mercredi 9 décembre 2009

La folie rampante

D'où je viens, nous avons presque tous frôlé la mort ou la folie, ou les deux. Certains d'entre nous y laissent leur peau, ou leur raison, mais d'autres arrivent à s'éloigner de tout ça, poussés par une force miraculeuse. C'est cette force magnifique qui si souvent nous rempli de gratitude pour la vie. Et c'est aussi cette même force qui mets sur notre route des être humains qui ont traversé le même Pôle Nord que nous. Ils nous ramènent aux ténèbres l'instant d'une discussion, simplement pour nous éviter d'y replonger...


Je ne compte pas plus les jours sans soleil que les nuits sans lune, depuis que je me suis perdu au milieu de ce cauchemar que j'ai dessiné les yeux grand ouverts. Loin de tout, j'ai l'âme qui s'égare, j'ai l'âme qui s'essoufle. Guetté par le reptile hideux et puissant qui rampe à mes pieds, je fais le voeu de croire en Dieu.

Depuis déjà un bon moment, je rêve qu'une main se tende vers ma carcasse malade mais chaque fois qu'un ange croise mon impuissance, je finis par plonger dans un océan de culpabilité pour m'y noyer lamentablement. Je peux même entendre le pathétique monstre d'orgueuil qui m'habite, claquer une à une les portes de ma libération.

J'observe ce serpent maléfique s'infiltrer avec une force terrifiante sous mon pied incertain, et j'y crois comme jamais je n'ai cru. La peur réveille mon cadavre et fait bondir mon coeur comme un lion dans une cage trop étroite. Mes poumons ne sont plus qu'un puit sans fond, un gouffre insatiable où s'est entassés un million de nuages sombres.

Esseulé sur une planète morte et froide, je converse avec la folie entre deux bouffées de ténèbres. Je ne saisis pas tous les mots qui tourbillonnent dans le champs de bataille de mon esprit, mais ce triste language est maitenant le seul que je connaisse.

Je pleure ma vie, sans bruit, de mon coeur et de mes yeux qui ne sont pourtant que sécheresse. Tentant de fuir à toute vitesse, je recule, et bascule dans un vide infini... Vite! Qu'on me pénètre encore d'une autre bouffée lourde et noire pour secouer mon désespoir! Pour effacer ma triste absence et repousser le mur vers lequel je me dirige!

Je sens cette affreuse créature se faufiler à travers ma chair et faire son chemin jusqu'à ma cuisse. Sa queue gigote, pendante sous mon pied. Sa tête décidée n'en finit plus de grimper. J'ignore d'où provient cette chose mais je connais sa destination. D'ici peu elle atteindra mon cerveau et le pourrira d'une démence trop réelle.

Je secoue la jambe frénétiquement pour ne pas perdre ce combat que je ne comprends pas. Ne me demandez surtout pas qui je suis ni où je veux être, et sortez vite ce serpent de moi avant qu'il ne bouffe le peu de conscience qu'il me reste. J'ai besoin qu'on m'aide à sortir de cet enfer pour panser mes blessures, enfin.

Le monstre d'orgueuil qui m'habite s'incline. Il implore je ne sais qui, je ne sais quoi. Il cherche probablement une main tendue qui le guidera loin des ténèbres et de ses nuages sombres. Loin de la mort et de la folie qui rampe. Loin d'ici, je vous en supplie.



Pour toi qui a chanté et fait naître sur mes lèvres un sourire ému. Pour toi qui a chassé ma tristesse rien qu'en remarquant mes larmes. Pour toi qui m'a livré un bout de sa vie avec une confiance touchante. Pour toi qui m'a souri avec chaleur, qui m'a tendu l'oreille avec acceuil. Pour toi qui me fait rire aux éclats et qui est devenu mon ami ce fameux vendredi soir triste et pluvieux...J'ai décidé d'écrire, à ma façon, un peu de cette douleur qui t'a transformé, si semblable à la mienne. Pour toi, pour l'homme merveilleux que tu deviens, un jour à la fois.

2 commentaires:

Cloutov a dit…

On dirait un poème de Jim Morisson mais par une femme. Toujours un plaisir de passer ici!

Cloutov xxx

www.esclaves.org a dit…

Aiemrais bien avir des nouvelles... Même si on doute de l'existence de dieu, meme si ce que l'on ressent en N/nous y fait penser, N/nous sommes réels, N/nous et c'est de là que l'on peut agir, que l'on agit d'ailleurs paske même ne pas agir c'est agir ...

Love