher, je lui ai laissé toute la place, faisant ombrage à une beauté rendue si loin en moi maintenant que je me demande si elle est bien réelle.
Si toute cette folie m’avait permis d’obtenir un millième de ce que je souhaitais, de ce que mon coeur réclamait, ça aurait valu la peine. Malheureusement, cette folie ne m’a rien apporté, elle m’a plutôt arraché cruellement le peu qu’il me restait et que je ne voulais pas perdre.
Vous savez, tout ce qu’on peut détester d’un être humain, qui nous donne envi de le fuir, de courrir très loin sans ne jamais se retourner, pour oublier qu’on l’a connu, oublier toute cette horreur qui pèse si lourd et nous empêche de bien respirer, s’en sauver vite et prier pour ne plus jamais se retrouver seule avec elle? Toute cette merde dégoûtante s’est incarnée en moi l’instant d’une nuit. Une affreuse nuit qui refuse de finir malgré que le soleil ait eu le temps de se lever puis se recoucher, déjà. Une affreuse nuit qui me garde en otage dans le noir d’une cave froide où j’existe à peine. Mon âme a beau hurler, personne ne l’entend, je suis trop loin, trop perdue, trop démollie, trop basse, trop enlaidie par cette monstruosité que je ne me pardonnerai jamais. Jamais. Et je me déteste tant.
Je me suis sentie, pendant un temps trop court, femme, belle, désirable, aimable et d’agréable compagnie, maintenant, je me sens toute petite, miniature, minable, risible, invisible, vide et horriblement laide. Je sais trop bien que c’est l’image que le mirroir me reflèterait si seulement j’avais le courage d’y plonger mes yeux bouffis. J’ai rampé comme une chienne hideuse à qui on a scié les quattre pattes, à qui on a arraché le coeur et crevé les yeux.
Dans un moment de désespoir, j’ai pris ma dignité, et espérant qu’on lui redonne vie, je l’ai garroché dans des mains qui n’en avaient plus rien à cirer. Des mains maladroites trop occupées à sauver sa propre peau, à gérer le monstre qui me possédait et à chercher un moyen de s’en défaire, enfin. Des mains autrefois douces et chaudes, devenues froides, repoussantes, appeurées, vides et décidées à ne plus rien m’offrir.
Pour regagner ce qu'on me refusait, j’ai détruit, j’ai tenté de réparer, puis j’ai REdétruit, puis REntenté de réparer. Je me suis acharnée, même si je sais combien c’est impossible et inutile de tenter ce genre de réparation, surtout quand on est PAS LA SEULE à détruire mais qu’on est LA SEULE à vouloir désespérément réparer. Le plus pathétique est que je souhaite encore réparer, tout effacer, recommencer à neuf, faire mieux, faire plus, pour regoûter aux saveurs exquises qui m’ont été si généreusement offert et que je n’ai pas su apprécier adéquatement, j’ignore seulement comment le faire et encore faudrait-il qu’on m’en donne la chance...Mais comment donner cette chance à cet être humain monstrueux qu’on désire fuir en courant à toute vitesse?
Peut-être ne suis-je tout simplement pas douée pour la réparation, comme je ne suis pas douée pour accepter le rejet. Je hais la pitié et pourtant, celle que je ressens à mon égard est si intense que ça me donne envi de vomir. Il est sûrement inutile de vous préciser que je ne veux pas de la pitié de qui que ce soit, ça m’achèverait. Je me sens si seule au monde...Impuissante, ne pouvant plus rien faire, rien dire. Abandonnée par tout, même la raison.
Il y a ceux qui ont toujours raison et qui ne perdent jamais le contrôle, et il y a ceux qui perdent la raison à vouloir avoir raison et qui perdent le contrôle à vouloir contrôler. Les uns ne sont pas mieux que les autres, sauf que c’est vachement plus souffrant quand on fait partie de la deuxième catégorie.
Maintenant je voudrais assassiner ce monstre qui m’enlaidit et que je déteste, pour retrouver enfin ma dignité. Je voudrais réussir à me convaincre qu’on aimera à nouveau la lune en oubliant un peu le monstre qui se cache derrière...Ou du moins qu’on l'acceptera, qu'on lui pardonnera, que LUI me pardonnera, ce que je n’arrive pas moi-même à me pardonner.
En attendant j’essaie en vain de digérer ce gâchis dont je ne peux être la seule responsable. Je n’ai de force que pour me laisser grignoter l’intérieur par la douleur, petit à petit, et attendre un pardon qui ne viendra jamais, une main qui ne se tendra sûrement jamais. Même si je ne suis définitivement pas non plus douée pour attendre dans la passivité...Ça me tue.
J’ai au moins eu l’illusion d’être moins passive le temps d’écrire tout ça, mais ça aura été bien éphémère.
Après tout, JE SUIS UNE SALOPE.
Je vais donc continuer de ramper comme une chienne hideuse et STUPIDEMENT CONFIANTE à qui on a coupé les quattre pattes, arraché le coeur et crevé les yeux.
Je viens de passer la pire nuit de toute ma vie, mise à part celles où j’étais rongée par le manque d’héroïne il y a de ça plus d’une décennie. Je vais vous écorcher les yeux avec mes mots sales, avec mon auto-flagellation. Je vais installer le malaise en vous, un malaise qui sera un million de fois moins pire que celui qui m’habite actuellement. Je vais gâcher l’image que l’on se fait de la lune.
Je vais vous gâcher votre lune.
Et le pire c’est que vous ne pourrez jamais soupçonner toute la laideur dans la laquelle je baigne et me noie, et qui colle à moi comme de la boue vaseuse.
Le jour où j’ai arrêté de me détruire à coup d’aiguille dans les bras, je me suis fait le serment de ne plus jamais me rabaisser pour QUOI que ce soit, ni pour QUI que ce soit. J’ai réitéré ce serment plus d’une fois, toujours aussi ferme dans cet engagement envers moi-même. Je n’y ai jamais dérogé, jamais. Jusqu’à cette nuit. Toute la monstruosité qui peut exister et dormir dans le coeur d’une personne, moi je l’ai réveillée, je l’ai laissé respirer, hurler, cracher, je lui ai laissé toute la place, faisant ombrage à une beauté rendue si loin en moi maintenant que je me demande si elle est bien réelle.
Si toute cette folie m’avait permis d’obtenir un millième de ce que je souhaitais, de ce que mon coeur réclamait, ça aurait valu la peine. Malheureusement, cette folie ne m’a rien apporté, elle m’a plutôt arraché cruellement le peu qu’il me restait et que je ne voulais pas perdre.
Vous savez, tout ce qu’on peut détester d’un être humain, qui nous donne envi de le fuir, de courrir très loin sans ne jamais se retourner, pour oublier qu’on l’a connu, oublier toute cette horreur qui pèse si lourd et nous empêche de bien respirer, s’en sauver vite et prier pour ne plus jamais se retrouver seule avec elle? Toute cette merde dégoûtante s’est incarnée en moi l’instant d’une nuit. Une affreuse nuit qui refuse de finir malgré que le soleil ait eu le temps de se lever puis se recoucher, déjà. Une affreuse nuit qui me garde en otage dans le noir d’une cave froide où j’existe à peine. Mon âme a beau hurler, personne ne l’entend, je suis trop loin, trop perdue, trop démollie, trop basse, trop enlaidie par cette monstruosité que je ne me pardonnerai jamais. Jamais. Et je me déteste tant.
Je me suis sentie, pendant un temps trop court, femme, belle, désirable, aimable et d’agréable compagnie, maintenant, je me sens toute petite, miniature, minable, risible, invisible, vide et horriblement laide. Je sais trop bien que c’est l’image que le mirroir me reflèterait si seulement j’avais le courage d’y plonger mes yeux bouffis. J’ai rampé comme une chienne hideuse à qui on a scié les quattre pattes, à qui on a arraché le coeur et crevé les yeux.
Dans un moment de désespoir, j’ai pris ma dignité, et espérant qu’on lui redonne vie, je l’ai garroché dans des mains qui n’en avaient plus rien à cirer. Des mains maladroites trop occupées à sauver sa propre peau, à gérer le monstre qui me possédait et à chercher un moyen de s’en défaire, enfin. Des mains autrefois douces et chaudes, devenues froides, repoussantes, appeurées, vides et décidées à ne plus rien m’offrir.
Pour regagner ce qu'on me refusait, j’ai détruit, j’ai tenté de réparer, puis j’ai REdétruit, puis REntenté de réparer. Je me suis acharnée, même si je sais combien c’est impossible et inutile de tenter ce genre de réparation, surtout quand on est PAS LA SEULE à détruire mais qu’on est LA SEULE à vouloir désespérément réparer. Le plus pathétique est que je souhaite encore réparer, tout effacer, recommencer à neuf, faire mieux, faire plus, pour regoûter aux saveurs exquises qui m’ont été si généreusement offert et que je n’ai pas su apprécier adéquatement, j’ignore seulement comment le faire et encore faudrait-il qu’on m’en donne la chance...Mais comment donner cette chance à cet être humain monstrueux qu’on désire fuir en courant à toute vitesse?
Peut-être ne suis-je tout simplement pas douée pour la réparation, comme je ne suis pas douée pour accepter le rejet. Je hais la pitié et pourtant, celle que je ressens à mon égard est si intense que ça me donne envi de vomir. Il est sûrement inutile de vous préciser que je ne veux pas de la pitié de qui que ce soit, ça m’achèverait. Je me sens si seule au monde...Impuissante, ne pouvant plus rien faire, rien dire. Abandonnée par tout, même la raison.
Il y a ceux qui ont toujours raison et qui ne perdent jamais le contrôle, et il y a ceux qui perdent la raison à vouloir avoir raison et qui perdent le contrôle à vouloir contrôler. Les uns ne sont pas mieux que les autres, sauf que c’est vachement plus souffrant quand on fait partie de la deuxième catégorie.
Maintenant je voudrais assassiner ce monstre qui m’enlaidit et que je déteste, pour retrouver enfin ma dignité. Je voudrais réussir à me convaincre qu’on aimera à nouveau la lune en oubliant un peu le monstre qui se cache derrière...Ou du moins qu’on l'acceptera, qu'on lui pardonnera, que LUI me pardonnera, ce que je n’arrive pas moi-même à me pardonner.
En attendant j’essaie en vain de digérer ce gâchis dont je ne peux être la seule responsable. Je n’ai de force que pour me laisser grignoter l’intérieur par la douleur, petit à petit, et attendre un pardon qui ne viendra jamais, une main qui ne se tendra sûrement jamais. Même si je ne suis définitivement pas non plus douée pour attendre dans la passivité...Ça me tue.
J’ai au moins eu l’illusion d’être moins passive le temps d’écrire tout ça, mais ça aura été bien éphémère.
Après tout, JE SUIS UNE SALOPE.
Je vais donc continuer de ramper comme une chienne hideuse et STUPIDEMENT CONFIANTE à qui on a coupé les quattre pattes, arraché le coeur et crevé les yeux.
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