vendredi 1 mai 2009

La peur du monstre

Une étudiante en sexologie que j’appelerai Isabelle pour préserver son anonymat, m’a demandé de participer à un de ses travaux dans le cadre d’un cours de relation d’aide, et j’ai accepté. J’ai joué le rôle de l’ « aidée » le temps de trois rencontres de 45 minutes chacune. Nous devions partir d’un élément particulier de ma vie, qui me préocupait. Je devais m’ouvrir et développer sur ce point pendant q’elle pratiquait avec moi ses techniques d’intervention. Je l’ai fait pour l’aider...Et me suis finalement retrouvée « aidée » plus que je ne l’aurais cru. Je dois même admettre que je n'aurais pas refusé quelques rencontres supplémentaires.

Plusieurs points sont resortis de ces trois entretients et j’ai été surprise de me voir aussi fragile, aussi sensible, face à la femme que je suis devenue. Je me savais très bavarde, capable de parler assez facilement de moi. Cependant, je ne m’attendais pas à ressentir un malaise en m’ouvrant les tripes et en dévoilant la face plus cachée de la lune, ainsi que ses cratères immenses. J’ai même ressenti de la honte en discutant de certaines de mes faiblesses. Je l’ai fait avec elle en me disant que, ce qu’on n’a pas envi de dire est bien souvent ce que nous avons le plus besoin de dire. C’est dans cette même optique que j’ai décidé d’en partager une partie avec vous. Elle m'a aussi suggéré que l'écriture pourrait m'être bénifique mais ça, je le savais déjà.

D’abord, je suis une personne insatiable et excessive. En ce qui concerne la séduction, je dirais que si je le pouvais, j’aimerais pouvoir garder un (ou plusieurs?) homme(s) dans une érection permanente. Cela va bien au delà du sexe ou de la perversion. J’aime séduire et être séduite. J’aime me sentir désirée comme la plupart des femmes mais la différence est que moi il m’est très difficile de perdre ce sentiment et je voudrais que ça ne s’arrête jamais. À l’occasion, il peut même m’arriver de me sentir insécure et terriblement décue quand l’érection disparaît. Je vis souvent un deuil lorsqu’une relation sexuelle se termine, qu’elle dure 15 minutes, une heure ou deux jours. J’ai plusieurs fois exprimé le désir d’apprendre une autre façon de consommer la séduction et la sexualité. Depuis quelques temps, la vie me permet de faire de petit pas sur ce chemin et j’en retire beaucoup de joie, de gratitude et de fierté.

J’apprends la lenteur. J’apprends à contrôler l’agressivité ressentie quand je ne suis pas pénétrée au moment où je voudrais l’être. J’apprends à faire durer le désir jusqu’à ne plus en pouvoir. J’apprends à apprécier les caresses tendres et sensuelles sans être dans l’empressement d’être prise. J’apprends enfin à consommer la séduction et la sexualité comme de la fine cuisine, au lieu de m’en empiffrer comme dans un buffet à volonté telle une gloutonne.

J’ai toujours eu tendance à apprécier chaque sensation qui m’est offerte mais je dois admettre que maintenant je les apprécie davantage et elles me paraissent plus intenses. Quand je me sens obsédée par le sexe et que je n’ai que ça en tête je me demande « lune, est-ce vraiment de sexe que tu as envi? » Comme je suis plus à l’écoute de mon corps, je réalise bien souvent que ce n’est pas exactement ce dont j’ai besoin. Je sens que j’évolue mais je considère malgré tout que j’en ai encore beaucoup à apprendre.

Ce côté de moi se reflète dans plusieurs sphères de ma vie. J’en veux toujours plus, et j’arrive difficilement à être raisonnable. Mes émotions sont aussi assez démesurées ainsi que ma manière souvent maladroite de les exprimer. J’ai déjà fait des pas de géante en éliminant de mon existence l’alcool, la drogue, et les relations malsaines. Même la nourriture arrive de plus en plus à me rassasier mais en général, le sentiment de satiété ne m’a pas habité souvent dans ma vie. Je suis en train de l’apprendre doucement. Lentement mais sûrement.

Malheureusement, je demeure insatiable à plusieurs niveaux. Plus précisément ce qui touche les relations affectives et le plaisir sous toutes ses formes. Je suis souvent comme une petite gamine qui ne veut pas arrêter de s’amuser, qui refuse qu’on lui enlève ses jouets, qui réagit très mal quand on lui dit non, qui est mi-naïve, mi-méfiante et qui a souvent et démesurément besoin d’être rassurée. Que de vilains travers à corriger!

J’ai tendance à voir l’ensemble de mes défauts comme un horrible « monstre » qui vit au fond de moi, et je vis souvent dans la peur qu’on le découvre et qu’on me trouve moins belle, moins bonne, moins aimable. Je l’ai toujours su mais en discuter avec Isabelle m’a fait réaliser combien la peur de ce « monstre » ne me quitte jamais. Dans le passé, j’entretennais souvent des relations platoniques sans engagement profond, et je finnissais par prendre la fuite pour éviter qu’on ne découvre ce « monstre ». Aujourd’hui, j’ai envi de me laisser connaître entièrement malgré tout ce que cela implique. À part les membres de ma famille, j’ai dans ma vie un nombre plutôt limité de personnes qui ont vu plusieurs de ces facettes. Ce sont des gens auxquels je suis très attachée et desquels je me sens aimée. Pourtant, chaque fois que ce « monstre » refait surface j’ai honte et j’ai peur de leur jugement.

Quand on me demande à quoi ressemble ce fameux « monstre », j’ai toujours de la difficulté à le décrire. Pour moi, c’est quand je boude parce que je n’obtiens pas ce que je désire. C’est quand on me rassure et que je ne me sens pas plus rassurée. C’est quand je suis jalouse. C’est quand je veux arrêter de pleurer sans y arriver. C’est quand je ne peux m’empêcher d’exiger plus que ce que l’on m’offre. C’est quand on est témoin de ma colère, que je gère dailleurs très très mal. C’est quand la petite fille en moi m’empêche d’être la femme-adulte-raisonnable que je voudrais être. Bien que je reconnaisse mon droit d’être humaine, que je sache que la perfection n’existe pas et que je sois consciente que je ne pourrai jamais éliminer ce « monstre », je persiste avec acharnement à vouloir le contrôler, pour pouvoir être une femme parfaite, une amie parfaite, une amante parfaite...Rien de moins. C’est dommage mais j’accorde souvent plus d’indulgence et de tolérance aux autres qu’à moi-même.

Je me considère une belle femme, avec une grande richesse intérieure et de magnifiques qualités. Pourtant, quand Isabelle m’a demandé si je me voyais comme une personne « aimable » je suis restée silencieuse trop longtemps. Cette hésitation a fait naître un noeud dans ma gorge est des larmes dans mes yeux. « Je suis une personne aimable » ais-je finis par répondre après avoir ravalé ma salive plusieurs fois. J’y croyais vraiment mais j’étais terriblement décue de ne pas avoir répondu plus instantanément puisque je ne doute pas de ma beauté et de mes forces. J’ai seulement cette triste impression, bien ancrée en moi depuis longtemps, qu’il est plus difficile de m’aimer quand on découvre tout ce que j’ai de moins reluisant...

La plupart du temps, et particulièrement ces jours-ci, je suis heureuse! Nous avons tous nos « bibittes » et je pense que même avec un grand désir de s’améliorer, nous ne devons pas oublier de vivre! Je peux toujours viser la perfection mais je dois garder en tête que je ne l’atteindrai jamais et que le cheminement est tout aussi important que le résultat final, sinon davantage. Je continuerai donc d’avancer sur ce chemin palpitant, un pas à fois, vers ce jour où la petite lune aura perdu sa peur du « monstre » pour devenir une plussss meilleure femme-enfant-adulte-raisonnable-et-PRESQUE-parfaite!

« Il n’y a de terrible en nous que ce qui n’a pas encore été dit » Louis-Ferdinand Céline

mardi 14 avril 2009

Au Pays de Candy

"Au pays de Candy, comme dans tout les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils..."

Je pense que pour la plupart des femmes, leurs fantasmes les plus incompréhensibles et les moins avouables ont d'abord été des désirs de petite fille.

(Pour arriver à l'essentiel je vous suggère d'avancer directement à 1:20)


Il y a forcément un lien à faire entre ces deux vidéos...Je vous laisse en juger par vous-mêmes ;-)

mercredi 8 avril 2009

La plus chaude des pipes...

Il y a des jours comme ça, et des soirs aussi. Des moments magiques, et tragiques aussi...qui arrivent à nous faire rire quand on y repense avec du recul.

Il y a quelques jours j'ai reçu un ami chez moi pour, entre autre, inaugurer ma nouvelle pipe à shisha. Après un léger repas, nous sous sommes rapidement retrouvés nus préparant la fameuse pipe. Tout deux allongés sur mon futon, nous avons partagé le plaisir convivial de cette sorte de "calumet de paix" aux parfums sucrés de leechee, en agrémentant cet instant de délicieuses caresses.

À un certain moment, continuant de promener ma bouche sur la peau chaude de Monsieur, j'ai décidé de saisir la pipe pour en aspirer quelques bouffées. À peine ais-je eu le temps de réaliser que le tuyau était plus court que je ne l'avais cru que la pipe (je parle de l'objet...) avait dramatiquement basculé. La petite briquette de charbon allumée et rouge s'est retrouvée en morceaux, entre mes cuisses.

Le "plaisir convivial" a tourné au cauchemar en l'espace d'une seconde et toute la sensualité de cet instant s'est vite transformé en panique. Pendant que l'eau de cette pipe-de-malheur se déversait sur mon plancher, je pouvais voir et surtout sentir le feu qui collait à ma peau et la faisait fondre. Je tentais désespérément de m'en débarasser du revers de la main, sans succès. Avec l'aide de Monsieur, j'ai finis par envoyer quelques tisons sur le sol en criant et en sautillant sur mes fesses mais j'ai été sérieusement brûlée.

Bon je sais, les plus cyniques sont certainement en train de se dire en eux-mêmes "Lune aime les émotions fortes! Non seulement elle aime quand ça fait mal, mais elle a l'habitude d'avoir le feu entre les cuisses..." Croyez-moi (ais-je vraiment besoin de vous convaincre?)cette fois je n'en ai retiré aucun plaisir.

Après que nous ayions éteint le dernier tison et que nous ayions repris notre souffle, la tragédie a pris des tournures de "role play" du genre "docteur/patiente" et j'ai écarté mes jambes bien grand afin que Monsieur évalue l'empleur des dégâts. Diagnostic? Plusieurs rougeurs mais trois brûlures plus graves. Deux sur l'intérieur de la cuisse droite et une sur la lèvre gauche (et vous avez sans doute deviné que je ne parle pas de ma bouche).

Une infirmière d'info-santé m'a fortement conseillé de me rendre à l'hopital afin de m'assurer qu'il ne s'agisse pas de brûlures au troisième degré...Je pense qu'il est inutile que je vous précise que je n'avais aucune envie d'avoir à expliquer les quelques marques de morsures sur mon corps, en plus d'avoir à exposer les brûlures que j'ai entre les cuisses, causées par une pipe à shisha renversée, après avoir attendu 10 heures minimum dans une salle d'attente, les jambes écartées...J'ai choisis de rester chez moi.

Moi qui avais prévu, ce soir là, honorer Monsieur dans la plus dévouée des servitudes...J'ai passé le reste de la soirée immobilisée, jambes écartées, à me faire servir et dorloter.

Comme les brûlures ne sont pas encore guéries, je suis forcée de marcher en évitant le plus possible le frottement entre mes cuisses. Je vous laisse donc imaginer toute la beauté de ma démarche cavalière. Mis à part ce détail, je me suis plutôt remise de cet accident fâcheux.

Merci encore à Monsieur pour son précieux support dans cette BRÛLANTE épreuve ;-)

jeudi 2 avril 2009

Éclair de fait divers

Le 1er septembre 1997 22h

Je suis toute seule maintenant et c'est sûrement mieux ainsi. Philippe vient de partir en claquant la porte, encore une fois. Je sais trop bien que dans quelques heures, quelques jours tout au plus, il reviendra escalader mon balcon comme il en a l'habitude. Il entrera sans frapper, et se dirigera vers le frigo, souhaitant stupidement qu'il se soit auto-rempli pendant sa courte absence. Et il se réinstallera dans le désert de ma vie en attendant la prochaine tempête. Pourtant, chaque fois qu'il me quitte la peur de manquer d'air m'envahit. Ce soir, la culpabilité me dévaste. Un peu comme la larve d'un gigantesque volcan qui n'en finit plus de déborder en brûlant tout sur son passage. Je dois avoir surestimé le pouvoir de mon poison puisque je pleure bien plus que je ne plâne. Je suis décue que la drogue ne réussisse plus à, ni sécher les larmes dans mes yeux, ni anesthésier ma douleur. Il n'a pas le droit de m'abandonner ainsi, seule au milieu de ce superbe enfer que nous avons pourtant construit ensemble. Un horrible monstre, voilà ce qu'il est...et ce qu'il a fait de moi.

La journée avait pourtant bien débuté. Deux seringues attendaient sagement que nos bras se réveillent et Philippe était tout joyeux: Il n'en fallait pas plus pour que je sois comblée. Comme c'est toujours plus facile de trouver de l'argent quand je ne souffre pas du manque, je suis allée porter mon vidéo au "pawn shop" pour la centième fois et j'ai eu en échange plus d'argent que je ne le prévoyais. Cela a suffit pour que j'évite les affreux remords habituels. En rentrant, je suis passée devant un fleuriste et me suis surprise à m'imaginer, telle un femme respectable à qui l'on offre ce genre de bouquet. Quand je suis arrivée, Philippe m'a acceuilli avec des bêtises, ce qui m'a vite remis les pieds sur terre. Monsieur me reprochait d'avoir pris trop de temps. Ce fût ensuite son tour de sortir pour acheter nos précieuses doses. J'ai trouvé qu'il avait lui aussi pris trop de temps mais j'ai choisis de me taire à son retour. J'avais mieux à faire.

C'est moi qui ai séparé les portions, en prennant bien soin de ne pas oublier, que c'était mon vidéo à moi qu'on s'apprêtait à se shooter. Il a grogné que la quantité était trop grande pour ma carcasse et que c'était dangeureux. J'ai souris parce qu'en fait, c'est toujours dangeureux quand on s'injecte de la drogue dans les veines, C'est juste qu'on y pense pas. Alors je l'ai traité de jaloux pendant que l'aiguille perçait ma peau suppliante. Effectivement, c'était trop. J'ai complètement perdu la carte mais c'était loin d'être la première fois. J'avoue que c'est un peu mon but quand je me gèle.

Quand je suis revenue à moi, grâce à l’air soufflé de la bouche de Philippe à la mienne, il avait dijoncté et me hurlait de respirer. J'essayais d'ouvrir mes paupières afin qu'il soit juste assez rassuré pour me laisser plâner en paix, mais je n'y arrivais pas. Il était complètement hystérique et ses poings m'ont presque défoncé la cage thoracique. "Merde" que j'ai pensé, et je l'ai peut-être dit. Je vennais de goûter au paradis et lui avait tout gâché. Il avait écourté mon voyage au pays des merveilles. En retrouvant ma conscience, je l'ai vu pleuré et ça m'a un peu consolé. J'ai cru, pendant un instant, qu'il m'aimait pour vrai. Ensuite, j'ai une fois de plus été forcée de réaliser que moi, c'est quand ma tête repose sur l'épaule de la mort que je me sens bien.

Pendant ce temps, Philippe essayait de me convaincre que j'avais besoin de soins médicaux. À peine avais-je repris mon souffle que j'étais obligé de l'écouter m'expliquer sa fameuse théorie selon laquelle, un overdose d'héroïne est toujours suivie d'une période critique de cinq heures où le coeur risque de lâcher une deuxième fois mais sans ne jamais redémarrer. Il était convaincu et sûrement convaincant mais tout ses mots ne réussissaient qu'à m'étourdir. Il était hors de question que j'aille m'allonger sur une civière froide, dans un corridor quelconque, à me faire massacrer les bras par des infirmières qui ne sont même pas foutues de trouver une veine. Rien n'aurait pu me forcer à sortir parmi tout ces gens qui ne sont pas de ma race.

Derrière mon épais masque d'indifférence je souhaitais tellement que Philippe ne finisse pas par partir, et qu'on évite le drame pour une fois. Rien qu'une seule putain de fois. Mais c'est raté. Il est parti en me crachant au visage que j'étais égoiste et que je méritais de crever toute seule...Dire que j'ai cru qu'il m'aimait. C'est lui l'égoiste, il mérite de revenir et me trouver morte! Mais malheureusement il ne reviendra pas, et puis je ne crèverai pas.

À l'instant même où j'écris ces mots, je sens mon âme meurtrie se diriger comme un somnambule, là où je me sens si confortable. Ayant pour seule compagne mon amie la seringue, je m'envolerai le temps d'un songe chaleureux. Pour vite oublier que cette seringue est en fait la pire enemie que ma vie ait connu. Malheureusement, il existe de ces fréquentations dont on ne se défait pas facilement. Moi je suis allergique aux états de conscience permanents. Toutes mes blessures, ainsi exposées et toujours à vif, finiraient par me tuer.

Un jour j'ai fait déboulé quelques poussières blanches au fond d'une cuillère. Avec un peu d'eau j'ai concocté ma potion magique. La chaleur ressentie au moment où cette potion a pénétré mon sang, n'a plus jamais quitté ma mémoire. J'avais été frappée par le genre de coup de foudre où on se dit naïvement "Enfin! Voilà ce que je cherche depuis toujours". Malgré les mises en garde, je suis devenue, sans m'en apercevoir, comme ces tristes fantômes errant sur les trottoirs, à qui je donnais des cigarettes en jalousant leur si totale indifférence. Je sais maintenant que dans chaque junkie il y a un peu de moi. Et j'ai à l'intérieur de moi, une partie de chacun d'eux.

Quand on regarde au delà du déguisement, du sourire angélique et au delà du toît sur ma tête que je ne tarderai pas à perdre, on voit bien que je ne suis pas différente d'eux. Mais personne ne regarde au delà de ce qu'il voit. Tout le monde s'en fout. Cette femme étrange, cette enfant au coeur infirme, que je détruis et rejette, elle me colle au derrière et je ne sais plus quoi en faire. Le dégoût et la haine qu'elle suscite en moi ne cesse de grandir et ce, malgré tout les détours que je fais pour éviter les mirroirs. Cette ombre de moi-même, pourtant pâle et faible, me poursuit et me hante avec une intensité suprenante.

Bien sûre j'aurais voulu que mes parents soient fiers de moi, mais j'ai échoué depuis fort longtemps. Je veux bien croire et accepter qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, mais c'est assez évident que le résultat est un désastre. Je ne pourrais pas dire quand exactement, mais j'ai finis par me résigner. Certains voient leur progéniture devenir des prêtres qui consacrent toute leur vie à l'adoration d'un Dieu qu'ils n'ont jamais vu, des criminels endurcis qui passent leur existence enfermés à l'abris de la vrai vie, ou des automates sages et fiers de traverser leur vie en la travaillant. Mes parents, eux, c'est une droguée qu'ils ont pour fille. Une junkie qui a appris l'alcool, la drogue et l'oubli, pour survivre aux tornades qui chavirent le coeur. Moi aussi je travaille fort. Je suis une automate finie, contrainte à me dévouer, et à adorer une substance qui m'assassine lentement et me retient prisonnière à des années lumière de la vrai vie. Moi, tout ce que je souhaite, c'est endormir cette existence et utiliser le peu d'énergie dont je dispose, pour éviter qu'elle ne s'éveille.

La semaine dernière, ma mère soudainement préocuppée par le sort de mes pieds, m'a acheté une belle paire de bottes pour ainsi prévenir de vilaines engelures à son restant de fille. Elle a même eu la rapidité d'esprit de les égratigner volontairement pour s'assurer que je n'essaierais pas de me les faire rembourser. Bravo maman...Mais quand je sors de chez moi c'est pour de la drogue, de l'argent, ou tout ce qui s'y rattache, alors franchement je ne vois pas comment je pourrais enfiler ces bottes. Les remords me remuent tellement les entrailles que j'ai envi de vômir rien qu'en les regardant.

La honte ne me laisse aucun répis. Bien des gens l'ignorent mais l'amour des autres est douloureux pour ceux qui détestent ce qu'ils sont, autant que la haine peut l'être pour les chanceux qui ont trouvé le secret de l'amour de soi. Mes parents m'ont donné "le cadeau de la vie" et seraient démollis de voir ce que j'en fais de leur cadeau...mais jamais aussi démollis que moi.

Je suis dans mon lit, mon petit univers. Je suis entourée d'une eau noire et assez profonde pour m'engloutir alors je ne veux être nul part ailleurs que sur cette île lointaine. J'écris à perdre haleine, comme si c'était la dernière fois. Depuis toujours, l'écriture est mon seul refuge, la seule amie qui ne m'ait jamais abandonné. Je réalise, sans surprise, que la théorie tordue de Philippe c'est de la merde puisque les heures passent et je suis toujours en vie...Enfin, autant que cela est possible de l'être et avec suffisament de force pour mettre mes tripes sur ce papier. Je n'en demande pas plus.

J'ai l'impression que mon coeur oublie de battre neuf fois sur dix. C'est une moyenne inquiétante mais j'en connais bien la cause. Mon coeur a besoin de Philippe. Besoin de sentir sa présence et entendre sa voix pour y trouver son rythme. Mon pauvre coeur handicapé, qu'il a apprivoisé, déshabillé, observé, compris, protégé, cassé, soigné...Et aimé à sa façon à lui. Il a fait pour mon coeur bien plus que je n'ai moi-même jamais été en mesure de faire. Et avec ce coeur malade moi je l'aime tant.

Si l'absence de drogue peut rendre mon amour encore plus grand et encore plus bouillant, alors je préfère ne jamais dégeler sinon je n'y survivrai pas. J'ignore comment aimer. J'ignore comment gérer cette brûlure dans mon ventre quand je le regarde dormir. Sur mon navire, il est le seul capitaine et c'est de mon plein gré que je lui confie les commandes. Ma confiance en lui n'a aucune barrière. Même ses mensonges sont pour moi des vérités. Quand il est là je me sens plus protégée que toutes les richesses de ce monde. Je n'ai pas peur de fermer mes yeux et le laisser me mener en bateau vers des pays inconnus.

Ce soir il a sauvé ma "presque vie" de ses mains, de son souffle, de son coeur. Puis, il est parti avec elle. Je voudrais qu'il soit ici et qu'il m'accompagne dans ce dernier voyage. Qu'il m'écoute lui promettre que demain je serai sage, et qu'il me croit. Pour lui répéter cent fois combien je l'aime et lui confesser tout ce qu'il sait déjà, tout ce qu'il a su avant moi. Faire comme si cette saleté de drogue n'avait jamais construit de mur entre lui et moi. Je sens qu'il ne me reste que très peu de temps sur cette triste planète et je me demande pourquoi il est si difficle de quitter un ciel si gris. Ce n'est pas que je tienne vraiment à la vie mais je n'aurais jamais cru m'éteindre ainsi. Je souhaite seulement que ma douleur disparaisse en même temps que ma vie. Je suis si fatiguée, et si seule, et si minuscule, et si loin...

Hier soir, un appel anonyme a conduit les policiers du SPVM dans un appartement du plateau mont-royal à l'intersection des rues messier et rachel, où ils ont fait la maccabre découverte du corps inanimé d'une jeune femme dans la vingtaine. Bien que la cause exacte de son décès soit encore inconnue, tout porte à croire qu'elle aurait succombé à une surdose d'héroïne. En arrivant sur les lieux, les secours ont trouvé la femme au lit, recroquevillée sous les couvertures. Un crayon et quelques feuilles éparpillées autours du cadavre, indiquent qu'elle aurait consacré ses derniers moments de lucidité à l'écriture d'une lettre. Ces documents seront évidement étudiés par les enquêteurs afin de déterminer si elle aurait pu choisir volontairement de mettre fin à ses jours. Fait plutôt étrange, on aurait aussi trouvé une paire de bottes retenues fermement par la victime contre son coeur qui avait malheureusement cessé de battre.


J'ai écrit cette nouvelle dans une autre vie...Dans une vie qui ne m'appartenait pas. L'amour malade, le poison dans les veines, le mal de vivre, les bottes égratignées par ma mère, l'"overdose", tout les faits de cette nuit évoquée sont malheureusement véridiques. Sauf la fin, évidement. Si je n'avais pas été fidèle à moi-même ce soir là en acceptant que Philippe prenne les commandes et appelle une ambulance, je ne serais pas là aujourd'hui pour partager avec vous un petit bout de cet enfer. Je l'ai accompagné jusqu'à l'hopital où nous sommes restés cinq longues heures. Ils ont fait en sorte que mon coeur ne lâche pas une deuxième fois et vous n'avez pas idée à quel point je remercie le ciel chaque jour que ça ce soit passé ainsi. Toutes les pires journées vécues dans ma nouvelle vie, n'arriveront jamais à me détruire autant qu'une seule journée de cette encienne vie. Aujourd'hui, ma vie m'appartient et me rappeler d'où je viens est le meilleur moyen pour ne jamais y retourner.

vendredi 20 mars 2009

Une lune au chômage

La semaine dernière j’ai perdu mon emploi. Oui je sais, nous sommes des milliers à vivre cette situation en ces temps de « crise économique ». Tant qu’à moi, je trouve qu’elle le dos large cette « crise économique ». Ce que je m’apprête à écrire n’a rien de bien excitant mais si vous saviez comme j’ai besoin de sortir tout ça de moi.

La semaine dernière, j’ai eu de la difficulté à me lever chaque matin. C’était pire que jamais. Malgré tout, je me rendais au travail avec le sourire et exécutais les ordres de ma supérieure immédiate de plus en plus exigeante, même quand cela n’avait aucun bon sens. J’étais attentionnée avec mes employés en me disant qu’il n’avait pas à payer pour ma fatigue. Je me disais que ça allait passer, j’étais optimiste, vraiment.

Jeudi je me suis rendue au bureau toujours tiraillée entre une fatigue extrême et un optimisme à toute épreuve. Après deux heures de travail acharné j’ai entendu la voix de ma supérieure qui me demandait de me rendre dans la salle de conférence. Je m’y suis rendue, et dès que je suis entrée et que je l’ai vue en compagnie d’une autre employée cadre, j’ai vite compris de quoi il en retournait. Je ne pouvais pas y croire. Elle était visiblement nerveuse et laissez-moi vous dire que ça ne m’a pas dutout attendrie. J’avais plutôt envie de lui sauter au visage.

Elle m’a annoncé qu’elle mettait fin à mon emploi pour cause de "restructuration" et m’a remis une lettre de licenciement. Elle a ensuite enchaînée en me demandant (que dis-je! En m’ordonnant) de lui remettre les clés de mon bureau, immédiatement. J’ai alors saisis qu’on ne me laissait même pas terminer ma journée. Elle m’a bien expliqué qu’elle ferait sortir mon équipe du bureau pendant que j’irais rammasser mes affaires escortée par l’autre cadre, et que je ne pourrais même pas leur faire mes adieux. J’étais renvoyée comme une vulgaire merde, comme une voleuse, comme une fraudeuse ou je ne sais quoi d’autre. J’avais envi de hurler parce que je savais pertinement que la coupure de mon poste n’avait jamais été prévue dans cette restructuration. Le directeur général m’avait même rassuré au sujet de cette restructuration, en me disant que je n’avais rien à craindre, que j’occupais un poste clé et que j’étais la meilleur pour remplir ce rôle. Je sais qu’il était sincère et que c’est plutôt elle qui a tout manigancé. Je savais que sa décision était personnelle et non professionnelle.

Je savais qu’elle mourrait d’envi de se débarrasser de moi depuis le premier jour de notre collaboration mais je n’aurais pas cru qu’elle serait assez inconsciente pour le faire aussi rapidement. Quoi qu’il en soit, elle a cru à tord qu’elle pouvait couper mon poste et redistribuer mes tâches sans que cela n’affecte le département. Très bientôt, elle va sérieusement regretter de ne pas m’avoir au moins laissé le temps de transmettre mes connaissances avant de me foutre à la porte. Parce qu’honnêtement, bien que je sois consciente que personne n'est irremplaçable, je suis persuadée qu’elle a fait une grosse erreur. Certaines des informations concernant ce département n’existent que dans ma tête et n’avaient encore jamais été écrites parce qu’on ne m’a jamais donné le temps de le faire. C’est une des nombreuses choses qu’elle a choisi d'ignorer, même si je lui en avait fait part à plusieurs reprises.

Nous nous sommes donc rendus à mon bureau afin que je vide la place, ce que j’ai fait avec la vitesse de l’éclair. J’étais totalement envahie par une rage incroyable et je ne comprends toujours pas par quel miracle j’ai réussis à demeurer calme et polie. Avant de quitter j’ai dit que j’allais passer par la réception pour saluer quelques collègues et elle me l’a carrément interdit. Encore une fois, je ne pouvais y croire.

Je suis arrivée dans cette entreprise il y a deux ans. J’avais peu d’expérience dans ce domaine. Mon patron, qui a été remplacé par "elle" au mois de décembre, m’a engagé en m’expliquant que le département avait besoin d’être pris en main, et en me disant qu’il avait de beaux projets pour moi parce qu’il croyait en mon potentiel. Nous avons redonné vie à ce département qui était dans un pietre état. J’ai travaillé si fort! J’ai passé tant de nuits d’insomnie à me demander si j’allais réussir! J’ai obtenu deux promotions en moins de deux ans, et j’en étais fière. Personne ne connaissait mieux que lui et moi tout les rouages complexes de ce département. Quand il est parti, j’ai hérité de presque toutes ses tâches. J’avais beaucoup de peine de perdre mon mentor mais je voyais cette opportunité comme un nouveau défi. J’ai relevé ce défi, de peine et de misère, avec le peu de moyen qu’on m’a donné. Je n’ai pas eu peur d’y mettre de mon temps et de mon énergie, parce que j’y croyais.

Quand "elle" est arrivée, elle s’est d’abord fait mielleuse. Elle m’a rencontré, m’a fait part de ses attentes et m’a demandé de lui faire part des miennes. Elle semblait ouverte et correcte. Elle n’avait aucune idée des tâches que je faisais, concrètement, et le plan était que je lui apprenne afin qu’elle puisse mieux me superviser. Parce qu’il était clair que c’était difficile pour elle d’être ma patronne en ne connaissant pas dutout le fonctionnement de ce département qui est à cent milles lieux de son domaine. Malheureusement, elle a rapidement commencé à imposer des changements sans même s’être assise une seule fois avec moi pour observer quoi que ce soit. Elle disait que je ne devais pas résister aux changements, que je devais collaborer pour améliorer les choses. Alors quand le changement était possible je l’acceptais, même si j’étais visiblement réticente à changer une formule déjà gagnante. Parfois, le changement n’était tout simplement pas possible. Je tentais de lui expliquer mais comme elle n'avait aucune connaissance à ce niveau, c’était difficile de lui faire comprendre. Dans ces moments, elle aurait dû me faire confiance et se dire que je savais de quoi je parlais mais au contraire, elle n’avait aucune confiance en moi. Elle me disait que j’avais tord et non seulement elle m’obligeait à faire quelque chose qui n’avait aucune sens, elle me demandait de me débrouiller pour trouver un moyen puisqu’elle ignorait elle-même comment y arriver. J’ai usé d’imagination comme jamais je ne m’en serais cru capable. L’expérience que j’ai acquise me sera définitivement utile pour le restant de mes jours mais je ne méritais pas d’être ainsi éliminée. Pas de cette façon. Pas après tout ce que j’ai donné.

La veille, elle avait refusé que je prenne une pause pour manger parce qu’elle tennait absolument à ce que j’assiste à une réunion importante où sont prises les plus grandes décisions de l’entreprise. Elle m’a plutôt suggéré d’y apporter mon "lunch". Mes connaissances étaient requises et j’ai répondu à toutes les questions en maîtrisant chaque sujet du bout des doigts. J’avais même eu la naïveté de me croire importante...En fait, son but n’était que de me presser comme un citron pour en extraire tout ce qu’elle pouvait jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière minute. En sachant très bien que le lendemain elle allait me congédier aussi cavalièrement, n’aurait-elle pas pu au moins me laisser dix minutes pour aller avaler en paix quelques bouchées de mon dîner?! Je ne cesse de me demander comment une personne peut se regarder dans un mirroir sans être dégoûtée après avoir agis ainsi.

Après que j’aie quitté le bureau je suis allée au petit café du rez-de-chaussé et j’ai appelé quelques collègues afin qu’ils viennent me rejoindre pour que je puisse les saluer. Ils ont été unanimes: Cette décision ne vennait pas d’en haut, elle vennait d’elle. Je savais que peu de gens l’aimaient dans l’entreprise mais j’en ai eu la confirmation ce jour-là. On m’a offert beaucoup de compassion et certains ont même pleuré avec moi. J’ai été très émue par leurs témoignages mais ils ont tous fini par retourner à leurs occupations et je suis restée seule avec mes sacs, sans emploi et complètement démollie.

C’est fou à quel point la société nous pousse à nous définir par notre travail. À un point tel que nous nous retrouvons souvent avec le sentiment d’avoir moins de valeur le jour où nous perdons notre emploi. Cette constatation me me trouble profondément. Pendant deux longues années je me suis donné corps et âme pour cette boîte, convaincue de faire une différence, convaincue d’être appréciée, convaincue d’être importante. En rentrant chez moi ce jour-là, je me suis sentie comme si je ne valais plus rien. Pourtant, je suis la même personne, la même Lune avec toutes mes belles forces et mes belles qualités. Une semaine s’est maintenant écoulée et je me sens un peu mieux mais je n’ai toujours pas digéré la manière dont ça s’est déroulé. J’en veux à cette femme et la seule bonne chose que j’arrive à lui souhaiter c’est de ne jamais me croiser dans la rue.

J’ai passé trois ou quatre jours complètement déprimée, incapable de dormir, de manger, et encore moins d’entretenir mon logement, paralysée par la peine et l’angoisse, pleurant sans arrêt. Quelques personnes m’ont offert leur soutien et je leur en suis extrêmement reconnaissante. J’avais honte de me sentir comme je me sentais et d’être dans cet état délabrée, alors j’ai eu tendance à m’isoler comme je le fais souvent. J’avais beau me répéter que j’avais traversé des tempêtes pires que celle-là, desquelles je m’étais toujours sortie grandie, je me demandais quand même comment j’allais surmonter tout ça. J’ai réussis à laisser entrer dans ma bulle un homme merveilleux qui est venu chez moi, qui a pris soin de moi, qui m’a vu comme je déteste qu’on me voit et qui m’a donné inconditionnellement, malgré mes sautes d’humeur insupportables. Son réconfort, ses encouragements, sa tendresse, sa patience et ses chaudes carresses m’ont permit de m’évader complètement et de goûter à de véritables moments de joie, à travers cet horrible cauchemar. Jamais je ne pourrai trouver les mots pour exprimer à cette personne tout le bonheur et toute l’aide que sa présence m’a apporté.

Hier je suis sortie de ma lithargie et j’ai fait quelques trucs que je remettais sans cesse au lendemain depuis un bon moment. J’ai profité de la belle température printanière et j’ai même réussis à faire une sieste. J’ai été tellement stressée ces derniers mois que je ressens maintenant un énorme besoin de récupérer. Aujourd’hui j’ai été encore plus productive mais ce dont je me réjouis le plus c’est de la bonne humeur et l’espoir qui m’habitaient quand je me suis réveillée ce matin, et qui m’ont suivi tout au long de la journée. J’ai encore de la peine quand j’y pense, mais ce cauchemar est déjà derrière moi.

Je sais que mes journées me paraîtront vides sans toutes ces tâches et toutes ces responsabilités que j’avais grâce à mon travail, mais je n’ai pas l’intention de me trouver un emploi tout de suite. Je veux prendre le temps de me reposer, de faire des choses que je ne faisais pas faute de temps et de voir les gens que j’aime et que je ne voyais pas pour la même raison. J’ai comme une drôle d’envi de me donner la mission de me définir autrement que par un emploi, en appréciant religieusement chaque journée de ce printemps que j’ai tant attendu.

dimanche 8 mars 2009

Beaudelaire pour mon anniversaire

Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Parce que je suis une femme, mais aussi parce que le 8 mars 2008, j’écrivais ici mon premier billet. Je ne vous ferai pas le bilan de tout les changements que j’ai vécu dans cette année. Si vous m’avez un peu lu, vous en savez probablement plus que la plupart des gens qui me cotoient chaque jour.

Hier, ma grande amie m’a dit qu’elle était tombé sur un texte de Charles Baudelaire qui lui avait fait pensé à moi. C’est un texte que je ne connaissais pas alors elle m’en a fait la lecture et cela m’a beaucoup émue.

Alors pour souligner la première année de mon blogue en ce merveilleux dimanche printanier, je me fais le cadeau de vous offrir ce charmant texte...


Les bienfaits de la Lune

La Lune qui est le caprice même regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : " Cette enfant me plaît. "

Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages, et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis ; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer.

Cependant dans l'expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux et toute cette lumière vivante pensait et disait: " Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière ; tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime: l'eau, les nuages, le silence et la nuit ; la mer immense et verte ; l'eau uniforme et multiforme, le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas ; les fleurs monstrueuses ; les parfums qui font délirer ; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce !

"Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas; la femme qu'ils ne connaissent pas ; les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie. "

Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.

(Charles Baudelaire)

mercredi 18 février 2009

Je vais bien

Pour ceux que ça intéresse, mais surtout pour me défouler...

-Je suis irritée par ma nouvelle « supérieure immédiate » à qui je dois tout expliquer et qui ne sait rien de ce que je fais comme travail depuis deux ans mais qui veut changer le mode de fonctionnement de mon département et de mes employés.

-Je suis irritée par le si petit « toute autre tâche connexe » inscrit dans ma description de poste qui contient tellement de tâches et dans lequel on y ajoute sans pitié de nombreuses responsabilités, toutes justifiées par une mega restructuration causée par cette putain de crise économique dont je ne suis plus capable d’entendre parler.

-Je suis irritée par les transports en commun en été...quand c’est l’hiver et que le service bat des records de médiocrité, l’irritation se rapproche parfois d’une histérie que je trouve inquiétante (je vais passer les détails question de ne pas m’irriter davantage)

-Je suis irritée parce qu’une personne que j’apprécie m’a menti alors que moi j’étais d’une honnêteté exemplaire.

-Je suis irritée par la sinusite tenace contre laquelle je me suis battue pendant un bon 10 jours et qui m’a grugé le peu d’énergie que j’avais.

-Je suis irritée par le stress qui rend mon sommeil si peu réparateur.

-Je suis irritée parce que je me suis toujours dit que je ne m’empêcherais pas d’écrire ici ce que je vis et ce que je ressens mais je réalise que je me censure quand ça n’implique pas que moi parce que je déteste déplaire et être vue comme une méchante. Alors forcément...

-Je suis irritée de ne pas pouvoir écrire depuis un bon moment, pour toutes les personnes merveilleuses à qui j’ai donné la piqûre du blogue ;-)


Oui d’accord, je suis irritée et je sers les dents plus souvent qu’à l’habituel. C’est comme un SPM qui dure un peu plus longtemps que prévu et je n’aime pas trop quand il y a des témoins. Je suis aussi, extrêmement fatiguée...mais je vais bien. Je ne souffre pas de dépression saisonnière. Je ne suis même pas déprimée.

Comme pour plusieurs d’entre nous, l’hiver est pénible pour moi. Par toutes sortes de méthodes stratégiques j’arrive à tolérer cette saison infernale jusqu’à...Février. Normalement, vers la fin janvier, je commence à en avoir plein le cul et à rêver désespérément du printemps et du soleil sur ma peau. J’arrive tout de même à être fonctionnelle, je me rends au bureau en pestant contre les transports en commun. Je souris toute la journée et je peste à nouveau contre les transports en commun en retournant à la maison après avoir passé la journée à me donner au boulot, avec le sourire, pour prouver qu’ils ont eu raison de me faire confiance et pour oublier que c’est l’hiver et que j’en ai marre.

Mais je vais bien.

La semaine, j’arrive chez moi pendant que le soleil se couche comme un gros parresseux après n’être resté debout que quelques heures et ça, c’est quand il est là, évidement. Si je pouvais, je ferais sans doute la même chose que lui. Je suis tellement crevée que je m’endors rapidement sur mon futon en regardant le téléjournal qui me raconte toujours les mêmes histoires. Je me retrouve la plupart du temps sous ma couette sans même avoir pris le temps de manger. Le matin, j’appuie sur le « snooze » en moyenne 10 fois avant de me décider à sortir du lit. Ça me donne juste le temps de me laver, de me préparer, et courrir pour prendre le deuxième autobus que je vois parce que le premier est toujours trop rempli d’ados nonchalants. Je m’arrête au petit café dans l’immeuble où je travaille pour acheter un bagel et un grand chocolat chaud et je prends l’ascenseur jusqu’au Xe étage. Comme il m’est assez difficile d’oublier que nous traversons présentement une « crise économique », je me considère chanceuse d’avoir un emploi qui me permets de me réaliser professionnellement, en plus de me procurer assez d’argent pour vivre, de bonnes assurances et des avantages raisonnables dans une période où tant de gens perdent leur emploi.

Je vois le positif, je vais bien.

La fin de semaine, j’apprécie de me retrouver seule chez moi. Il m’arrive de voir des amis mais la dernière chose dont j’ai envi c’est de passer des heures à me faire belle pour braver le froid et aller socialiser pendant toute une soirée avec tout plein de monde, même si j’aime plusieurs d’entre eux et même si, je sais, « ça me ferait peut-être du bien ». J’ai plutôt envi de m’enrouler dans une couverture pour lire un bon livre ou zapper devant la télé. Baiser compulsivement et m’endormir collée sur un corps chaud. Attacher mes cheveux et enfiler un jeans pour marcher jusqu’au resto du coin et y manger des crêpes en lisant le journal ou en discutant avec un(e) ami(e).

Je n’ai pas coupé tout contact avec la société, je vais bien.

Ce que je trouve formidable, c’est que des gens réçement arrivés dans ma vie se soucient de moi, demandent de mes nouvelles et continuent de m’inviter. Ça me donne chaud dans le coeur. Ce que je trouve moins formidable, c’est que souvent je tarde à leur répondre et cela me fait ressentir de la culpabilité. Je sais que bientôt l’envi de sortir et d’être entourée me reviendra mais eux, ils ne le savent pas! Il m’arrive même d’avoir peur qu’on m’oublie. Rien de très nouveau...

Vous voyez, je vais bien.

À ceux qui n’oublient pas la lune malgré son éclipse, son silence, son absence et son humeur massacrante...Je vous présente mes excuses et vous remercie.

dimanche 11 janvier 2009

Ode to joy

Courrir courrir
Pour balayer l'inquiétude
Loin du grand vide glacial
Et des tempêtes de solitude

Ouvrir très grand les bras
Flotter sur une eau si rassurante...
Et ne faire qu'un avec la lune
Pour acceuillir la joie.

Un million de fois merci.


jeudi 6 novembre 2008

Une lune au pays des Merveilles

En pénétrant dans cet endroit magique, les mains moites, le coeur serré et le souffle court, j’ai ressenti une excitation que je ne réussirai probablement jamais à décrire. Ça dépassait tout ce que je m’étais imaginé. Des gens sobrement habillés déambulaient parmis d’autres presque nus mariant parfaitement le savoir-vivre et la perversion. J’ai tout de suite été séduite par le respect et le calme des invités. J’étais là pour observer alors sans perdre une seconde, je me suis mise à chasser avec gourmandise toutes les images qui s’offraient à moi.

Le premier élément que j’ai remarqué a été le film porno à saveur bdsm qui était projetté sur un écran immense...Mais comme mon regard ne manquait pas de stimulation, je n’ai pas vraiment suivi le film. La main de mon ami parcourant mon dos faisaient naître et renaître des tas de frissons sur mon corps et la douceur sensuelle de sa charmante copine me rassurait et calmait mes tremblements. Mes yeux savouraient le festin et j’avais la sensation de voir un peu de moi dans toutes les âmes que je croisais. C’était si bon, si doux, si excitant. Je me sentais titillée par autant de cadeaux et je soupirais en me gavant de tout ce vice. Et pour voir, j’ai vu...

J’ai vu un homme, d’une quarantaine d’années, simple, seul, droit et réservé, qui se promenait lentement en s’arrêtant parfois pour regarder les scènes. Il était visiblement voyeur, rêveur et comblé. Nous regardions souvent dans la même direction...En petite curieuse que je suis, j’ai eu très envi de m’approcher de lui, lui sourrir, le frôler, lui voler quelques mots. Je me suis plutôt contenté de le fixer de longues minutes, tentant de percer ses pensées. Étaient-elles semblables aux miennes ?

J’ai vu une femme souriante, belle et pleine d’assurance, assise confortablement sur un canapé, souriant et tenant en laisse deux hommes agenouillés devant elle, qui massaient et léchaient ses pieds. J’étais assise tout près et un de ses soumis touchait mon mollet en servant sa Maîtresse...Sa manière de leur parler en leur caressant les cheveux provoquait en moi toutes sortes d’émotions. J’étais touchée et fascinée.

J’ai vu un homme passionné des seins, demander poliment à une femme la permission de toucher sa poitrine. Devant son approbation timide, il s’est avancé presque hypnotisé, a pris dans ses mains ses deux petits seins, puis, heureux comme un enfant, il les a mis dans sa bouche pour les goûter posément malgré tout son appétit. La femme riait dans toute sa beauté pendant que son conjoint lui caressait le dos...La femme de cet homme comblé se tenait à ses côtés et se réjouissait sincèrement du plaisir de son homme. Je me sentais privilégié d’assister à ce doux moment entre deux couples, malgré un certain malaise. J’avais l’étrange impression de prendre sans donner.

J’ai vu un homme et une femme, exécuter la plus belle des danses. La main de Monsieur touchait gentiment le bout du nez de mademoiselle chaque fois qu’il claquait sa fesse avec énergie. Tout leurs mouvements avaient l’agencement d’une chorégraphie et une poésie animale. Rien n’aurait pu me faire détacher les yeux de leurs langues soudées, de leur désir brûlant, de leur corps valsants si près...et si prêts. Je me nourrissais de leur débauche, éffrontément.

J’ai vu un homme qui tounait autour de sa douce, allongée sagement sur le ventre, comme un prédateur autour de sa proie. Il la ligotait amoureusement avec de belles cordes blanches et rougissait sa peau de la manière la plus sensuelle qui soit. Parmis les gens attroupés qui regardaient la scène, j’étais là, examinant le visage de la proie. Ses petits cris attisaient ma sympathie, mon admiration et mon désir d’abandon. Son compagnon venait la rassurer en lui chuchotant des mots secrets au creu de l’orreille...Comme je l’enviais ! Elle refusait qu’il arrête, elle ne voulait être nul part ailleurs. Moi non plus.

Évidement, l’affamée que je suis a désiré un homme, avec une discrétion dont je ne m’aurais pas cru capable et dont je suis fière. Parce que chaque chose en son temps...Nous n’avons échangé aucun mot, que des regards et des sourires. Je crois avoir été la seule à frissonner lorsque nous nous sommes frôlés. Il n’a jamais su, non plus, que de ne pas glisser mes doigts sous sa cape fût un supplice pire que tout ceux se déroulant autour de nous. En apercevant ses mains (immenses!), j’ai eu envi de me pencher pour lui offrir mon derrière, comme ça. Pour qu’il le réchauffe, le pétrisse, le claque et le pénètre sauvagement...Pour qu’enfin la voyeuse cède sa place à la salope.

Pour lui, pour sa peau trop invitante, ses yeux rieurs, sa bouche, ses immenses mains et son nom que je ne lui ai pas demandé : j’y retournerai. Pour tout ce que j’ai vu, ressenti et respiré ce soir là : j’y retournerai. Pour revoir mes amis et partager avec eux : j’y retournerai. Pour connaître des gens et continuer d’avancer : j’y retournerai.

Au début de cette soirée, le désordre régnait dans mon appartement, comme dans ma tête. Il n’était pas question que je fasse de ménage, ni dans l’un ni dans l’autre. J’avais envi, que dis-je, j’avais besoin de m’amuser. Sortir. Marcher. Courrir. Avancer sur un chemin inconnu, jusque dans ce pays mystérieux qui m’appelle depuis...des lunes.

J’ai choisis de téléphoner ces amis qui savaient exactement ce dont j’avais besoin, peut-être plus que moi-même. Ils ont proposé et j’ai pris le temps de réfléchir, mais pas trop. Je craignais de changer d’avis. Je savais que le temps était venu pour moi d’aller voir de plus près cet univers qui m’attire tant. Pourtant, dès que j’ai accepté, je me suis mise à trembler.

Ils ont eu la gentillesse de venir me chercher et de m’amener là où je souhaitais être, où je devais être. Là où des gens se dévoilent, ou d’autres se régalent du spectacle. Là où chacun a sa façon de s’amuser. Je n’ai été qu’une simple observatrice mais me suis pourtant sentie plus concernée et plus impliquée que jamais auparavant.

Pour ces deux nouveaux amis que j’affectionne déjà, ceux qui m’ont invité, accompagné, rassuré et complimenté, je ressens une reconnaissance sans limite. Ils sauront se reconnaître ;-) Et pour ce qui est de ces inconnus qui m’ont sourit, ils ne se doutent certainement pas à quel point je l’ai apprécié. Cette soirée fût pour moi un grand pas. Une révélation. Une occasion d’avoir chaud, d’avoir faim, de rêver et d’accepter un peu mieux la femme que je suis.


Merci.

samedi 25 octobre 2008

"La nuit dernière"

Le 20 octobre dernier j'ai écrit ce billet, mélangeant le rêve avec la réalité et le fantasme, comme il est permis de le faire normalement dans l'écriture. Je l'ai publié ici, puis le lendemain, je l'ai supprimé. Après mûres réflexions je choisis maintenant de vous l'offrir sans aucun regret...

Il ne me suit pas, il me poursuit. Non pas de ses pas, mais de ses mots. Partout et tout le temps. C'est l'ustencil quand je me nourris, le savon quand je me lave, le regard quand je m'habille, la main quand je jouis et le dompteur quand je me fais lionne. Il y a sa voix dans mes silences, trop souvent. Homme ou fantasme ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les deux n'en finnissent plus de s'entremêler pour me tourmenter.

Depuis quelques semaines, la louve perd ses repères et ne chasse plus. La lune perd le nord, attendant le dénouement : Une proposition ? Un rejet ? Une déception ? Une illumination ? Un sourire ? Des larmes ? L'approbation ? L'extase ? Si j'avais le loisir de choisir, je choisirais. C'est précisément pour cette raison que je ne veux pas de ce pouvoir. Pour moi, décider de ne pas choisir équivaut à cesser de respirer. Lui, il m'impose ce "non-choix" et nos échanges me déstabilisent.

Je ne connais ni ses mains, ni sa voix, ni son odeur, ni son visage, et encore moins ses intentions. J'ignore même si je souhaite le rencontrer un jour, ou une nuit. Pourtant, j'ai éteint le moteur de mon bateau, hissé la grande voile et laissé ses mots devenir mon vent.

La nuit dernière, j'ai rêvé que je le rencontrais. Il commençait par m'écrire son invitation, ses directives, ses souhaits. Une fois de plus, je savourais chacun de ses mots pendant qu'une invasion de papillons sévissait dans mon ventre. Avec dans ma main tremblante l'adresse à laquelle il m'avait demandé de me rendre, je me retrouvais marchant dans les rues de montréal. Sur le chemin, j'arrêtais dans une chocolaterie, pour lui acheter une jolie boîte de délicieux chocolats. Parce que je sais que, comme moi, il adore le chocolat. C'est dailleurs une des rares choses que je connaisse de lui.

Devant sa porte, je fouillais sa boîte aux lettres pour y trouver le bandeau destiné à cacher mes yeux curieux. Je l'installais, puis sonnais, déchirée entre l'envie d'entrer et celle de m'enfuir en courant. On venait m'ouvrir et une voix douce et autoritaire que je savais être la sienne, me guidait. Sa main prennait la mienne, mes genoux tremblaient. Il m'ordonnait de me déshabiller et de m'allonger. Il cessait de me parler pendant quelques secondes mais je pouvais l'entendre respirer et je sentais son regard me brûler cruellement la peau. L'état de vulnérabilité dans lequel je me trouvais me donnait presqu'envi de pleurer. non pas de peine, mais de désarroi. Il faisait naître sur mon corps des frissons en approchant habilement son souffle chaud de mon orreille et en y chuchotant ses désirs.

"Monsieur souhaite que mademoiselle se donne en spectacle pour lui. Après s'être caressé tant de fois dans le secret en songeant à Monsieur, il est maintenant venu le temps de le faire devant lui, pour lui, et comme il l'entend, est-ce bien clair ?"

Alors timide et désamparée, je glissais un doigt entre les lèvres de mon sexe en frissonnant. J'exécutais ses ordres avec ma volonté irrationnelle et démesurée de lui plaire.

"Je veux vous voir entrer deux doigts en vous, profondément."

"Tournez votre index lentement autour de votre clitoris et dites-moi comment est-il ? Humide ? durci ? comment vous sentez-vous ?"

"Augmentez progressivement le rythme mais ne jouissez pas avant que Monsieur ne vous donne la permission..."

Quand l'intensité dépassait la limite que Monsieur estimait raisonnable, et qu'il me trouvait trop empressée, il me demandait de tout arrêter pour lui raconter les images qui avaient peuplé mon esprit, chaque fois que j'avais jouis seule en songeant à lui. Tourmentée, le coeur au bord de la crise cardiaque et le souffle court, je lui racontais tout, dans les détails les plus pervers. Pendant qu'il me traitait de petite vicieuse, je pouvais l'entendre sourire, je pouvais l'entendre bander. Je tentais de constater moi-même, du bout de mes doigts aveugles, de la rigidité de son membre mais il me le refusait.

"Monsieur vous déconseille d'agir ainsi..."

C'était suffisant pour que je me fasse docile. La tâche de mademoiselle consistait à se laisser guider par Monsieur pour lui offrir le spectacle de son plaisir solitaire. Je craignais de jouir, mais je craignais d'avantage de ne pas le faire. Je me préocupais de l'opinion qu'il avait de mon corps nu ainsi offert à son regard exigeant, mais me concentrais sur ses paroles aussi sécurisantes qu'envoûtantes.

La nuit dernière, j'ai rêvé que je m'abandonnais totalement, en me soumettant pour la première fois de ma vie.