Comme si le chômage n'était pas suffisant.
Je viens de passer la pire nuit de toute ma vie, mise à part celles où j’étais rongée par le manque d’héroïne il y a de ça plus d’une décennie. Je vais vous écorcher les yeux avec mes mots sales, avec mon auto-flagellation. Je vais installer le malaise en vous, un malaise qui sera un million de fois moins pire que celui qui m’habite actuellement. Je vais gâcher l’image que l’on se fait de la lune.
Je vais vous gâcher votre lune.
Et le pire c’est que vous ne pourrez jamais soupçonner toute la laideur dans la laquelle je baigne et me noie, et qui colle à moi comme de la boue vaseuse.
Le jour où j’ai arrêté de me détruire à coup d’aiguille dans les bras, je me suis fait le serment de ne plus jamais me rabaisser pour QUOI que ce soit, ni pour QUI que ce soit. J’ai réitéré ce serment plus d’une fois, toujours aussi ferme dans cet engagement envers moi-même. Je n’y ai jamais dérogé, jamais. Jusqu’à cette nuit. Toute la monstruosité qui peut exister et dormir dans le coeur d’une personne, moi je l’ai réveillée, je l’ai laissé respirer, hurler, cracher, je lui ai laissé toute la place, faisant ombrage à une beauté rendue si loin en moi maintenant que je me demande si elle est bien réelle.
Si toute cette folie m’avait permis d’obtenir un millième de ce que je souhaitais, de ce que mon coeur réclamait, ça aurait valu la peine. Malheureusement, cette folie ne m’a rien apporté, elle m’a plutôt arraché cruellement le peu qu’il me restait et que je ne voulais pas perdre.
Vous savez, tout ce qu’on peut détester d’un être humain, qui nous donne envi de le fuir, de courrir très loin sans ne jamais se retourner, pour oublier qu’on l’a connu, oublier toute cette horreur qui pèse si lourd et nous empêche de bien respirer, s’en sauver vite et prier pour ne plus jamais se retrouver seule avec elle? Toute cette merde dégoûtante s’est incarnée en moi l’instant d’une nuit. Une affreuse nuit qui refuse de finir malgré que le soleil ait eu le temps de se lever puis se recoucher, déjà. Une affreuse nuit qui me garde en otage dans le noir d’une cave froide où j’existe à peine. Mon âme a beau hurler, personne ne l’entend, je suis trop loin, trop perdue, trop démollie, trop basse, trop enlaidie par cette monstruosité que je ne me pardonnerai jamais. Jamais. Et je me déteste tant.
Je me suis sentie, pendant un temps trop court, femme, belle, désirable, aimable et d’agréable compagnie, maintenant, je me sens toute petite, miniature, minable, risible, invisible, vide et horriblement laide. Je sais trop bien que c’est l’image que le mirroir me reflèterait si seulement j’avais le courage d’y plonger mes yeux bouffis. J’ai rampé comme une chienne hideuse à qui on a scié les quattre pattes, à qui on a arraché le coeur et crevé les yeux.
Dans un moment de désespoir, j’ai pris ma dignité, et espérant qu’on lui redonne vie, je l’ai garroché dans des mains qui n’en avaient plus rien à cirer. Des mains maladroites trop occupées à sauver sa propre peau, à gérer le monstre qui me possédait et à chercher un moyen de s’en défaire, enfin. Des mains autrefois douces et chaudes, devenues froides, repoussantes, appeurées, vides et décidées à ne plus rien m’offrir.
Pour regagner ce qu'on me refusait, j’ai détruit, j’ai tenté de réparer, puis j’ai REdétruit, puis REntenté de réparer. Je me suis acharnée, même si je sais combien c’est impossible et inutile de tenter ce genre de réparation, surtout quand on est PAS LA SEULE à détruire mais qu’on est LA SEULE à vouloir désespérément réparer. Le plus pathétique est que je souhaite encore réparer, tout effacer, recommencer à neuf, faire mieux, faire plus, pour regoûter aux saveurs exquises qui m’ont été si généreusement offert et que je n’ai pas su apprécier adéquatement, j’ignore seulement comment le faire et encore faudrait-il qu’on m’en donne la chance...Mais comment donner cette chance à cet être humain monstrueux qu’on désire fuir en courant à toute vitesse?
Peut-être ne suis-je tout simplement pas douée pour la réparation, comme je ne suis pas douée pour accepter le rejet. Je hais la pitié et pourtant, celle que je ressens à mon égard est si intense que ça me donne envi de vomir. Il est sûrement inutile de vous préciser que je ne veux pas de la pitié de qui que ce soit, ça m’achèverait. Je me sens si seule au monde...Impuissante, ne pouvant plus rien faire, rien dire. Abandonnée par tout, même la raison.
Il y a ceux qui ont toujours raison et qui ne perdent jamais le contrôle, et il y a ceux qui perdent la raison à vouloir avoir raison et qui perdent le contrôle à vouloir contrôler. Les uns ne sont pas mieux que les autres, sauf que c’est vachement plus souffrant quand on fait partie de la deuxième catégorie.
Maintenant je voudrais assassiner ce monstre qui m’enlaidit et que je déteste, pour retrouver enfin ma dignité. Je voudrais réussir à me convaincre qu’on aimera à nouveau la lune en oubliant un peu le monstre qui se cache derrière...Ou du moins qu’on l'acceptera, qu'on lui pardonnera, que LUI me pardonnera, ce que je n’arrive pas moi-même à me pardonner.
En attendant j’essaie en vain de digérer ce gâchis dont je ne peux être la seule responsable. Je n’ai de force que pour me laisser grignoter l’intérieur par la douleur, petit à petit, et attendre un pardon qui ne viendra jamais, une main qui ne se tendra sûrement jamais. Même si je ne suis définitivement pas non plus douée pour attendre dans la passivité...Ça me tue.
J’ai au moins eu l’illusion d’être moins passive le temps d’écrire tout ça, mais ça aura été bien éphémère.
Après tout, JE SUIS UNE SALOPE.
Je vais donc continuer de ramper comme une chienne hideuse et STUPIDEMENT CONFIANTE à qui on a coupé les quattre pattes, arraché le coeur et crevé les yeux.
lundi 23 mars 2009
vendredi 20 mars 2009
Une lune au chômage
La semaine dernière j’ai perdu mon emploi. Oui je sais, nous sommes des milliers à vivre cette situation en ces temps de « crise économique ». Tant qu’à moi, je trouve qu’elle le dos large cette « crise économique ». Ce que je m’apprête à écrire n’a rien de bien excitant mais si vous saviez comme j’ai besoin de sortir tout ça de moi.
La semaine dernière, j’ai eu de la difficulté à me lever chaque matin. C’était pire que jamais. Malgré tout, je me rendais au travail avec le sourire et exécutais les ordres de ma supérieure immédiate de plus en plus exigeante, même quand cela n’avait aucun bon sens. J’étais attentionnée avec mes employés en me disant qu’il n’avait pas à payer pour ma fatigue. Je me disais que ça allait passer, j’étais optimiste, vraiment.
Jeudi je me suis rendue au bureau toujours tiraillée entre une fatigue extrême et un optimisme à toute épreuve. Après deux heures de travail acharné j’ai entendu la voix de ma supérieure qui me demandait de me rendre dans la salle de conférence. Je m’y suis rendue, et dès que je suis entrée et que je l’ai vue en compagnie d’une autre employée cadre, j’ai vite compris de quoi il en retournait. Je ne pouvais pas y croire. Elle était visiblement nerveuse et laissez-moi vous dire que ça ne m’a pas dutout attendrie. J’avais plutôt envie de lui sauter au visage.
Elle m’a annoncé qu’elle mettait fin à mon emploi pour cause de "restructuration" et m’a remis une lettre de licenciement. Elle a ensuite enchaînée en me demandant (que dis-je! En m’ordonnant) de lui remettre les clés de mon bureau, immédiatement. J’ai alors saisis qu’on ne me laissait même pas terminer ma journée. Elle m’a bien expliqué qu’elle ferait sortir mon équipe du bureau pendant que j’irais rammasser mes affaires escortée par l’autre cadre, et que je ne pourrais même pas leur faire mes adieux. J’étais renvoyée comme une vulgaire merde, comme une voleuse, comme une fraudeuse ou je ne sais quoi d’autre. J’avais envi de hurler parce que je savais pertinement que la coupure de mon poste n’avait jamais été prévue dans cette restructuration. Le directeur général m’avait même rassuré au sujet de cette restructuration, en me disant que je n’avais rien à craindre, que j’occupais un poste clé et que j’étais la meilleur pour remplir ce rôle. Je sais qu’il était sincère et que c’est plutôt elle qui a tout manigancé. Je savais que sa décision était personnelle et non professionnelle.
Je savais qu’elle mourrait d’envi de se débarrasser de moi depuis le premier jour de notre collaboration mais je n’aurais pas cru qu’elle serait assez inconsciente pour le faire aussi rapidement. Quoi qu’il en soit, elle a cru à tord qu’elle pouvait couper mon poste et redistribuer mes tâches sans que cela n’affecte le département. Très bientôt, elle va sérieusement regretter de ne pas m’avoir au moins laissé le temps de transmettre mes connaissances avant de me foutre à la porte. Parce qu’honnêtement, bien que je sois consciente que personne n'est irremplaçable, je suis persuadée qu’elle a fait une grosse erreur. Certaines des informations concernant ce département n’existent que dans ma tête et n’avaient encore jamais été écrites parce qu’on ne m’a jamais donné le temps de le faire. C’est une des nombreuses choses qu’elle a choisi d'ignorer, même si je lui en avait fait part à plusieurs reprises.
Nous nous sommes donc rendus à mon bureau afin que je vide la place, ce que j’ai fait avec la vitesse de l’éclair. J’étais totalement envahie par une rage incroyable et je ne comprends toujours pas par quel miracle j’ai réussis à demeurer calme et polie. Avant de quitter j’ai dit que j’allais passer par la réception pour saluer quelques collègues et elle me l’a carrément interdit. Encore une fois, je ne pouvais y croire.
Je suis arrivée dans cette entreprise il y a deux ans. J’avais peu d’expérience dans ce domaine. Mon patron, qui a été remplacé par "elle" au mois de décembre, m’a engagé en m’expliquant que le département avait besoin d’être pris en main, et en me disant qu’il avait de beaux projets pour moi parce qu’il croyait en mon potentiel. Nous avons redonné vie à ce département qui était dans un pietre état. J’ai travaillé si fort! J’ai passé tant de nuits d’insomnie à me demander si j’allais réussir! J’ai obtenu deux promotions en moins de deux ans, et j’en étais fière. Personne ne connaissait mieux que lui et moi tout les rouages complexes de ce département. Quand il est parti, j’ai hérité de presque toutes ses tâches. J’avais beaucoup de peine de perdre mon mentor mais je voyais cette opportunité comme un nouveau défi. J’ai relevé ce défi, de peine et de misère, avec le peu de moyen qu’on m’a donné. Je n’ai pas eu peur d’y mettre de mon temps et de mon énergie, parce que j’y croyais.
Quand "elle" est arrivée, elle s’est d’abord fait mielleuse. Elle m’a rencontré, m’a fait part de ses attentes et m’a demandé de lui faire part des miennes. Elle semblait ouverte et correcte. Elle n’avait aucune idée des tâches que je faisais, concrètement, et le plan était que je lui apprenne afin qu’elle puisse mieux me superviser. Parce qu’il était clair que c’était difficile pour elle d’être ma patronne en ne connaissant pas dutout le fonctionnement de ce département qui est à cent milles lieux de son domaine. Malheureusement, elle a rapidement commencé à imposer des changements sans même s’être assise une seule fois avec moi pour observer quoi que ce soit. Elle disait que je ne devais pas résister aux changements, que je devais collaborer pour améliorer les choses. Alors quand le changement était possible je l’acceptais, même si j’étais visiblement réticente à changer une formule déjà gagnante. Parfois, le changement n’était tout simplement pas possible. Je tentais de lui expliquer mais comme elle n'avait aucune connaissance à ce niveau, c’était difficile de lui faire comprendre. Dans ces moments, elle aurait dû me faire confiance et se dire que je savais de quoi je parlais mais au contraire, elle n’avait aucune confiance en moi. Elle me disait que j’avais tord et non seulement elle m’obligeait à faire quelque chose qui n’avait aucune sens, elle me demandait de me débrouiller pour trouver un moyen puisqu’elle ignorait elle-même comment y arriver. J’ai usé d’imagination comme jamais je ne m’en serais cru capable. L’expérience que j’ai acquise me sera définitivement utile pour le restant de mes jours mais je ne méritais pas d’être ainsi éliminée. Pas de cette façon. Pas après tout ce que j’ai donné.
La veille, elle avait refusé que je prenne une pause pour manger parce qu’elle tennait absolument à ce que j’assiste à une réunion importante où sont prises les plus grandes décisions de l’entreprise. Elle m’a plutôt suggéré d’y apporter mon "lunch". Mes connaissances étaient requises et j’ai répondu à toutes les questions en maîtrisant chaque sujet du bout des doigts. J’avais même eu la naïveté de me croire importante...En fait, son but n’était que de me presser comme un citron pour en extraire tout ce qu’elle pouvait jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière minute. En sachant très bien que le lendemain elle allait me congédier aussi cavalièrement, n’aurait-elle pas pu au moins me laisser dix minutes pour aller avaler en paix quelques bouchées de mon dîner?! Je ne cesse de me demander comment une personne peut se regarder dans un mirroir sans être dégoûtée après avoir agis ainsi.
Après que j’aie quitté le bureau je suis allée au petit café du rez-de-chaussé et j’ai appelé quelques collègues afin qu’ils viennent me rejoindre pour que je puisse les saluer. Ils ont été unanimes: Cette décision ne vennait pas d’en haut, elle vennait d’elle. Je savais que peu de gens l’aimaient dans l’entreprise mais j’en ai eu la confirmation ce jour-là. On m’a offert beaucoup de compassion et certains ont même pleuré avec moi. J’ai été très émue par leurs témoignages mais ils ont tous fini par retourner à leurs occupations et je suis restée seule avec mes sacs, sans emploi et complètement démollie.
C’est fou à quel point la société nous pousse à nous définir par notre travail. À un point tel que nous nous retrouvons souvent avec le sentiment d’avoir moins de valeur le jour où nous perdons notre emploi. Cette constatation me me trouble profondément. Pendant deux longues années je me suis donné corps et âme pour cette boîte, convaincue de faire une différence, convaincue d’être appréciée, convaincue d’être importante. En rentrant chez moi ce jour-là, je me suis sentie comme si je ne valais plus rien. Pourtant, je suis la même personne, la même Lune avec toutes mes belles forces et mes belles qualités. Une semaine s’est maintenant écoulée et je me sens un peu mieux mais je n’ai toujours pas digéré la manière dont ça s’est déroulé. J’en veux à cette femme et la seule bonne chose que j’arrive à lui souhaiter c’est de ne jamais me croiser dans la rue.
J’ai passé trois ou quatre jours complètement déprimée, incapable de dormir, de manger, et encore moins d’entretenir mon logement, paralysée par la peine et l’angoisse, pleurant sans arrêt. Quelques personnes m’ont offert leur soutien et je leur en suis extrêmement reconnaissante. J’avais honte de me sentir comme je me sentais et d’être dans cet état délabrée, alors j’ai eu tendance à m’isoler comme je le fais souvent. J’avais beau me répéter que j’avais traversé des tempêtes pires que celle-là, desquelles je m’étais toujours sortie grandie, je me demandais quand même comment j’allais surmonter tout ça. J’ai réussis à laisser entrer dans ma bulle un homme merveilleux qui est venu chez moi, qui a pris soin de moi, qui m’a vu comme je déteste qu’on me voit et qui m’a donné inconditionnellement, malgré mes sautes d’humeur insupportables. Son réconfort, ses encouragements, sa tendresse, sa patience et ses chaudes carresses m’ont permit de m’évader complètement et de goûter à de véritables moments de joie, à travers cet horrible cauchemar. Jamais je ne pourrai trouver les mots pour exprimer à cette personne tout le bonheur et toute l’aide que sa présence m’a apporté.
Hier je suis sortie de ma lithargie et j’ai fait quelques trucs que je remettais sans cesse au lendemain depuis un bon moment. J’ai profité de la belle température printanière et j’ai même réussis à faire une sieste. J’ai été tellement stressée ces derniers mois que je ressens maintenant un énorme besoin de récupérer. Aujourd’hui j’ai été encore plus productive mais ce dont je me réjouis le plus c’est de la bonne humeur et l’espoir qui m’habitaient quand je me suis réveillée ce matin, et qui m’ont suivi tout au long de la journée. J’ai encore de la peine quand j’y pense, mais ce cauchemar est déjà derrière moi.
Je sais que mes journées me paraîtront vides sans toutes ces tâches et toutes ces responsabilités que j’avais grâce à mon travail, mais je n’ai pas l’intention de me trouver un emploi tout de suite. Je veux prendre le temps de me reposer, de faire des choses que je ne faisais pas faute de temps et de voir les gens que j’aime et que je ne voyais pas pour la même raison. J’ai comme une drôle d’envi de me donner la mission de me définir autrement que par un emploi, en appréciant religieusement chaque journée de ce printemps que j’ai tant attendu.
La semaine dernière, j’ai eu de la difficulté à me lever chaque matin. C’était pire que jamais. Malgré tout, je me rendais au travail avec le sourire et exécutais les ordres de ma supérieure immédiate de plus en plus exigeante, même quand cela n’avait aucun bon sens. J’étais attentionnée avec mes employés en me disant qu’il n’avait pas à payer pour ma fatigue. Je me disais que ça allait passer, j’étais optimiste, vraiment.
Jeudi je me suis rendue au bureau toujours tiraillée entre une fatigue extrême et un optimisme à toute épreuve. Après deux heures de travail acharné j’ai entendu la voix de ma supérieure qui me demandait de me rendre dans la salle de conférence. Je m’y suis rendue, et dès que je suis entrée et que je l’ai vue en compagnie d’une autre employée cadre, j’ai vite compris de quoi il en retournait. Je ne pouvais pas y croire. Elle était visiblement nerveuse et laissez-moi vous dire que ça ne m’a pas dutout attendrie. J’avais plutôt envie de lui sauter au visage.
Elle m’a annoncé qu’elle mettait fin à mon emploi pour cause de "restructuration" et m’a remis une lettre de licenciement. Elle a ensuite enchaînée en me demandant (que dis-je! En m’ordonnant) de lui remettre les clés de mon bureau, immédiatement. J’ai alors saisis qu’on ne me laissait même pas terminer ma journée. Elle m’a bien expliqué qu’elle ferait sortir mon équipe du bureau pendant que j’irais rammasser mes affaires escortée par l’autre cadre, et que je ne pourrais même pas leur faire mes adieux. J’étais renvoyée comme une vulgaire merde, comme une voleuse, comme une fraudeuse ou je ne sais quoi d’autre. J’avais envi de hurler parce que je savais pertinement que la coupure de mon poste n’avait jamais été prévue dans cette restructuration. Le directeur général m’avait même rassuré au sujet de cette restructuration, en me disant que je n’avais rien à craindre, que j’occupais un poste clé et que j’étais la meilleur pour remplir ce rôle. Je sais qu’il était sincère et que c’est plutôt elle qui a tout manigancé. Je savais que sa décision était personnelle et non professionnelle.
Je savais qu’elle mourrait d’envi de se débarrasser de moi depuis le premier jour de notre collaboration mais je n’aurais pas cru qu’elle serait assez inconsciente pour le faire aussi rapidement. Quoi qu’il en soit, elle a cru à tord qu’elle pouvait couper mon poste et redistribuer mes tâches sans que cela n’affecte le département. Très bientôt, elle va sérieusement regretter de ne pas m’avoir au moins laissé le temps de transmettre mes connaissances avant de me foutre à la porte. Parce qu’honnêtement, bien que je sois consciente que personne n'est irremplaçable, je suis persuadée qu’elle a fait une grosse erreur. Certaines des informations concernant ce département n’existent que dans ma tête et n’avaient encore jamais été écrites parce qu’on ne m’a jamais donné le temps de le faire. C’est une des nombreuses choses qu’elle a choisi d'ignorer, même si je lui en avait fait part à plusieurs reprises.
Nous nous sommes donc rendus à mon bureau afin que je vide la place, ce que j’ai fait avec la vitesse de l’éclair. J’étais totalement envahie par une rage incroyable et je ne comprends toujours pas par quel miracle j’ai réussis à demeurer calme et polie. Avant de quitter j’ai dit que j’allais passer par la réception pour saluer quelques collègues et elle me l’a carrément interdit. Encore une fois, je ne pouvais y croire.
Je suis arrivée dans cette entreprise il y a deux ans. J’avais peu d’expérience dans ce domaine. Mon patron, qui a été remplacé par "elle" au mois de décembre, m’a engagé en m’expliquant que le département avait besoin d’être pris en main, et en me disant qu’il avait de beaux projets pour moi parce qu’il croyait en mon potentiel. Nous avons redonné vie à ce département qui était dans un pietre état. J’ai travaillé si fort! J’ai passé tant de nuits d’insomnie à me demander si j’allais réussir! J’ai obtenu deux promotions en moins de deux ans, et j’en étais fière. Personne ne connaissait mieux que lui et moi tout les rouages complexes de ce département. Quand il est parti, j’ai hérité de presque toutes ses tâches. J’avais beaucoup de peine de perdre mon mentor mais je voyais cette opportunité comme un nouveau défi. J’ai relevé ce défi, de peine et de misère, avec le peu de moyen qu’on m’a donné. Je n’ai pas eu peur d’y mettre de mon temps et de mon énergie, parce que j’y croyais.
Quand "elle" est arrivée, elle s’est d’abord fait mielleuse. Elle m’a rencontré, m’a fait part de ses attentes et m’a demandé de lui faire part des miennes. Elle semblait ouverte et correcte. Elle n’avait aucune idée des tâches que je faisais, concrètement, et le plan était que je lui apprenne afin qu’elle puisse mieux me superviser. Parce qu’il était clair que c’était difficile pour elle d’être ma patronne en ne connaissant pas dutout le fonctionnement de ce département qui est à cent milles lieux de son domaine. Malheureusement, elle a rapidement commencé à imposer des changements sans même s’être assise une seule fois avec moi pour observer quoi que ce soit. Elle disait que je ne devais pas résister aux changements, que je devais collaborer pour améliorer les choses. Alors quand le changement était possible je l’acceptais, même si j’étais visiblement réticente à changer une formule déjà gagnante. Parfois, le changement n’était tout simplement pas possible. Je tentais de lui expliquer mais comme elle n'avait aucune connaissance à ce niveau, c’était difficile de lui faire comprendre. Dans ces moments, elle aurait dû me faire confiance et se dire que je savais de quoi je parlais mais au contraire, elle n’avait aucune confiance en moi. Elle me disait que j’avais tord et non seulement elle m’obligeait à faire quelque chose qui n’avait aucune sens, elle me demandait de me débrouiller pour trouver un moyen puisqu’elle ignorait elle-même comment y arriver. J’ai usé d’imagination comme jamais je ne m’en serais cru capable. L’expérience que j’ai acquise me sera définitivement utile pour le restant de mes jours mais je ne méritais pas d’être ainsi éliminée. Pas de cette façon. Pas après tout ce que j’ai donné.
La veille, elle avait refusé que je prenne une pause pour manger parce qu’elle tennait absolument à ce que j’assiste à une réunion importante où sont prises les plus grandes décisions de l’entreprise. Elle m’a plutôt suggéré d’y apporter mon "lunch". Mes connaissances étaient requises et j’ai répondu à toutes les questions en maîtrisant chaque sujet du bout des doigts. J’avais même eu la naïveté de me croire importante...En fait, son but n’était que de me presser comme un citron pour en extraire tout ce qu’elle pouvait jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière minute. En sachant très bien que le lendemain elle allait me congédier aussi cavalièrement, n’aurait-elle pas pu au moins me laisser dix minutes pour aller avaler en paix quelques bouchées de mon dîner?! Je ne cesse de me demander comment une personne peut se regarder dans un mirroir sans être dégoûtée après avoir agis ainsi.
Après que j’aie quitté le bureau je suis allée au petit café du rez-de-chaussé et j’ai appelé quelques collègues afin qu’ils viennent me rejoindre pour que je puisse les saluer. Ils ont été unanimes: Cette décision ne vennait pas d’en haut, elle vennait d’elle. Je savais que peu de gens l’aimaient dans l’entreprise mais j’en ai eu la confirmation ce jour-là. On m’a offert beaucoup de compassion et certains ont même pleuré avec moi. J’ai été très émue par leurs témoignages mais ils ont tous fini par retourner à leurs occupations et je suis restée seule avec mes sacs, sans emploi et complètement démollie.
C’est fou à quel point la société nous pousse à nous définir par notre travail. À un point tel que nous nous retrouvons souvent avec le sentiment d’avoir moins de valeur le jour où nous perdons notre emploi. Cette constatation me me trouble profondément. Pendant deux longues années je me suis donné corps et âme pour cette boîte, convaincue de faire une différence, convaincue d’être appréciée, convaincue d’être importante. En rentrant chez moi ce jour-là, je me suis sentie comme si je ne valais plus rien. Pourtant, je suis la même personne, la même Lune avec toutes mes belles forces et mes belles qualités. Une semaine s’est maintenant écoulée et je me sens un peu mieux mais je n’ai toujours pas digéré la manière dont ça s’est déroulé. J’en veux à cette femme et la seule bonne chose que j’arrive à lui souhaiter c’est de ne jamais me croiser dans la rue.
J’ai passé trois ou quatre jours complètement déprimée, incapable de dormir, de manger, et encore moins d’entretenir mon logement, paralysée par la peine et l’angoisse, pleurant sans arrêt. Quelques personnes m’ont offert leur soutien et je leur en suis extrêmement reconnaissante. J’avais honte de me sentir comme je me sentais et d’être dans cet état délabrée, alors j’ai eu tendance à m’isoler comme je le fais souvent. J’avais beau me répéter que j’avais traversé des tempêtes pires que celle-là, desquelles je m’étais toujours sortie grandie, je me demandais quand même comment j’allais surmonter tout ça. J’ai réussis à laisser entrer dans ma bulle un homme merveilleux qui est venu chez moi, qui a pris soin de moi, qui m’a vu comme je déteste qu’on me voit et qui m’a donné inconditionnellement, malgré mes sautes d’humeur insupportables. Son réconfort, ses encouragements, sa tendresse, sa patience et ses chaudes carresses m’ont permit de m’évader complètement et de goûter à de véritables moments de joie, à travers cet horrible cauchemar. Jamais je ne pourrai trouver les mots pour exprimer à cette personne tout le bonheur et toute l’aide que sa présence m’a apporté.
Hier je suis sortie de ma lithargie et j’ai fait quelques trucs que je remettais sans cesse au lendemain depuis un bon moment. J’ai profité de la belle température printanière et j’ai même réussis à faire une sieste. J’ai été tellement stressée ces derniers mois que je ressens maintenant un énorme besoin de récupérer. Aujourd’hui j’ai été encore plus productive mais ce dont je me réjouis le plus c’est de la bonne humeur et l’espoir qui m’habitaient quand je me suis réveillée ce matin, et qui m’ont suivi tout au long de la journée. J’ai encore de la peine quand j’y pense, mais ce cauchemar est déjà derrière moi.
Je sais que mes journées me paraîtront vides sans toutes ces tâches et toutes ces responsabilités que j’avais grâce à mon travail, mais je n’ai pas l’intention de me trouver un emploi tout de suite. Je veux prendre le temps de me reposer, de faire des choses que je ne faisais pas faute de temps et de voir les gens que j’aime et que je ne voyais pas pour la même raison. J’ai comme une drôle d’envi de me donner la mission de me définir autrement que par un emploi, en appréciant religieusement chaque journée de ce printemps que j’ai tant attendu.
dimanche 8 mars 2009
Beaudelaire pour mon anniversaire
Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Parce que je suis une femme, mais aussi parce que le 8 mars 2008, j’écrivais ici mon premier billet. Je ne vous ferai pas le bilan de tout les changements que j’ai vécu dans cette année. Si vous m’avez un peu lu, vous en savez probablement plus que la plupart des gens qui me cotoient chaque jour.
Hier, ma grande amie m’a dit qu’elle était tombé sur un texte de Charles Baudelaire qui lui avait fait pensé à moi. C’est un texte que je ne connaissais pas alors elle m’en a fait la lecture et cela m’a beaucoup émue.
Alors pour souligner la première année de mon blogue en ce merveilleux dimanche printanier, je me fais le cadeau de vous offrir ce charmant texte...
Hier, ma grande amie m’a dit qu’elle était tombé sur un texte de Charles Baudelaire qui lui avait fait pensé à moi. C’est un texte que je ne connaissais pas alors elle m’en a fait la lecture et cela m’a beaucoup émue.
Alors pour souligner la première année de mon blogue en ce merveilleux dimanche printanier, je me fais le cadeau de vous offrir ce charmant texte...
Les bienfaits de la Lune
La Lune qui est le caprice même regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : " Cette enfant me plaît. "
Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages, et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis ; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer.
Cependant dans l'expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux et toute cette lumière vivante pensait et disait: " Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière ; tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime: l'eau, les nuages, le silence et la nuit ; la mer immense et verte ; l'eau uniforme et multiforme, le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses ; les parfums qui font délirer ; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce !
"Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas; la femme qu'ils ne connaissent pas ; les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie. "
Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.
(Charles Baudelaire)
dimanche 1 mars 2009
Les biscuits de fortune
Nous nous étions donné rendez-vous à 17h15 dans une restaurant asiatique tout petit, tout simple et tout près de mon travail. Je m’y suis rendue sans perdre une minute et je suis arrivée la première. Je me faisais une joie de terminer ma semaine avec lui en dégustant un bon repas et je souhaitais en secret qu’il accepte ensuite de passer la nuit avec moi. C’était loin d’être notre première rencontre et pourtant quelques papillons bougaient dans mon estomac. La bouffe était délicieuse et l’ambiance chaleureuse. Pendant le repas mes doigts se sont retrouvés blotti contre sa main chaude.
Je le sentais heureux de me voir. J’ai pu le lire dans ses yeux même s’il ne l’a pas dit. J’étais heureuse de le voir. Je lui ai dit même s’il pouvait le lire dans mes yeux.
Je l’ai simplement invité à venir chez moi après le repas, et il a simplement accepté, faisant vivre et revivre en moi le désir de me soumettre à lui.
Au moment de casser le fameux « biscuit de fortune » et de lire le petit bout de papier qui s’y cache, j’ai eu l’impression amusante d’avoir pris celui qui lui était destiné...
[**Vous êtes charmant et courtois**] Je n'ai pas l'image puisque monsieur a tenu à la garder pour lui.
"Je crois que nous nous sommes tout les deux trompé de biscuit!" M’a-t-il dit en souriant, après avoir lu les deux petits messages. J’étais curieuse de lire le sien mais il a refusé de me le montrer.
« Si tu portes mon collier ici ce soir, je te laisserai lire le message de mon biscuit qui sera alors définitivement pour toi! »
J’ai aperçu plusieurs personnes en promenant mon regard autour de nous et j’ai senti mon visage devenir rouge et bouillant. Ça me rendait extrêmement mal à l’aise d’imaginer mon cou décoré d’un collier de chienne devant tout ces gens, mais ça me stimulait également. Je dois aussi admettre que ma curiosité dépassait mon malaise. Je lui ai donc offert mon cou, avec une grande nervosité et une adrénaline à son comble, pour qu’il y fixe ledit collier.
« Voilà, maintenant ce message est vraiment pour toi » M’a-t-il dit en me remettant le mystérieux papier.

J’ai assez rapidement saisis que si je faisais tourner des têtes, ce n’était pas pour mon éblouissante beauté mais plutôt pour le collier que je portais timidement. Je me sentais terriblement gênée mais cette situation m’amusait. Plus le moment du départ approchait, plus j’avais hâte que nos corps se retrouvent. Après avoir payé nos factures, nous sommes monté dans un taxi. D’une main ferme, il a tiré mon corps contre le sien et a empoigné grossièrement un de mes seins, faisant tourner la tête du chauffeur et donnant raison au biscuit de fortune.
Mon visage a retrouvé sa rougeur quand j’ai réalisé que cet homme nous scrutait dans son rétroviseur avec le sourire aux lèvres. Monsieur s’amusait de mon malaise et dans toute ma soumission et mon plaisir de lui appartenir, je m’en réjouissais.
Quelques minutes plus tard nous arrivions chez moi, enfin. Il s’est assis confortablement sur mon canapé et je me suis agenouillée à ma place, à ses pieds. J’avais si froid! Il m’avait tant manqué que le besoin de me blottir contre lui me brûlait les entrailles mais je savais qu’il me voulait d’une dévotion exemplaire et je ne voulais pour rien au monde le décevoir. À cet instant, lui offrir fierté et satisfaction m’importait plus que tout.
J’ai posé ma tête sur ses genoux et lorsqu’il a carressé mes cheveux et fait glisser ses doigts dans mon cou, j’ai frissonné d’émotion. Des larmes me sont naturellement montées aux yeux, comme cela se produit souvent quand je suis avec lui. Je ne saurais l'expliquer mais je crois que ce que nous partagons remue ma vulnérabilité, si profondément que j’en perds mes masques.
Dans un relan de contrôle et une rechute de manipulation, j’avais prévu augmenter son désir de moi en retardant surnoisement le moment de m’offrir à lui et il le savait. Nos carresses affectueuses sont vite devenues plus ardentes, faisant de mon appétit un obstacle à toute résistance. Toujours les genoux sur mon petit coussin, le visage à quelques cheveux de sa verge, la bouche soumise à cet organe capable de me faire frôler la folie, tendant la langue vers ma drogue, j’ai entendu sa voix...
-Que fais-tu lune?...Tu n’avais pas l’intention de me faire patienter?
Malgré ma honte, plus il reculait son pénis, plus j’approchais ma tête, complètement hypnotisée par ce festin qu’il me refusait cruellement.
-Réponds-moi lune, que fais-tu là?
Le simple fait de répondre à cette question rendait ma honte mille fois plus tangible et il n’était pas sans le savoir.
-J’en ai envi Monsieur...
-Et t’as envi de quoi, dis-moi?
-De goûter votre queue...
-Ha oui? Montre-le moi...
J’avais des douleurs au cou à force de tendre vers sa queue qu’il reculait sans cesse et j’étais maladivement jalouse de sa main qui bougeait avec douceur et nonchalance sur l’objet de ma convoitise. Lui, il souriait.
-Me permettez-vous au moins de la respirer Monsieur?
-Pourquoi?
-Parce que j’en ai très envi.
-Envi de quoi?
-Envi de respirer votre queue Monsieur.
-...
Il a alors approché son sexe de mon visage suppliant et j’y ai glissé mon nez en respirant profondément. Évidement je n’étais pas satisfaite et je me mordais les lèvres pour ne pas goûter à sa chaleur et sa rigidité.
-S’il vous plaît, laissez-moi y gouter!
-C’est toi qui donne les ordres maintenant?
-Non Monsieur...
-Dis-moi ce que tu aimerais maintenant.
-J’aimerais vous goûter, est-ce que je peux?
-Ça te ferait plaisir?
-Oui beaucoup.
-Tu peux le faire seulement avec ta langue et je te défends de l’engloutir dans ta bouche.
Je me suis empressée de sortir la langue, pour le lécher tel un cornet qui menace de fondre. Et j’ai senti ses doigts s’aggriper à mes cheveux pour me retenir.
-Je ne t’ai pas entendu dire merci...
« Merci Monsieur » Ais-je dis entre deux coups de langue.
Affamée, j’ouvrais la bouche, puis décidée à obéir, je la refermais. J’étais déchirée. Jamais je n’avais senti sa queue aussi dure, jamais je n’avais autant désiré l’avoir au fond de ma gorge. J’ai résisté autant que je l’ai pu et j’ai finis par céder en posant mes lèvres tranquilement sur le bout...
-Hey tu fais quoi là?
-J’en peux plus! J’ai envi de la prendre dans ma bouche, de vous donner du plaisir, de vous faire gémir, s’il vous plaît!
Il n’a pas répondu mais a pénétré ma bouche dans un long soupir de soulagement. C’est seulement à cet instant que j’ai réalisé que son désir égalait probablement le mien. J’ai suçé comme si c’était la dernière fellation de ma vie et ses réactions me donnait la merveilleuse sensation d’être la femme la plus sensuelle au monde.
Puis, je me suis rappelée le biscuit de fortune...

Merci Monsieur de m’offrir le délicieux cadeau de vous faire tourner la tête.
Je le sentais heureux de me voir. J’ai pu le lire dans ses yeux même s’il ne l’a pas dit. J’étais heureuse de le voir. Je lui ai dit même s’il pouvait le lire dans mes yeux.
Je l’ai simplement invité à venir chez moi après le repas, et il a simplement accepté, faisant vivre et revivre en moi le désir de me soumettre à lui.
Au moment de casser le fameux « biscuit de fortune » et de lire le petit bout de papier qui s’y cache, j’ai eu l’impression amusante d’avoir pris celui qui lui était destiné...
[**Vous êtes charmant et courtois**] Je n'ai pas l'image puisque monsieur a tenu à la garder pour lui.
"Je crois que nous nous sommes tout les deux trompé de biscuit!" M’a-t-il dit en souriant, après avoir lu les deux petits messages. J’étais curieuse de lire le sien mais il a refusé de me le montrer.
« Si tu portes mon collier ici ce soir, je te laisserai lire le message de mon biscuit qui sera alors définitivement pour toi! »
J’ai aperçu plusieurs personnes en promenant mon regard autour de nous et j’ai senti mon visage devenir rouge et bouillant. Ça me rendait extrêmement mal à l’aise d’imaginer mon cou décoré d’un collier de chienne devant tout ces gens, mais ça me stimulait également. Je dois aussi admettre que ma curiosité dépassait mon malaise. Je lui ai donc offert mon cou, avec une grande nervosité et une adrénaline à son comble, pour qu’il y fixe ledit collier.
« Voilà, maintenant ce message est vraiment pour toi » M’a-t-il dit en me remettant le mystérieux papier.

J’ai assez rapidement saisis que si je faisais tourner des têtes, ce n’était pas pour mon éblouissante beauté mais plutôt pour le collier que je portais timidement. Je me sentais terriblement gênée mais cette situation m’amusait. Plus le moment du départ approchait, plus j’avais hâte que nos corps se retrouvent. Après avoir payé nos factures, nous sommes monté dans un taxi. D’une main ferme, il a tiré mon corps contre le sien et a empoigné grossièrement un de mes seins, faisant tourner la tête du chauffeur et donnant raison au biscuit de fortune.
Mon visage a retrouvé sa rougeur quand j’ai réalisé que cet homme nous scrutait dans son rétroviseur avec le sourire aux lèvres. Monsieur s’amusait de mon malaise et dans toute ma soumission et mon plaisir de lui appartenir, je m’en réjouissais.
Quelques minutes plus tard nous arrivions chez moi, enfin. Il s’est assis confortablement sur mon canapé et je me suis agenouillée à ma place, à ses pieds. J’avais si froid! Il m’avait tant manqué que le besoin de me blottir contre lui me brûlait les entrailles mais je savais qu’il me voulait d’une dévotion exemplaire et je ne voulais pour rien au monde le décevoir. À cet instant, lui offrir fierté et satisfaction m’importait plus que tout.
J’ai posé ma tête sur ses genoux et lorsqu’il a carressé mes cheveux et fait glisser ses doigts dans mon cou, j’ai frissonné d’émotion. Des larmes me sont naturellement montées aux yeux, comme cela se produit souvent quand je suis avec lui. Je ne saurais l'expliquer mais je crois que ce que nous partagons remue ma vulnérabilité, si profondément que j’en perds mes masques.
Dans un relan de contrôle et une rechute de manipulation, j’avais prévu augmenter son désir de moi en retardant surnoisement le moment de m’offrir à lui et il le savait. Nos carresses affectueuses sont vite devenues plus ardentes, faisant de mon appétit un obstacle à toute résistance. Toujours les genoux sur mon petit coussin, le visage à quelques cheveux de sa verge, la bouche soumise à cet organe capable de me faire frôler la folie, tendant la langue vers ma drogue, j’ai entendu sa voix...
-Que fais-tu lune?...Tu n’avais pas l’intention de me faire patienter?
Malgré ma honte, plus il reculait son pénis, plus j’approchais ma tête, complètement hypnotisée par ce festin qu’il me refusait cruellement.
-Réponds-moi lune, que fais-tu là?
Le simple fait de répondre à cette question rendait ma honte mille fois plus tangible et il n’était pas sans le savoir.
-J’en ai envi Monsieur...
-Et t’as envi de quoi, dis-moi?
-De goûter votre queue...
-Ha oui? Montre-le moi...
J’avais des douleurs au cou à force de tendre vers sa queue qu’il reculait sans cesse et j’étais maladivement jalouse de sa main qui bougeait avec douceur et nonchalance sur l’objet de ma convoitise. Lui, il souriait.
-Me permettez-vous au moins de la respirer Monsieur?
-Pourquoi?
-Parce que j’en ai très envi.
-Envi de quoi?
-Envi de respirer votre queue Monsieur.
-...
Il a alors approché son sexe de mon visage suppliant et j’y ai glissé mon nez en respirant profondément. Évidement je n’étais pas satisfaite et je me mordais les lèvres pour ne pas goûter à sa chaleur et sa rigidité.
-S’il vous plaît, laissez-moi y gouter!
-C’est toi qui donne les ordres maintenant?
-Non Monsieur...
-Dis-moi ce que tu aimerais maintenant.
-J’aimerais vous goûter, est-ce que je peux?
-Ça te ferait plaisir?
-Oui beaucoup.
-Tu peux le faire seulement avec ta langue et je te défends de l’engloutir dans ta bouche.
Je me suis empressée de sortir la langue, pour le lécher tel un cornet qui menace de fondre. Et j’ai senti ses doigts s’aggriper à mes cheveux pour me retenir.
-Je ne t’ai pas entendu dire merci...
« Merci Monsieur » Ais-je dis entre deux coups de langue.
Affamée, j’ouvrais la bouche, puis décidée à obéir, je la refermais. J’étais déchirée. Jamais je n’avais senti sa queue aussi dure, jamais je n’avais autant désiré l’avoir au fond de ma gorge. J’ai résisté autant que je l’ai pu et j’ai finis par céder en posant mes lèvres tranquilement sur le bout...
-Hey tu fais quoi là?
-J’en peux plus! J’ai envi de la prendre dans ma bouche, de vous donner du plaisir, de vous faire gémir, s’il vous plaît!
Il n’a pas répondu mais a pénétré ma bouche dans un long soupir de soulagement. C’est seulement à cet instant que j’ai réalisé que son désir égalait probablement le mien. J’ai suçé comme si c’était la dernière fellation de ma vie et ses réactions me donnait la merveilleuse sensation d’être la femme la plus sensuelle au monde.
Puis, je me suis rappelée le biscuit de fortune...

Merci Monsieur de m’offrir le délicieux cadeau de vous faire tourner la tête.
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