dimanche 8 mars 2009

Beaudelaire pour mon anniversaire

Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Parce que je suis une femme, mais aussi parce que le 8 mars 2008, j’écrivais ici mon premier billet. Je ne vous ferai pas le bilan de tout les changements que j’ai vécu dans cette année. Si vous m’avez un peu lu, vous en savez probablement plus que la plupart des gens qui me cotoient chaque jour.

Hier, ma grande amie m’a dit qu’elle était tombé sur un texte de Charles Baudelaire qui lui avait fait pensé à moi. C’est un texte que je ne connaissais pas alors elle m’en a fait la lecture et cela m’a beaucoup émue.

Alors pour souligner la première année de mon blogue en ce merveilleux dimanche printanier, je me fais le cadeau de vous offrir ce charmant texte...


Les bienfaits de la Lune

La Lune qui est le caprice même regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : " Cette enfant me plaît. "

Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages, et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis ; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer.

Cependant dans l'expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux et toute cette lumière vivante pensait et disait: " Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière ; tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime: l'eau, les nuages, le silence et la nuit ; la mer immense et verte ; l'eau uniforme et multiforme, le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses ; les parfums qui font délirer ; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce !

"Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas; la femme qu'ils ne connaissent pas ; les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie. "

Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.

(Charles Baudelaire)

mercredi 18 février 2009

Je vais bien

Pour ceux que ça intéresse, mais surtout pour me défouler...

-Je suis irritée par ma nouvelle « supérieure immédiate » à qui je dois tout expliquer et qui ne sait rien de ce que je fais comme travail depuis deux ans mais qui veut changer le mode de fonctionnement de mon département et de mes employés.

-Je suis irritée par le si petit « toute autre tâche connexe » inscrit dans ma description de poste qui contient tellement de tâches et dans lequel on y ajoute sans pitié de nombreuses responsabilités, toutes justifiées par une mega restructuration causée par cette putain de crise économique dont je ne suis plus capable d’entendre parler.

-Je suis irritée par les transports en commun en été...quand c’est l’hiver et que le service bat des records de médiocrité, l’irritation se rapproche parfois d’une histérie que je trouve inquiétante (je vais passer les détails question de ne pas m’irriter davantage)

-Je suis irritée parce qu’une personne que j’apprécie m’a menti alors que moi j’étais d’une honnêteté exemplaire.

-Je suis irritée par la sinusite tenace contre laquelle je me suis battue pendant un bon 10 jours et qui m’a grugé le peu d’énergie que j’avais.

-Je suis irritée par le stress qui rend mon sommeil si peu réparateur.

-Je suis irritée parce que je me suis toujours dit que je ne m’empêcherais pas d’écrire ici ce que je vis et ce que je ressens mais je réalise que je me censure quand ça n’implique pas que moi parce que je déteste déplaire et être vue comme une méchante. Alors forcément...

-Je suis irritée de ne pas pouvoir écrire depuis un bon moment, pour toutes les personnes merveilleuses à qui j’ai donné la piqûre du blogue ;-)


Oui d’accord, je suis irritée et je sers les dents plus souvent qu’à l’habituel. C’est comme un SPM qui dure un peu plus longtemps que prévu et je n’aime pas trop quand il y a des témoins. Je suis aussi, extrêmement fatiguée...mais je vais bien. Je ne souffre pas de dépression saisonnière. Je ne suis même pas déprimée.

Comme pour plusieurs d’entre nous, l’hiver est pénible pour moi. Par toutes sortes de méthodes stratégiques j’arrive à tolérer cette saison infernale jusqu’à...Février. Normalement, vers la fin janvier, je commence à en avoir plein le cul et à rêver désespérément du printemps et du soleil sur ma peau. J’arrive tout de même à être fonctionnelle, je me rends au bureau en pestant contre les transports en commun. Je souris toute la journée et je peste à nouveau contre les transports en commun en retournant à la maison après avoir passé la journée à me donner au boulot, avec le sourire, pour prouver qu’ils ont eu raison de me faire confiance et pour oublier que c’est l’hiver et que j’en ai marre.

Mais je vais bien.

La semaine, j’arrive chez moi pendant que le soleil se couche comme un gros parresseux après n’être resté debout que quelques heures et ça, c’est quand il est là, évidement. Si je pouvais, je ferais sans doute la même chose que lui. Je suis tellement crevée que je m’endors rapidement sur mon futon en regardant le téléjournal qui me raconte toujours les mêmes histoires. Je me retrouve la plupart du temps sous ma couette sans même avoir pris le temps de manger. Le matin, j’appuie sur le « snooze » en moyenne 10 fois avant de me décider à sortir du lit. Ça me donne juste le temps de me laver, de me préparer, et courrir pour prendre le deuxième autobus que je vois parce que le premier est toujours trop rempli d’ados nonchalants. Je m’arrête au petit café dans l’immeuble où je travaille pour acheter un bagel et un grand chocolat chaud et je prends l’ascenseur jusqu’au Xe étage. Comme il m’est assez difficile d’oublier que nous traversons présentement une « crise économique », je me considère chanceuse d’avoir un emploi qui me permets de me réaliser professionnellement, en plus de me procurer assez d’argent pour vivre, de bonnes assurances et des avantages raisonnables dans une période où tant de gens perdent leur emploi.

Je vois le positif, je vais bien.

La fin de semaine, j’apprécie de me retrouver seule chez moi. Il m’arrive de voir des amis mais la dernière chose dont j’ai envi c’est de passer des heures à me faire belle pour braver le froid et aller socialiser pendant toute une soirée avec tout plein de monde, même si j’aime plusieurs d’entre eux et même si, je sais, « ça me ferait peut-être du bien ». J’ai plutôt envi de m’enrouler dans une couverture pour lire un bon livre ou zapper devant la télé. Baiser compulsivement et m’endormir collée sur un corps chaud. Attacher mes cheveux et enfiler un jeans pour marcher jusqu’au resto du coin et y manger des crêpes en lisant le journal ou en discutant avec un(e) ami(e).

Je n’ai pas coupé tout contact avec la société, je vais bien.

Ce que je trouve formidable, c’est que des gens réçement arrivés dans ma vie se soucient de moi, demandent de mes nouvelles et continuent de m’inviter. Ça me donne chaud dans le coeur. Ce que je trouve moins formidable, c’est que souvent je tarde à leur répondre et cela me fait ressentir de la culpabilité. Je sais que bientôt l’envi de sortir et d’être entourée me reviendra mais eux, ils ne le savent pas! Il m’arrive même d’avoir peur qu’on m’oublie. Rien de très nouveau...

Vous voyez, je vais bien.

À ceux qui n’oublient pas la lune malgré son éclipse, son silence, son absence et son humeur massacrante...Je vous présente mes excuses et vous remercie.

dimanche 11 janvier 2009

Ode to joy

Courrir courrir
Pour balayer l'inquiétude
Loin du grand vide glacial
Et des tempêtes de solitude

Ouvrir très grand les bras
Flotter sur une eau si rassurante...
Et ne faire qu'un avec la lune
Pour acceuillir la joie.

Un million de fois merci.


jeudi 6 novembre 2008

Une lune au pays des Merveilles

En pénétrant dans cet endroit magique, les mains moites, le coeur serré et le souffle court, j’ai ressenti une excitation que je ne réussirai probablement jamais à décrire. Ça dépassait tout ce que je m’étais imaginé. Des gens sobrement habillés déambulaient parmis d’autres presque nus mariant parfaitement le savoir-vivre et la perversion. J’ai tout de suite été séduite par le respect et le calme des invités. J’étais là pour observer alors sans perdre une seconde, je me suis mise à chasser avec gourmandise toutes les images qui s’offraient à moi.

Le premier élément que j’ai remarqué a été le film porno à saveur bdsm qui était projetté sur un écran immense...Mais comme mon regard ne manquait pas de stimulation, je n’ai pas vraiment suivi le film. La main de mon ami parcourant mon dos faisaient naître et renaître des tas de frissons sur mon corps et la douceur sensuelle de sa charmante copine me rassurait et calmait mes tremblements. Mes yeux savouraient le festin et j’avais la sensation de voir un peu de moi dans toutes les âmes que je croisais. C’était si bon, si doux, si excitant. Je me sentais titillée par autant de cadeaux et je soupirais en me gavant de tout ce vice. Et pour voir, j’ai vu...

J’ai vu un homme, d’une quarantaine d’années, simple, seul, droit et réservé, qui se promenait lentement en s’arrêtant parfois pour regarder les scènes. Il était visiblement voyeur, rêveur et comblé. Nous regardions souvent dans la même direction...En petite curieuse que je suis, j’ai eu très envi de m’approcher de lui, lui sourrir, le frôler, lui voler quelques mots. Je me suis plutôt contenté de le fixer de longues minutes, tentant de percer ses pensées. Étaient-elles semblables aux miennes ?

J’ai vu une femme souriante, belle et pleine d’assurance, assise confortablement sur un canapé, souriant et tenant en laisse deux hommes agenouillés devant elle, qui massaient et léchaient ses pieds. J’étais assise tout près et un de ses soumis touchait mon mollet en servant sa Maîtresse...Sa manière de leur parler en leur caressant les cheveux provoquait en moi toutes sortes d’émotions. J’étais touchée et fascinée.

J’ai vu un homme passionné des seins, demander poliment à une femme la permission de toucher sa poitrine. Devant son approbation timide, il s’est avancé presque hypnotisé, a pris dans ses mains ses deux petits seins, puis, heureux comme un enfant, il les a mis dans sa bouche pour les goûter posément malgré tout son appétit. La femme riait dans toute sa beauté pendant que son conjoint lui caressait le dos...La femme de cet homme comblé se tenait à ses côtés et se réjouissait sincèrement du plaisir de son homme. Je me sentais privilégié d’assister à ce doux moment entre deux couples, malgré un certain malaise. J’avais l’étrange impression de prendre sans donner.

J’ai vu un homme et une femme, exécuter la plus belle des danses. La main de Monsieur touchait gentiment le bout du nez de mademoiselle chaque fois qu’il claquait sa fesse avec énergie. Tout leurs mouvements avaient l’agencement d’une chorégraphie et une poésie animale. Rien n’aurait pu me faire détacher les yeux de leurs langues soudées, de leur désir brûlant, de leur corps valsants si près...et si prêts. Je me nourrissais de leur débauche, éffrontément.

J’ai vu un homme qui tounait autour de sa douce, allongée sagement sur le ventre, comme un prédateur autour de sa proie. Il la ligotait amoureusement avec de belles cordes blanches et rougissait sa peau de la manière la plus sensuelle qui soit. Parmis les gens attroupés qui regardaient la scène, j’étais là, examinant le visage de la proie. Ses petits cris attisaient ma sympathie, mon admiration et mon désir d’abandon. Son compagnon venait la rassurer en lui chuchotant des mots secrets au creu de l’orreille...Comme je l’enviais ! Elle refusait qu’il arrête, elle ne voulait être nul part ailleurs. Moi non plus.

Évidement, l’affamée que je suis a désiré un homme, avec une discrétion dont je ne m’aurais pas cru capable et dont je suis fière. Parce que chaque chose en son temps...Nous n’avons échangé aucun mot, que des regards et des sourires. Je crois avoir été la seule à frissonner lorsque nous nous sommes frôlés. Il n’a jamais su, non plus, que de ne pas glisser mes doigts sous sa cape fût un supplice pire que tout ceux se déroulant autour de nous. En apercevant ses mains (immenses!), j’ai eu envi de me pencher pour lui offrir mon derrière, comme ça. Pour qu’il le réchauffe, le pétrisse, le claque et le pénètre sauvagement...Pour qu’enfin la voyeuse cède sa place à la salope.

Pour lui, pour sa peau trop invitante, ses yeux rieurs, sa bouche, ses immenses mains et son nom que je ne lui ai pas demandé : j’y retournerai. Pour tout ce que j’ai vu, ressenti et respiré ce soir là : j’y retournerai. Pour revoir mes amis et partager avec eux : j’y retournerai. Pour connaître des gens et continuer d’avancer : j’y retournerai.

Au début de cette soirée, le désordre régnait dans mon appartement, comme dans ma tête. Il n’était pas question que je fasse de ménage, ni dans l’un ni dans l’autre. J’avais envi, que dis-je, j’avais besoin de m’amuser. Sortir. Marcher. Courrir. Avancer sur un chemin inconnu, jusque dans ce pays mystérieux qui m’appelle depuis...des lunes.

J’ai choisis de téléphoner ces amis qui savaient exactement ce dont j’avais besoin, peut-être plus que moi-même. Ils ont proposé et j’ai pris le temps de réfléchir, mais pas trop. Je craignais de changer d’avis. Je savais que le temps était venu pour moi d’aller voir de plus près cet univers qui m’attire tant. Pourtant, dès que j’ai accepté, je me suis mise à trembler.

Ils ont eu la gentillesse de venir me chercher et de m’amener là où je souhaitais être, où je devais être. Là où des gens se dévoilent, ou d’autres se régalent du spectacle. Là où chacun a sa façon de s’amuser. Je n’ai été qu’une simple observatrice mais me suis pourtant sentie plus concernée et plus impliquée que jamais auparavant.

Pour ces deux nouveaux amis que j’affectionne déjà, ceux qui m’ont invité, accompagné, rassuré et complimenté, je ressens une reconnaissance sans limite. Ils sauront se reconnaître ;-) Et pour ce qui est de ces inconnus qui m’ont sourit, ils ne se doutent certainement pas à quel point je l’ai apprécié. Cette soirée fût pour moi un grand pas. Une révélation. Une occasion d’avoir chaud, d’avoir faim, de rêver et d’accepter un peu mieux la femme que je suis.


Merci.

samedi 25 octobre 2008

"La nuit dernière"

Le 20 octobre dernier j'ai écrit ce billet, mélangeant le rêve avec la réalité et le fantasme, comme il est permis de le faire normalement dans l'écriture. Je l'ai publié ici, puis le lendemain, je l'ai supprimé. Après mûres réflexions je choisis maintenant de vous l'offrir sans aucun regret...

Il ne me suit pas, il me poursuit. Non pas de ses pas, mais de ses mots. Partout et tout le temps. C'est l'ustencil quand je me nourris, le savon quand je me lave, le regard quand je m'habille, la main quand je jouis et le dompteur quand je me fais lionne. Il y a sa voix dans mes silences, trop souvent. Homme ou fantasme ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les deux n'en finnissent plus de s'entremêler pour me tourmenter.

Depuis quelques semaines, la louve perd ses repères et ne chasse plus. La lune perd le nord, attendant le dénouement : Une proposition ? Un rejet ? Une déception ? Une illumination ? Un sourire ? Des larmes ? L'approbation ? L'extase ? Si j'avais le loisir de choisir, je choisirais. C'est précisément pour cette raison que je ne veux pas de ce pouvoir. Pour moi, décider de ne pas choisir équivaut à cesser de respirer. Lui, il m'impose ce "non-choix" et nos échanges me déstabilisent.

Je ne connais ni ses mains, ni sa voix, ni son odeur, ni son visage, et encore moins ses intentions. J'ignore même si je souhaite le rencontrer un jour, ou une nuit. Pourtant, j'ai éteint le moteur de mon bateau, hissé la grande voile et laissé ses mots devenir mon vent.

La nuit dernière, j'ai rêvé que je le rencontrais. Il commençait par m'écrire son invitation, ses directives, ses souhaits. Une fois de plus, je savourais chacun de ses mots pendant qu'une invasion de papillons sévissait dans mon ventre. Avec dans ma main tremblante l'adresse à laquelle il m'avait demandé de me rendre, je me retrouvais marchant dans les rues de montréal. Sur le chemin, j'arrêtais dans une chocolaterie, pour lui acheter une jolie boîte de délicieux chocolats. Parce que je sais que, comme moi, il adore le chocolat. C'est dailleurs une des rares choses que je connaisse de lui.

Devant sa porte, je fouillais sa boîte aux lettres pour y trouver le bandeau destiné à cacher mes yeux curieux. Je l'installais, puis sonnais, déchirée entre l'envie d'entrer et celle de m'enfuir en courant. On venait m'ouvrir et une voix douce et autoritaire que je savais être la sienne, me guidait. Sa main prennait la mienne, mes genoux tremblaient. Il m'ordonnait de me déshabiller et de m'allonger. Il cessait de me parler pendant quelques secondes mais je pouvais l'entendre respirer et je sentais son regard me brûler cruellement la peau. L'état de vulnérabilité dans lequel je me trouvais me donnait presqu'envi de pleurer. non pas de peine, mais de désarroi. Il faisait naître sur mon corps des frissons en approchant habilement son souffle chaud de mon orreille et en y chuchotant ses désirs.

"Monsieur souhaite que mademoiselle se donne en spectacle pour lui. Après s'être caressé tant de fois dans le secret en songeant à Monsieur, il est maintenant venu le temps de le faire devant lui, pour lui, et comme il l'entend, est-ce bien clair ?"

Alors timide et désamparée, je glissais un doigt entre les lèvres de mon sexe en frissonnant. J'exécutais ses ordres avec ma volonté irrationnelle et démesurée de lui plaire.

"Je veux vous voir entrer deux doigts en vous, profondément."

"Tournez votre index lentement autour de votre clitoris et dites-moi comment est-il ? Humide ? durci ? comment vous sentez-vous ?"

"Augmentez progressivement le rythme mais ne jouissez pas avant que Monsieur ne vous donne la permission..."

Quand l'intensité dépassait la limite que Monsieur estimait raisonnable, et qu'il me trouvait trop empressée, il me demandait de tout arrêter pour lui raconter les images qui avaient peuplé mon esprit, chaque fois que j'avais jouis seule en songeant à lui. Tourmentée, le coeur au bord de la crise cardiaque et le souffle court, je lui racontais tout, dans les détails les plus pervers. Pendant qu'il me traitait de petite vicieuse, je pouvais l'entendre sourire, je pouvais l'entendre bander. Je tentais de constater moi-même, du bout de mes doigts aveugles, de la rigidité de son membre mais il me le refusait.

"Monsieur vous déconseille d'agir ainsi..."

C'était suffisant pour que je me fasse docile. La tâche de mademoiselle consistait à se laisser guider par Monsieur pour lui offrir le spectacle de son plaisir solitaire. Je craignais de jouir, mais je craignais d'avantage de ne pas le faire. Je me préocupais de l'opinion qu'il avait de mon corps nu ainsi offert à son regard exigeant, mais me concentrais sur ses paroles aussi sécurisantes qu'envoûtantes.

La nuit dernière, j'ai rêvé que je m'abandonnais totalement, en me soumettant pour la première fois de ma vie.

lundi 29 septembre 2008

Le charmant dentiste

Aujourd’hui, je suis allée chez mon dentiste.
Ce n’était pas ma première fois avec lui, il me connait bien maintenant et sait comment me parler...

Moi, je joue le jeu, bouche ouverte et sourire dans les yeux...M’aurait-il démasqué ?



Le charmant dentiste : Assied-toi, lune...voilà

Le charmant dentiste : Ouvre ta bouche bien grand...voilà

Lune : Ça va faire mal ?...

Le charmant dentiste : À peine... C’est normal que ce soit sensible et déplaisant, mais je vais faire vite, tu dois seulement être un peu patiente...t’es capable ?

Lune : Oui...

...

Le charmant dentiste : Tu es tendue lune...t’ais-je fait mal ?

Lune : Là non, mais parfois oui alors je me prépare mentalement...

Le charmant dentiste : Tu ne dois pas anticiper la douleur comme ça...Tu sais que j’arrête juste à temps quand ça fait mal...non ?

Lune : Oui

Le charmant dentiste : Alors fais-moi confiance d’accord ?

Lune : « accowww »

...

Le charmant dentiste : Bon, je sais que tu n’aimes pas cet instrument qui vibre très fort mais ça ne sera pas si pire...ferme tes yeux, imagine que ça vibre mais que c’est plaisant...

?!?!?!?!

...

Le charmant dentiste : Voilà, tu as fait ça comme une grande fille...je suis fière de toi...

Lune : Merci

Le charmant dentiste : Je peux te donner un conseil lune ?

Lune : Oui...

Le charmant dentiste : tu aurais intérêt à te détendre et faire confiance plus souvent, tu serais moins stressée et tu aurais moins mal aussi...

Lune : Heu...je sais

Le charmant dentiste : Maintenant regarde-moi et laisse-moi nettoyer ta bouche avant que ça te dégouline jusque dans le cou...
...

samedi 27 septembre 2008

jeudi 18 septembre 2008

De loin

Le temps est maintenant venu, pour la petite impatiente, complaisante, vilaine et trop prudente lune que je suis, de vous dévoiler une partie de sa face cachée.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l'écriture d'obscénités m'est bien plus aisée que l'écriture de tout le reste. Je peux assez facilement vous avouer qu'aucun vibromasseur sur cette planète n'a réussi à me faire jouir autant qu'une brosse à dents électrique (à part peut-être un jet de bain tourbillon et une lime à ongles électrique trafiquée il y a de ça très longtemps) mais j'hésite à vous parler des bas-fonds d'où je viens. Ceux-là même qui ont fait de moi la femme qui vous écrit aujourd'hui.

Je ne souhaite pas pour l'instant m'attarder sur mon enfance qui fût difficile comme beaucoup d'autres. Je n'en vois pas l'utilité....Sauf peut-être pour vous dire que, comme j'aime être traitée comme une petite fille, j'imagine que je ne suis pas encore sortie de cette enfance. On peut dailleurs le voir dans mes yeux, paraît-il. Avec les années, et les erreurs, j'ai finis par apprendre et acquérir de l'expérience. Au niveau affectif, cependant, l'hypersensibilité m'éloigne souvent de la maturité à laquelle j'aspire. Pour le moment, je n'y vois pas que du mauvais : J'ai été une enfant méfiante, sombre, refoulée et désillusionnée et je suis maintenant une femme curieuse, intéressée, aimante, rieuse et malgré tout rêveuse. C'est en devenant adulte que j'ai appris à rêver, moi, mais j'ai dû avancer longtemps sur le chemin de la destruction avant de changer de route.

Le mélange explosif de colère, de rage, d'appétit sexuel et de soif d'amour absolu ont fait de mon adolescence un enfer qui s'est poursuivi jusqu'à mes 25 ans. Jusqu'à ce que je découvre que toutes les baises et toutes les drogues du monde n'avaient et n'auraient jamais aucun pouvoir sur cette colère, rage, appétit sexuel et soif d'amour. En fait, seule la mort aurait été capable de m'appaiser un tout petit peu; j'ai donc choisis LA substance qui m'a permit de m'en approcher le plus...

À coup d'aiguilles, je me suis injecté un peu de mort...Puis, je me suis injecté plus de mort...Puis, je me suis injecté beaucoup de mort. La mort n'était jamais assez morbide, le poison n'était jamais assez puissant. Je vais vous épargner toutes les trahisons, les bassesses, l' "overdose" qui a failli me coûter la vie, ainsi que les douleurs atroces des nombreux sevrages, qui feraient de mon histoire une-vraie-histoire-de-toxicomane-en-règles. Je vous laisse le soin d'imaginer.

Je préfère vous dire qu'un rayon de soleil finit toujours par percer même le plus frigorifiant des pôles nord. J'en suis la preuve vivante. Et de ce cauchemar est né, entre autre, une amitié profonde avec un des plus extraordinaires être humain qu'il m'est été donné de connaître. La drogue avait fait de lui un monstre, mais ne pouvait-il pas en dire autant de moi ? Bien sûre. Nous nous sommes battu, et aimé, autant qu'il soit possible de le faire avec tout nos lourds handicaps.

Nous nous sommes fait beaucoup de mal, pourtant, cet homme est toujours dans ma vie et je l'aime assez pour donner tout ce que je possède afin de le rendre heureux si cela était nécessaire. Mais ça ne l'est pas : Il est heureux et nos échanges sont d'une richesse rare et précieuse. Il a été pour moi un ami, un amant, , un amour impossible...un père. Un père redoutable, mais protecteur. Bien qu'il l'ignore, je crois que c'est à ses côtés, au coeur de la tempête, que sont nés les premiers symptômes de mon désir de soumission...

Je me suis retrouvée en cure à l'âge de 24 ans. Je refuse d'en prendre tout le mérite puisque j'ai attendu d'être forcée pour faire le pas. Forcée de choisir entre la vie et la mort. De ce choix en faveur de la vie que j'ai fait à cette époque, je retire chaque jour une énorme fierté. Je me suis engagée, sans trop le décider et muée par une force dont je ne me connaissais pas, dans un processus de cheminement intense. Processus dans lequel je continue d'évoluer, onze années plus tard. J'ignorais tout de cette si longue, si difficile et si belle aventure qui m'attendait. Alors que j'étais pliée en deux par les crampes et le poid de cette société que je haïssais, personne n'aurait pu me faire croire qu'un jour je serais où je suis maintenant. J'y suis pourtant.

Employée cadre dans un PME, je gère une équipe en plus d'avoir des reasponsabilités importantes. Rien d'impressionnant j'en conviens...Pour quiconque ignore d'où je viens. Parce de là, beaucoup n'en reviennent jamais. Ma mort n'aurait eu rien de surprenant. C'est plutôt le fait que je sois en vie qui soit surprenant. Dans mon travail, je n'abuse pas de mon pouvoir; je sais ce que c'est que d'être en bas de l'échelle. J'essaie d'apprécier ma position au lieu de m'en orgueillir. Je vise l'humilité. Ce n'est que très rarement que je réussis autant que je le souhaiterais mais j'y aspire. Parce que la vie m'a depuis longtemps appris que l'humilité est une clé pour accéder à l'appréciation de ce que l'on a. Et quand j'apprécie ce que j'ai, moi, je suis heureuse, pas vous ?

Il m'arrive bien sûre d'être en colère, décue, peinée, méchante, frustrée, COMPLAISANTE, comme certains ont pu le constater ici dans mes écrits. Un immense feu me brûle le ventre, encore, et mon amour des hommes m'éloigne trop souvent de leur amour et de leur respect. J'ai encore tant à apprendre. Mais je suis là, bien vivante, et aucun de vous ne pourraient soupçonner en m'observant, que j'ai été autrefois comme ces junkies qui lavent vos pares-brises.

Si vous me questionniez sur ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir d'enfants et d'amoureux, j'aurais sûrement envi de pleurer. Si vous me demandiez ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir de maison, de voiture, de fond de pension et de voyages à mon actif, je vous rirais sans doute au nez et ce, sans la moindre arrogance.

J'ai de la vie dans mon corps et dans mes yeux et je rie aux larmes au moins une fois par jour. J'ai un appartement, de quoi manger et je paye mes factures. J'ai même acquis assez d'équilibre et d'estime de moi-même pour préférer être seule que mal accompagnée et pour attirer le respect de ceux que j'aime, ce qui n'est pas rien vous en conviendrez.

Oui, je suis consumée depuis quelques temps par des envies d'être dominée. Elles ont, je crois, toujours existé. Pour une raison que j'ignore encore, ces envies se font de plus en plus présentes. J'ai ce désir que je crois sain, d'appartenir à un homme dans l'intimité, dans Notre intimité. Découvrir de nouveaux jeux qui soient faisables dans le respect de ce que je suis. Aprivoiser la soumission..et l'amour mais encore davantage : Me laisser apprivoiser par la soumission et l'amour. J'arrive avec un peu d'aide, à croire que tout cela est possible et ça m'émeut au delà de tout ce que j'avais imaginé. Et bien que la société juge et condamne ce genre de marginalité, je demeure pour l'instant celle qui me juge le plus sévèrement. Même malgré le fait que la marginalité moi, je connais bien.

Ma vie, dans tout ce qu'elle a de plus sombre et de plus lumineux, est un perpétuel apprentissage dont je vous parlerai davantage à l'avenir. Je m'en ferai un devoir.

mercredi 9 juillet 2008

Éclair de vérité

"Le jugement méprisant que nous destinons aux autres, à ce qu'ils ressentent et ce qu'ils sont, est proportionnel à la honte qui se cache au fond de nous, pour ce que nous sommes, et ce que nous ressentons."

dimanche 6 juillet 2008

Vive les fraises !




Quelqu'un veut un morceau ?