Il ne me suit pas, il me poursuit. Non pas de ses pas, mais de ses mots. Partout et tout le temps. C'est l'ustencil quand je me nourris, le savon quand je me lave, le regard quand je m'habille, la main quand je jouis et le dompteur quand je me fais lionne. Il y a sa voix dans mes silences, trop souvent. Homme ou fantasme ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Les deux n'en finnissent plus de s'entremêler pour me tourmenter.
Depuis quelques semaines, la louve perd ses repères et ne chasse plus. La lune perd le nord, attendant le dénouement : Une proposition ? Un rejet ? Une déception ? Une illumination ? Un sourire ? Des larmes ? L'approbation ? L'extase ? Si j'avais le loisir de choisir, je choisirais. C'est précisément pour cette raison que je ne veux pas de ce pouvoir. Pour moi, décider de ne pas choisir équivaut à cesser de respirer. Lui, il m'impose ce "non-choix" et nos échanges me déstabilisent.
Je ne connais ni ses mains, ni sa voix, ni son odeur, ni son visage, et encore moins ses intentions. J'ignore même si je souhaite le rencontrer un jour, ou une nuit. Pourtant, j'ai éteint le moteur de mon bateau, hissé la grande voile et laissé ses mots devenir mon vent.
La nuit dernière, j'ai rêvé que je le rencontrais. Il commençait par m'écrire son invitation, ses directives, ses souhaits. Une fois de plus, je savourais chacun de ses mots pendant qu'une invasion de papillons sévissait dans mon ventre. Avec dans ma main tremblante l'adresse à laquelle il m'avait demandé de me rendre, je me retrouvais marchant dans les rues de montréal. Sur le chemin, j'arrêtais dans une chocolaterie, pour lui acheter une jolie boîte de délicieux chocolats. Parce que je sais que, comme moi, il adore le chocolat. C'est dailleurs une des rares choses que je connaisse de lui.
Devant sa porte, je fouillais sa boîte aux lettres pour y trouver le bandeau destiné à cacher mes yeux curieux. Je l'installais, puis sonnais, déchirée entre l'envie d'entrer et celle de m'enfuir en courant. On venait m'ouvrir et une voix douce et autoritaire que je savais être la sienne, me guidait. Sa main prennait la mienne, mes genoux tremblaient. Il m'ordonnait de me déshabiller et de m'allonger. Il cessait de me parler pendant quelques secondes mais je pouvais l'entendre respirer et je sentais son regard me brûler cruellement la peau. L'état de vulnérabilité dans lequel je me trouvais me donnait presqu'envi de pleurer. non pas de peine, mais de désarroi. Il faisait naître sur mon corps des frissons en approchant habilement son souffle chaud de mon orreille et en y chuchotant ses désirs.
"Monsieur souhaite que mademoiselle se donne en spectacle pour lui. Après s'être caressé tant de fois dans le secret en songeant à Monsieur, il est maintenant venu le temps de le faire devant lui, pour lui, et comme il l'entend, est-ce bien clair ?"
Alors timide et désamparée, je glissais un doigt entre les lèvres de mon sexe en frissonnant. J'exécutais ses ordres avec ma volonté irrationnelle et démesurée de lui plaire.
"Je veux vous voir entrer deux doigts en vous, profondément."
"Tournez votre index lentement autour de votre clitoris et dites-moi comment est-il ? Humide ? durci ? comment vous sentez-vous ?"
"Augmentez progressivement le rythme mais ne jouissez pas avant que Monsieur ne vous donne la permission..."
Quand l'intensité dépassait la limite que Monsieur estimait raisonnable, et qu'il me trouvait trop empressée, il me demandait de tout arrêter pour lui raconter les images qui avaient peuplé mon esprit, chaque fois que j'avais jouis seule en songeant à lui. Tourmentée, le coeur au bord de la crise cardiaque et le souffle court, je lui racontais tout, dans les détails les plus pervers. Pendant qu'il me traitait de petite vicieuse, je pouvais l'entendre sourire, je pouvais l'entendre bander. Je tentais de constater moi-même, du bout de mes doigts aveugles, de la rigidité de son membre mais il me le refusait.
"Monsieur vous déconseille d'agir ainsi..."
C'était suffisant pour que je me fasse docile. La tâche de mademoiselle consistait à se laisser guider par Monsieur pour lui offrir le spectacle de son plaisir solitaire. Je craignais de jouir, mais je craignais d'avantage de ne pas le faire. Je me préocupais de l'opinion qu'il avait de mon corps nu ainsi offert à son regard exigeant, mais me concentrais sur ses paroles aussi sécurisantes qu'envoûtantes.
La nuit dernière, j'ai rêvé que je m'abandonnais totalement, en me soumettant pour la première fois de ma vie.
samedi 25 octobre 2008
"La nuit dernière"
Le 20 octobre dernier j'ai écrit ce billet, mélangeant le rêve avec la réalité et le fantasme, comme il est permis de le faire normalement dans l'écriture. Je l'ai publié ici, puis le lendemain, je l'ai supprimé. Après mûres réflexions je choisis maintenant de vous l'offrir sans aucun regret...
lundi 29 septembre 2008
Le charmant dentiste
Aujourd’hui, je suis allée chez mon dentiste.
Ce n’était pas ma première fois avec lui, il me connait bien maintenant et sait comment me parler...
Moi, je joue le jeu, bouche ouverte et sourire dans les yeux...M’aurait-il démasqué ?
Le charmant dentiste : Assied-toi, lune...voilà
Le charmant dentiste : Ouvre ta bouche bien grand...voilà
Lune : Ça va faire mal ?...
Le charmant dentiste : À peine... C’est normal que ce soit sensible et déplaisant, mais je vais faire vite, tu dois seulement être un peu patiente...t’es capable ?
Lune : Oui...
...
Le charmant dentiste : Tu es tendue lune...t’ais-je fait mal ?
Lune : Là non, mais parfois oui alors je me prépare mentalement...
Le charmant dentiste : Tu ne dois pas anticiper la douleur comme ça...Tu sais que j’arrête juste à temps quand ça fait mal...non ?
Lune : Oui
Le charmant dentiste : Alors fais-moi confiance d’accord ?
Lune : « accowww »
...
Le charmant dentiste : Bon, je sais que tu n’aimes pas cet instrument qui vibre très fort mais ça ne sera pas si pire...ferme tes yeux, imagine que ça vibre mais que c’est plaisant...
?!?!?!?!
...
Le charmant dentiste : Voilà, tu as fait ça comme une grande fille...je suis fière de toi...
Lune : Merci
Le charmant dentiste : Je peux te donner un conseil lune ?
Lune : Oui...
Le charmant dentiste : tu aurais intérêt à te détendre et faire confiance plus souvent, tu serais moins stressée et tu aurais moins mal aussi...
Lune : Heu...je sais
Le charmant dentiste : Maintenant regarde-moi et laisse-moi nettoyer ta bouche avant que ça te dégouline jusque dans le cou...
...
Ce n’était pas ma première fois avec lui, il me connait bien maintenant et sait comment me parler...
Moi, je joue le jeu, bouche ouverte et sourire dans les yeux...M’aurait-il démasqué ?
Le charmant dentiste : Assied-toi, lune...voilà
Le charmant dentiste : Ouvre ta bouche bien grand...voilà
Lune : Ça va faire mal ?...
Le charmant dentiste : À peine... C’est normal que ce soit sensible et déplaisant, mais je vais faire vite, tu dois seulement être un peu patiente...t’es capable ?
Lune : Oui...
...
Le charmant dentiste : Tu es tendue lune...t’ais-je fait mal ?
Lune : Là non, mais parfois oui alors je me prépare mentalement...
Le charmant dentiste : Tu ne dois pas anticiper la douleur comme ça...Tu sais que j’arrête juste à temps quand ça fait mal...non ?
Lune : Oui
Le charmant dentiste : Alors fais-moi confiance d’accord ?
Lune : « accowww »
...
Le charmant dentiste : Bon, je sais que tu n’aimes pas cet instrument qui vibre très fort mais ça ne sera pas si pire...ferme tes yeux, imagine que ça vibre mais que c’est plaisant...
?!?!?!?!
...
Le charmant dentiste : Voilà, tu as fait ça comme une grande fille...je suis fière de toi...
Lune : Merci
Le charmant dentiste : Je peux te donner un conseil lune ?
Lune : Oui...
Le charmant dentiste : tu aurais intérêt à te détendre et faire confiance plus souvent, tu serais moins stressée et tu aurais moins mal aussi...
Lune : Heu...je sais
Le charmant dentiste : Maintenant regarde-moi et laisse-moi nettoyer ta bouche avant que ça te dégouline jusque dans le cou...
...
samedi 27 septembre 2008
jeudi 18 septembre 2008
De loin
Le temps est maintenant venu, pour la petite impatiente, complaisante, vilaine et trop prudente lune que je suis, de vous dévoiler une partie de sa face cachée.
Aussi étrange que cela puisse paraître, l'écriture d'obscénités m'est bien plus aisée que l'écriture de tout le reste. Je peux assez facilement vous avouer qu'aucun vibromasseur sur cette planète n'a réussi à me faire jouir autant qu'une brosse à dents électrique (à part peut-être un jet de bain tourbillon et une lime à ongles électrique trafiquée il y a de ça très longtemps) mais j'hésite à vous parler des bas-fonds d'où je viens. Ceux-là même qui ont fait de moi la femme qui vous écrit aujourd'hui.
Je ne souhaite pas pour l'instant m'attarder sur mon enfance qui fût difficile comme beaucoup d'autres. Je n'en vois pas l'utilité....Sauf peut-être pour vous dire que, comme j'aime être traitée comme une petite fille, j'imagine que je ne suis pas encore sortie de cette enfance. On peut dailleurs le voir dans mes yeux, paraît-il. Avec les années, et les erreurs, j'ai finis par apprendre et acquérir de l'expérience. Au niveau affectif, cependant, l'hypersensibilité m'éloigne souvent de la maturité à laquelle j'aspire. Pour le moment, je n'y vois pas que du mauvais : J'ai été une enfant méfiante, sombre, refoulée et désillusionnée et je suis maintenant une femme curieuse, intéressée, aimante, rieuse et malgré tout rêveuse. C'est en devenant adulte que j'ai appris à rêver, moi, mais j'ai dû avancer longtemps sur le chemin de la destruction avant de changer de route.
Le mélange explosif de colère, de rage, d'appétit sexuel et de soif d'amour absolu ont fait de mon adolescence un enfer qui s'est poursuivi jusqu'à mes 25 ans. Jusqu'à ce que je découvre que toutes les baises et toutes les drogues du monde n'avaient et n'auraient jamais aucun pouvoir sur cette colère, rage, appétit sexuel et soif d'amour. En fait, seule la mort aurait été capable de m'appaiser un tout petit peu; j'ai donc choisis LA substance qui m'a permit de m'en approcher le plus...
À coup d'aiguilles, je me suis injecté un peu de mort...Puis, je me suis injecté plus de mort...Puis, je me suis injecté beaucoup de mort. La mort n'était jamais assez morbide, le poison n'était jamais assez puissant. Je vais vous épargner toutes les trahisons, les bassesses, l' "overdose" qui a failli me coûter la vie, ainsi que les douleurs atroces des nombreux sevrages, qui feraient de mon histoire une-vraie-histoire-de-toxicomane-en-règles. Je vous laisse le soin d'imaginer.
Je préfère vous dire qu'un rayon de soleil finit toujours par percer même le plus frigorifiant des pôles nord. J'en suis la preuve vivante. Et de ce cauchemar est né, entre autre, une amitié profonde avec un des plus extraordinaires être humain qu'il m'est été donné de connaître. La drogue avait fait de lui un monstre, mais ne pouvait-il pas en dire autant de moi ? Bien sûre. Nous nous sommes battu, et aimé, autant qu'il soit possible de le faire avec tout nos lourds handicaps.
Nous nous sommes fait beaucoup de mal, pourtant, cet homme est toujours dans ma vie et je l'aime assez pour donner tout ce que je possède afin de le rendre heureux si cela était nécessaire. Mais ça ne l'est pas : Il est heureux et nos échanges sont d'une richesse rare et précieuse. Il a été pour moi un ami, un amant, , un amour impossible...un père. Un père redoutable, mais protecteur. Bien qu'il l'ignore, je crois que c'est à ses côtés, au coeur de la tempête, que sont nés les premiers symptômes de mon désir de soumission...
Je me suis retrouvée en cure à l'âge de 24 ans. Je refuse d'en prendre tout le mérite puisque j'ai attendu d'être forcée pour faire le pas. Forcée de choisir entre la vie et la mort. De ce choix en faveur de la vie que j'ai fait à cette époque, je retire chaque jour une énorme fierté. Je me suis engagée, sans trop le décider et muée par une force dont je ne me connaissais pas, dans un processus de cheminement intense. Processus dans lequel je continue d'évoluer, onze années plus tard. J'ignorais tout de cette si longue, si difficile et si belle aventure qui m'attendait. Alors que j'étais pliée en deux par les crampes et le poid de cette société que je haïssais, personne n'aurait pu me faire croire qu'un jour je serais où je suis maintenant. J'y suis pourtant.
Employée cadre dans un PME, je gère une équipe en plus d'avoir des reasponsabilités importantes. Rien d'impressionnant j'en conviens...Pour quiconque ignore d'où je viens. Parce de là, beaucoup n'en reviennent jamais. Ma mort n'aurait eu rien de surprenant. C'est plutôt le fait que je sois en vie qui soit surprenant. Dans mon travail, je n'abuse pas de mon pouvoir; je sais ce que c'est que d'être en bas de l'échelle. J'essaie d'apprécier ma position au lieu de m'en orgueillir. Je vise l'humilité. Ce n'est que très rarement que je réussis autant que je le souhaiterais mais j'y aspire. Parce que la vie m'a depuis longtemps appris que l'humilité est une clé pour accéder à l'appréciation de ce que l'on a. Et quand j'apprécie ce que j'ai, moi, je suis heureuse, pas vous ?
Il m'arrive bien sûre d'être en colère, décue, peinée, méchante, frustrée, COMPLAISANTE, comme certains ont pu le constater ici dans mes écrits. Un immense feu me brûle le ventre, encore, et mon amour des hommes m'éloigne trop souvent de leur amour et de leur respect. J'ai encore tant à apprendre. Mais je suis là, bien vivante, et aucun de vous ne pourraient soupçonner en m'observant, que j'ai été autrefois comme ces junkies qui lavent vos pares-brises.
Si vous me questionniez sur ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir d'enfants et d'amoureux, j'aurais sûrement envi de pleurer. Si vous me demandiez ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir de maison, de voiture, de fond de pension et de voyages à mon actif, je vous rirais sans doute au nez et ce, sans la moindre arrogance.
J'ai de la vie dans mon corps et dans mes yeux et je rie aux larmes au moins une fois par jour. J'ai un appartement, de quoi manger et je paye mes factures. J'ai même acquis assez d'équilibre et d'estime de moi-même pour préférer être seule que mal accompagnée et pour attirer le respect de ceux que j'aime, ce qui n'est pas rien vous en conviendrez.
Oui, je suis consumée depuis quelques temps par des envies d'être dominée. Elles ont, je crois, toujours existé. Pour une raison que j'ignore encore, ces envies se font de plus en plus présentes. J'ai ce désir que je crois sain, d'appartenir à un homme dans l'intimité, dans Notre intimité. Découvrir de nouveaux jeux qui soient faisables dans le respect de ce que je suis. Aprivoiser la soumission..et l'amour mais encore davantage : Me laisser apprivoiser par la soumission et l'amour. J'arrive avec un peu d'aide, à croire que tout cela est possible et ça m'émeut au delà de tout ce que j'avais imaginé. Et bien que la société juge et condamne ce genre de marginalité, je demeure pour l'instant celle qui me juge le plus sévèrement. Même malgré le fait que la marginalité moi, je connais bien.
Ma vie, dans tout ce qu'elle a de plus sombre et de plus lumineux, est un perpétuel apprentissage dont je vous parlerai davantage à l'avenir. Je m'en ferai un devoir.
Aussi étrange que cela puisse paraître, l'écriture d'obscénités m'est bien plus aisée que l'écriture de tout le reste. Je peux assez facilement vous avouer qu'aucun vibromasseur sur cette planète n'a réussi à me faire jouir autant qu'une brosse à dents électrique (à part peut-être un jet de bain tourbillon et une lime à ongles électrique trafiquée il y a de ça très longtemps) mais j'hésite à vous parler des bas-fonds d'où je viens. Ceux-là même qui ont fait de moi la femme qui vous écrit aujourd'hui.
Je ne souhaite pas pour l'instant m'attarder sur mon enfance qui fût difficile comme beaucoup d'autres. Je n'en vois pas l'utilité....Sauf peut-être pour vous dire que, comme j'aime être traitée comme une petite fille, j'imagine que je ne suis pas encore sortie de cette enfance. On peut dailleurs le voir dans mes yeux, paraît-il. Avec les années, et les erreurs, j'ai finis par apprendre et acquérir de l'expérience. Au niveau affectif, cependant, l'hypersensibilité m'éloigne souvent de la maturité à laquelle j'aspire. Pour le moment, je n'y vois pas que du mauvais : J'ai été une enfant méfiante, sombre, refoulée et désillusionnée et je suis maintenant une femme curieuse, intéressée, aimante, rieuse et malgré tout rêveuse. C'est en devenant adulte que j'ai appris à rêver, moi, mais j'ai dû avancer longtemps sur le chemin de la destruction avant de changer de route.
Le mélange explosif de colère, de rage, d'appétit sexuel et de soif d'amour absolu ont fait de mon adolescence un enfer qui s'est poursuivi jusqu'à mes 25 ans. Jusqu'à ce que je découvre que toutes les baises et toutes les drogues du monde n'avaient et n'auraient jamais aucun pouvoir sur cette colère, rage, appétit sexuel et soif d'amour. En fait, seule la mort aurait été capable de m'appaiser un tout petit peu; j'ai donc choisis LA substance qui m'a permit de m'en approcher le plus...
À coup d'aiguilles, je me suis injecté un peu de mort...Puis, je me suis injecté plus de mort...Puis, je me suis injecté beaucoup de mort. La mort n'était jamais assez morbide, le poison n'était jamais assez puissant. Je vais vous épargner toutes les trahisons, les bassesses, l' "overdose" qui a failli me coûter la vie, ainsi que les douleurs atroces des nombreux sevrages, qui feraient de mon histoire une-vraie-histoire-de-toxicomane-en-règles. Je vous laisse le soin d'imaginer.
Je préfère vous dire qu'un rayon de soleil finit toujours par percer même le plus frigorifiant des pôles nord. J'en suis la preuve vivante. Et de ce cauchemar est né, entre autre, une amitié profonde avec un des plus extraordinaires être humain qu'il m'est été donné de connaître. La drogue avait fait de lui un monstre, mais ne pouvait-il pas en dire autant de moi ? Bien sûre. Nous nous sommes battu, et aimé, autant qu'il soit possible de le faire avec tout nos lourds handicaps.
Nous nous sommes fait beaucoup de mal, pourtant, cet homme est toujours dans ma vie et je l'aime assez pour donner tout ce que je possède afin de le rendre heureux si cela était nécessaire. Mais ça ne l'est pas : Il est heureux et nos échanges sont d'une richesse rare et précieuse. Il a été pour moi un ami, un amant, , un amour impossible...un père. Un père redoutable, mais protecteur. Bien qu'il l'ignore, je crois que c'est à ses côtés, au coeur de la tempête, que sont nés les premiers symptômes de mon désir de soumission...
Je me suis retrouvée en cure à l'âge de 24 ans. Je refuse d'en prendre tout le mérite puisque j'ai attendu d'être forcée pour faire le pas. Forcée de choisir entre la vie et la mort. De ce choix en faveur de la vie que j'ai fait à cette époque, je retire chaque jour une énorme fierté. Je me suis engagée, sans trop le décider et muée par une force dont je ne me connaissais pas, dans un processus de cheminement intense. Processus dans lequel je continue d'évoluer, onze années plus tard. J'ignorais tout de cette si longue, si difficile et si belle aventure qui m'attendait. Alors que j'étais pliée en deux par les crampes et le poid de cette société que je haïssais, personne n'aurait pu me faire croire qu'un jour je serais où je suis maintenant. J'y suis pourtant.
Employée cadre dans un PME, je gère une équipe en plus d'avoir des reasponsabilités importantes. Rien d'impressionnant j'en conviens...Pour quiconque ignore d'où je viens. Parce de là, beaucoup n'en reviennent jamais. Ma mort n'aurait eu rien de surprenant. C'est plutôt le fait que je sois en vie qui soit surprenant. Dans mon travail, je n'abuse pas de mon pouvoir; je sais ce que c'est que d'être en bas de l'échelle. J'essaie d'apprécier ma position au lieu de m'en orgueillir. Je vise l'humilité. Ce n'est que très rarement que je réussis autant que je le souhaiterais mais j'y aspire. Parce que la vie m'a depuis longtemps appris que l'humilité est une clé pour accéder à l'appréciation de ce que l'on a. Et quand j'apprécie ce que j'ai, moi, je suis heureuse, pas vous ?
Il m'arrive bien sûre d'être en colère, décue, peinée, méchante, frustrée, COMPLAISANTE, comme certains ont pu le constater ici dans mes écrits. Un immense feu me brûle le ventre, encore, et mon amour des hommes m'éloigne trop souvent de leur amour et de leur respect. J'ai encore tant à apprendre. Mais je suis là, bien vivante, et aucun de vous ne pourraient soupçonner en m'observant, que j'ai été autrefois comme ces junkies qui lavent vos pares-brises.
Si vous me questionniez sur ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir d'enfants et d'amoureux, j'aurais sûrement envi de pleurer. Si vous me demandiez ce que je ressens à 35 ans de ne point avoir de maison, de voiture, de fond de pension et de voyages à mon actif, je vous rirais sans doute au nez et ce, sans la moindre arrogance.
J'ai de la vie dans mon corps et dans mes yeux et je rie aux larmes au moins une fois par jour. J'ai un appartement, de quoi manger et je paye mes factures. J'ai même acquis assez d'équilibre et d'estime de moi-même pour préférer être seule que mal accompagnée et pour attirer le respect de ceux que j'aime, ce qui n'est pas rien vous en conviendrez.
Oui, je suis consumée depuis quelques temps par des envies d'être dominée. Elles ont, je crois, toujours existé. Pour une raison que j'ignore encore, ces envies se font de plus en plus présentes. J'ai ce désir que je crois sain, d'appartenir à un homme dans l'intimité, dans Notre intimité. Découvrir de nouveaux jeux qui soient faisables dans le respect de ce que je suis. Aprivoiser la soumission..et l'amour mais encore davantage : Me laisser apprivoiser par la soumission et l'amour. J'arrive avec un peu d'aide, à croire que tout cela est possible et ça m'émeut au delà de tout ce que j'avais imaginé. Et bien que la société juge et condamne ce genre de marginalité, je demeure pour l'instant celle qui me juge le plus sévèrement. Même malgré le fait que la marginalité moi, je connais bien.
Ma vie, dans tout ce qu'elle a de plus sombre et de plus lumineux, est un perpétuel apprentissage dont je vous parlerai davantage à l'avenir. Je m'en ferai un devoir.
mercredi 9 juillet 2008
Éclair de vérité
"Le jugement méprisant que nous destinons aux autres, à ce qu'ils ressentent et ce qu'ils sont, est proportionnel à la honte qui se cache au fond de nous, pour ce que nous sommes, et ce que nous ressentons."
dimanche 6 juillet 2008
dimanche 29 juin 2008
L'aspirateur me fait de l'oeil
Hier, j'ai transgressé une règle en or. "Ne jamais exprimer ma colère devant témoin, quand je suis en SPM". Le problème est que mon corps est aussi régulier qu'une horloge sans piles et mes règles se pointent toujours quand je ne m'en attends pas alors hier moi, j'ignorais que j'étais en SPM... Mais ça ne change rien à l'histoire malheureusement.
Ma grande amie m'a dit quelque chose qui a déclanché en moi une vraie-colère-de-femme-en-SPM avec les larmes, les baguettes en l'air, l'écûme à la bouche, l'hystérie...De toute beauté. J'exagère à peine. Je lui ai tout balancé en pleine geule...Dans un courriel. J'étais si en furie que j'ai oublié de réfléchir à ce que son petit coeur allait ressentir en recevant toute cette hargne. J'avais de bonnes raisons d'être en colère mais j'ai eu tord de l'exprimer de cette façon.
Évidemment aujourd'hui, je m'en veux. Et pour agrémenter mes affreux remords j'ai décidé de profiter d'une pause entre deux déluges pour aller m'acheter une grosse poutine graisseuse et dégeulasse. J'ai mangé trois bouchées, puis, j'ai garroché cette merde à la poubelle.
Moi qui avait prévu d'aller me perdre dans la nature pour un long week-end au chalet. J'ai dû annuler seulement parce que la maudite pluie en a décidé ainsi.
Me voilà donc clouée devant la télé, la peau toute collante, comme une baleine échouée au fond de mon futon. Parce qu'en plus d'avoir mal au ventre et de me sentir dépressive et gonflée comme un immense ballon de plage, il y a une espèce de garce qui me talonne et m'étouffe depuis une semaine. LA GRIPPE s'est soudainement rappellé que j'existe, après avoir courtisé tout ce qui bouge pendant l'hiver sans m'accorder la moindre attention. Une grippe en juin c'est nul. Surtout quand on n'a pas eu l'ombre d'un rhume au cours des mois où tout le monde toussaient et morvaient.
Je me retiens donc d'enfoncer le tuyau d'aspirateur au fond de ma gorge, à l'intersection de la descente des sinus et des conduits auditifs, pour y siphonner toute cette merde qui m'empoisonne la vie...Et mes remord aussi, tant qu'à faire. Pourquoi pas.
Ma grande amie m'a dit quelque chose qui a déclanché en moi une vraie-colère-de-femme-en-SPM avec les larmes, les baguettes en l'air, l'écûme à la bouche, l'hystérie...De toute beauté. J'exagère à peine. Je lui ai tout balancé en pleine geule...Dans un courriel. J'étais si en furie que j'ai oublié de réfléchir à ce que son petit coeur allait ressentir en recevant toute cette hargne. J'avais de bonnes raisons d'être en colère mais j'ai eu tord de l'exprimer de cette façon.
Évidemment aujourd'hui, je m'en veux. Et pour agrémenter mes affreux remords j'ai décidé de profiter d'une pause entre deux déluges pour aller m'acheter une grosse poutine graisseuse et dégeulasse. J'ai mangé trois bouchées, puis, j'ai garroché cette merde à la poubelle.
Moi qui avait prévu d'aller me perdre dans la nature pour un long week-end au chalet. J'ai dû annuler seulement parce que la maudite pluie en a décidé ainsi.
Me voilà donc clouée devant la télé, la peau toute collante, comme une baleine échouée au fond de mon futon. Parce qu'en plus d'avoir mal au ventre et de me sentir dépressive et gonflée comme un immense ballon de plage, il y a une espèce de garce qui me talonne et m'étouffe depuis une semaine. LA GRIPPE s'est soudainement rappellé que j'existe, après avoir courtisé tout ce qui bouge pendant l'hiver sans m'accorder la moindre attention. Une grippe en juin c'est nul. Surtout quand on n'a pas eu l'ombre d'un rhume au cours des mois où tout le monde toussaient et morvaient.
Je me retiens donc d'enfoncer le tuyau d'aspirateur au fond de ma gorge, à l'intersection de la descente des sinus et des conduits auditifs, pour y siphonner toute cette merde qui m'empoisonne la vie...Et mes remord aussi, tant qu'à faire. Pourquoi pas.
mercredi 4 juin 2008
La fidelité des salopes
Quelques lectures et discussions récentes ont fait naître moi une profonde et intense reflexion sur la fidelité. J'ai même pris conscience que ma nature de chasseuse donne aux autres l'impression que la fidelité est un concept qui m'échappe. Pourtant, je suis loin d'être une femme fatale, physiquement parlant. Je suis même assez ordinaire et mon besoin insatiable de séduction n'est pas dutout proportionnel à mon sex-apeal. C'est quelque chose qui coule dans mes veines et qu'on peut sentir, bien plus que voir. Et il semblerait que cela ne soit pas compatible avec la fidelité...Comme si mon amour des hommes me rendait totalement incapable d'être fidèle à un seul d'entre eux. Comme si j'étais condamnée à vivre seule parce que je me nourris de séduction. Comme si j'avais besoin d'une équipe de football pour me satisfaire parce que je dévore chaque homme comme un festin.
Croyez vraiment qu'une femme qui adore les hommes de toute son âme, tout son coeur et tout son corps, est forcément incapable d'être amoureuse d'un seul à la fois ? Bien sûre que vous le croyez et c'est ce qui me rend aussi triste.
Quand une de ces femmes ordinaires et séductrices (qu'on appelle aussi affectueusement cochonnes, chasseuses, voraces, insatisables, salopes) rencontre un homme ayant le moindre potentiel de devenir un jour son amoureux, elle doit malheureusement lui cacher sa nature véritable si elle ne veut pas pas tuer en lui toute parcelle de désir d'engagement. Elle ne devra surtout pas s'offrir à lui dès leur première rencontre même si le désir lui consume tout les organes internes. Et la toute première fois qu'ils se retrouveront sous les draps, elle devra s'empêcher de s'installer à quatre pattes, de supplier qu'il la prenne sauvagement, s'empêcher de se précipiter sur sa queue pour l'angloutir dans sa bouche, s'empêcher de lui demander d'aggriper ses cheveux ou de lui claquer les fesses ne serait-ce que doucement... S'empêcher d'être celle qu'elle est. Elle devra plutôt s'allonger sagement, écarter les jambes et se laisser pénétrer en poussant quelques soupirs d'accompagnement jusqu'à SON éjaculation lui laissant croire qu'elle a jouit comme jamais parce que c'est LUI qui l'a baisé. Faire tout ce qu'il faut pour camouffler son appétit immense et ce, jusqu'à ce que le coeur de monsieur soit gagné.
Ensuite elle pourra laisser sortir la bête en elle et monsieur pourra se sentir sécurisé, lui et son égo, en se considérant bien entendu l'unique cause du déchaînement de sa douce. Si cette bête a existé avant LUI, il préfère ne pas le savoir. Les hommes sont unanimes sur un point : Si une femme ouvre ses jambes le premier soir, elle provoque inévitablement un désintérêt chez monsieur. Si elle offre en plus son derrière, sa bouche, sa gorge, et un sourire diabolique en bonus, il reviendra peut-etre s'y abbreuver mais jamais par soif d'amour. Sans trop de questions et répétant surtout qu'il ne veut rien de compliqué, il s'en donnera à coeur joie. Pourquoi s'en priver ? Après tout, n'est-ce pas ce qu'elles souhaitent ces femmes ordinaires, séductrices, cochonnes, chasseuses, voraces, insatiables et salopes ?
Se faire baiser, encore et encore, elles en brûlent d'envi. Je suis assez bien placée pour vous le confirmer. Elles ont le droit de brûler d'envi d'être défoncée, et brûler d'envi d'être aimée, et même les deux à la fois (wow!) mais il ne faut surtout pas le démontrer, jamais. Si c'est monsieur l'obsédé qui tente sans arrêt de fouiller la culotte de madame dès les premières rencontres, elle ne songera jamais à se payer du bon temps en mettant une croix sur l'amour, pretextant que monsieur est trop facile. Elle se sentira plutôt valorisée et rassurée de savoir à quel point monsieur la trouve bandante.
Au départ, les femmes se sentent rassurées par les envies sexuelles démesurées de monsieur, puis ensuite, elles en viennent à leur reprocher. Les hommes eux, se sentent rassurés par les envies sexuelles pas-trop-démesurées de madame, et en viennent à leurs reprocher. Donc finalement, il y a tout plein de monsieurs qui se retrouvent avec des madames moins cochonnes qu'ils l'auraient souhaité, et tout plein de madames se retrouvent avec des monsieur plus cochons qu'elles l'auraient souhaité...Et on ose se scandaliser devant l'infidelité.
Presque toutes les nuits je m'endors avec cette envie viscerale d'être celle que je suis, en totalité, pour un homme, un seul. Je n'ai aucun doute quant à ma capacité d'être fidèle à cet homme qui me permettra de lui faire tourner la tête de toutes mes perversions. Je ne pourrai jamais être amoureuse d'un homme que j'aurai séduit en jouant celle que je ne suis pas. Je peux apprendre à me laisser chasser, à prendre mon temps, à faire durer le désir...Mais je ne cacherai pour personne, et jamais, la femme séductrice, cochonne, chasseuse, vorace, insatiable et salope que je suis.
Croyez vraiment qu'une femme qui adore les hommes de toute son âme, tout son coeur et tout son corps, est forcément incapable d'être amoureuse d'un seul à la fois ? Bien sûre que vous le croyez et c'est ce qui me rend aussi triste.
Quand une de ces femmes ordinaires et séductrices (qu'on appelle aussi affectueusement cochonnes, chasseuses, voraces, insatisables, salopes) rencontre un homme ayant le moindre potentiel de devenir un jour son amoureux, elle doit malheureusement lui cacher sa nature véritable si elle ne veut pas pas tuer en lui toute parcelle de désir d'engagement. Elle ne devra surtout pas s'offrir à lui dès leur première rencontre même si le désir lui consume tout les organes internes. Et la toute première fois qu'ils se retrouveront sous les draps, elle devra s'empêcher de s'installer à quatre pattes, de supplier qu'il la prenne sauvagement, s'empêcher de se précipiter sur sa queue pour l'angloutir dans sa bouche, s'empêcher de lui demander d'aggriper ses cheveux ou de lui claquer les fesses ne serait-ce que doucement... S'empêcher d'être celle qu'elle est. Elle devra plutôt s'allonger sagement, écarter les jambes et se laisser pénétrer en poussant quelques soupirs d'accompagnement jusqu'à SON éjaculation lui laissant croire qu'elle a jouit comme jamais parce que c'est LUI qui l'a baisé. Faire tout ce qu'il faut pour camouffler son appétit immense et ce, jusqu'à ce que le coeur de monsieur soit gagné.
Ensuite elle pourra laisser sortir la bête en elle et monsieur pourra se sentir sécurisé, lui et son égo, en se considérant bien entendu l'unique cause du déchaînement de sa douce. Si cette bête a existé avant LUI, il préfère ne pas le savoir. Les hommes sont unanimes sur un point : Si une femme ouvre ses jambes le premier soir, elle provoque inévitablement un désintérêt chez monsieur. Si elle offre en plus son derrière, sa bouche, sa gorge, et un sourire diabolique en bonus, il reviendra peut-etre s'y abbreuver mais jamais par soif d'amour. Sans trop de questions et répétant surtout qu'il ne veut rien de compliqué, il s'en donnera à coeur joie. Pourquoi s'en priver ? Après tout, n'est-ce pas ce qu'elles souhaitent ces femmes ordinaires, séductrices, cochonnes, chasseuses, voraces, insatiables et salopes ?
Se faire baiser, encore et encore, elles en brûlent d'envi. Je suis assez bien placée pour vous le confirmer. Elles ont le droit de brûler d'envi d'être défoncée, et brûler d'envi d'être aimée, et même les deux à la fois (wow!) mais il ne faut surtout pas le démontrer, jamais. Si c'est monsieur l'obsédé qui tente sans arrêt de fouiller la culotte de madame dès les premières rencontres, elle ne songera jamais à se payer du bon temps en mettant une croix sur l'amour, pretextant que monsieur est trop facile. Elle se sentira plutôt valorisée et rassurée de savoir à quel point monsieur la trouve bandante.
Au départ, les femmes se sentent rassurées par les envies sexuelles démesurées de monsieur, puis ensuite, elles en viennent à leur reprocher. Les hommes eux, se sentent rassurés par les envies sexuelles pas-trop-démesurées de madame, et en viennent à leurs reprocher. Donc finalement, il y a tout plein de monsieurs qui se retrouvent avec des madames moins cochonnes qu'ils l'auraient souhaité, et tout plein de madames se retrouvent avec des monsieur plus cochons qu'elles l'auraient souhaité...Et on ose se scandaliser devant l'infidelité.
Presque toutes les nuits je m'endors avec cette envie viscerale d'être celle que je suis, en totalité, pour un homme, un seul. Je n'ai aucun doute quant à ma capacité d'être fidèle à cet homme qui me permettra de lui faire tourner la tête de toutes mes perversions. Je ne pourrai jamais être amoureuse d'un homme que j'aurai séduit en jouant celle que je ne suis pas. Je peux apprendre à me laisser chasser, à prendre mon temps, à faire durer le désir...Mais je ne cacherai pour personne, et jamais, la femme séductrice, cochonne, chasseuse, vorace, insatiable et salope que je suis.
jeudi 29 mai 2008
La chasse me tue

Dû à mes dernières expériences, j'ai pris la décision d'être un peu moins "pro-active" dans mon approche avec les hommes en cessant tout simplement de semer mon numéro de téléphone aux quatre vents. Cette méthode m'a toujours permis d'obtenir ce que je voulais mais comme ce que je veux a changé, la méthode est desuète. J'ai décidé de chasser un peu plus discrètement, ce que je réussis pas si mal non plus. En fait, quand j'offre mon numéro de téléphone, c'est par impatience bien souvent. Je me suis alors dit que je tenterais de développer ma pauvre et handicapée patience. Apprendre à faire les choses, tranquilement mais sûrement. J'ai travaillé fort et j'ai réussis...Jusqu'à vendredi dernier.
Je travaille dans un édifice où beaucoup de gens circulent. Café, ascenseurs, couloirs, escaliers, extérieur, tout ces endroits sont fréquentés quotidiennement par des tas de personnes que je ne remarque même plus. Il y a un homme que je croise souvent et ce, depuis plus d'un an. Tout ce que je sais c'est qu'il travaille au Xe étage dans le domaine de l'informatique. Sa tenue vestimentaire, bien que parfaite à mes yeux, est toujours un peu négligée et contraste avec les autres monsieurs-complet-cravate qu'on apercoit dans ce building. Sa barbe, aussi foncée que ses cheveux dépeignés, a toujours l'air de ne pas avoir été rasée depuis trois ou quatre jours. Sa voix est rauque, ses yeux sont aussi doux que ceux des petits chiots et il marche avec une nonchalence délicieuse. Il me plaît beaucoup. Je me suis retrouvée dans le même ascenseur que lui plus d'une fois, sans ne jamais le regarder en face. J'estimais moins risqué de le regarder quand il n'en savait rien. J'apprennais si bien la discrétion que j'en étais fière. J'aurais pu me permettre, d'au moins oser un sourire mais ne l'ai pas fait, simplement parce qu'il était toujours avec d'autres hommes, ses collègues probablement. Me planter en abordant un homme, ça fait mal à mon orgueuil. Me planter en abordant un homme, devant d'autres hommes, c'est la catastrophe et la fin de ma dignité. Une fois seulement nous nous sommes retrouvés seuls tout les deux, dans l'ascenseur, pendant une longue et interminable montée de six étages. J'ai regardé mes souliers en retenant mon souffle et suis sortie presqu'en courant quand les portes se sont ouvertes. Puis, je l'ai rapidement et volontairement oublié.
Vendredi dernier, je l'ai aperçu au café, en train de discuter avec H, la serveuse. Comme elle a l'habitude de me piquer un brin de jasette quand elle me voit, elle m'a gentiment inclu dans leur conversation. Elle ne savait pas qu'il me plaisait jusqu'à ce qu'elle me voit rougir. J'ai répondu "oui oui" n'ayant aucune espèce d'idée de quoi il était question. Il m'a sourie et mes neurones se sont évaporées. Nous avons échangé quelques mots superficiels et je me suis sentie si ridicule que je les ai salué rapidement avant de me sauver. Je ne comprendrai jamais pourquoi j'ai le quotien intellectuel qui s'amoindrit quand je me retrouve devant un homme qui m'attire.
Plus tard dans l'après-midi, je suis redescendu au café et la serveuse m'a fait un clin d'oeil avant de me faire la proposition du siècle qui allait foutre en l'air toutes mes bonnes résolutions.
Bonjour Lune, tu es parti un peu vite ce matin... (deuxième clin d'oeil)
Sais-tu ce que tu devrais faire ? Tu devrais m'écrire tout prénom et ton numéro de téléphone sur un bout de papier pour que je le donne à ce charmant jeune homme...Quelque chose me dit qu'il t'appelerait sans perdre une seconde...(troisième clin d'oeil)
Je ne suis pas certaine mais je crois qu'il est célibataire...
Avant son quatrième clin d'oeil, j'avais écris mes infos et tendais le papier vers elle. Ma main tremblait, comme celle de la droguée qui prépare sa précieuse dose. Elle s'est dépêché de le prendre comme si elle avait deviné qu'une seule seconde de plus pouvait me faire changer d'avis. Je me sentais comme l'alcoolique qui accepte la bière offerte comme si la gaffe était moins lourde à assumer quand c'est proposé par quelqu'un d'autre.
Je ne l'ai pas vu de la semaine, et l'aurais sûrement oublié volontairement une fois de plus si H ne s'était pas empressée de m'informer quand elle me voyait. "Il ne travaille pas aujourd'hui". Je ratais, chacune de ces fois, une belle occasion de réparer ma gaffe en lui demandant de jeter mon bout de papier. Ce matin quand je suis arrivée en taxi et en retard, monsieur fumait une cigarrette au soleil devant l'immeuble. Mon coeur a déraillé un peu et j'ai pris mon temps pour payer le chauffeur et...Calmer l'ouragan dans mon estomac encore vide. Juste avant que je sorte, un de ses collègues l'a rejoint...Fiou. J'ai presque couru jusqu'à la porte. Après tout, j'étais en retard. J'ai tout de même senti son regard sur moi et me suis répété une fois de plus qu'il faudrait vraiment que j'apprenne à ne plus être à la dernière minute. Dès ma première pause, je me suis rendu au café pour manger un morceau. La serveuse-entremetteuse m'a acceuilli de son célèbre clin d'oeil.
"il est là aujourd'hui...Je lui parlerai quand il viendra s'acheter son grand café comme à l'habituel...Je vais lui dire que c'est la belle blonde du Xe étage...Attends-toi à recevoir un appel bientôt !"
Heu...Je lui ai demandé de se contenter de dire "blonde" sans le "belle" puisque la beauté est un concept assez relatif. H est adorable mais H n'est plus très jeune et je doute qu'elle connaisse la complexité des hommes d'aujourd'hui, heureusement pour elle. J'aurais dû lui dire que j'avais changé d'idée mais ne l'ai pas fais. J'ai encore manqué une belle occasion de me rétracter et ainsi éviter le désastre. C'était probablement ma dernière chance. Aussitôt arrivée dans l'ascenseur, j'ai regretté ma mollesse. J'ai passé tout l'après-midi paralysée à mon bureau, refusant d'aller où que ce soit. J'avais du travail par dessus la tête...après tout.
Bon ok. J'avais peur. Peur de le croiser après qu'on lui ait donné mon numéro. Ç'aurait été trop pour mon p'tit coeur. J'étais terrorisée, angoissée, remplie d'affreux remords. J'en avais contre mon désir d'avoir tout et tout de suite, et contre cette maudite méthode que je m'étais juré de ne plus utiliser. Parce que c'est enfantin. Parce que ça ne me ressemble plus. Parce que c'est trop direct. Parce que je ne veux plus du rôle de la chasseuse. Parce que...Parce que !
S'il appelle, j'arriverai peut-être à me pardonner cette stupide rechute. Mais il ne le fera pas et je serai forcée d'y repenser, chaque fois que je vais le croiser. Je vais revivre éternellement cette humiliation...Il ne me reste plus qu'à donner ma démission, changer de ville et maudir à tout jamais ces rivières d'hormones qui m'embrouillent trop souvent le cerveau.
Merde ! Pourquoi j'ai fais ça ?!
C'est tout simple. Triste, mais tellement clair. La Chasse, j'en vis et j'en meurs. Je ne peux plus vivre avec, mais n'arrive toujours pas à vivre sans.
dimanche 25 mai 2008
J'ai traversé le pôle nord

J'ai abrité dans mon ventre
toutes les espèces de manques
De galères en calveres
J'ai ravalé ma misère
et j'ai bravé l'hiver
J'ai marché sans avancer
sur des plages givrées
Égaré mon rire d'Ange
Dans le froid silence
d'une tempête blanche
Le coeur gelé et piétiné
par mes propres pieds
J'ai connu un continent
Où la chaleur n'existe pas
J'ai traversé le Pôle Nord
Esclave
des sommeils de mort
peuplés de rêves noirs
Aujourd'hui
Enfin guéris...
Mes bras
rêvent de réchauffer
L'immense pays froid
de tout les Coeurs blessés
toutes les espèces de manques
De galères en calveres
J'ai ravalé ma misère
et j'ai bravé l'hiver
J'ai marché sans avancer
sur des plages givrées
Égaré mon rire d'Ange
Dans le froid silence
d'une tempête blanche
Le coeur gelé et piétiné
par mes propres pieds
J'ai connu un continent
Où la chaleur n'existe pas
J'ai traversé le Pôle Nord
Esclave
des sommeils de mort
peuplés de rêves noirs
Aujourd'hui
Enfin guéris...
Mes bras
rêvent de réchauffer
L'immense pays froid
de tout les Coeurs blessés
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